STATIONNEMENT À BIARRITZ : BRILLANTE INTERVENTION EN CONSEIL MUNICIPAL DE L'ÉLUE MARIE-CLAUDE ALBANESI

Parler stationnement à un Biarrot lui fait automatiquement froncer les sourcils, adopter un ton agacé et entamer un récit interminable sur ses déconvenues en la matière.

Alors quand - au cours du conseil municipal du 21 septembre dernier - l'adjointe déléguée aux Mobilités propose une nouvelle tarification et prône «une qualité de vie apaisée» pour «une délibération qui au-delà des clivages politiques est une réforme de bon-sens»... on est tout ouïe.

Dans ces changements qui prendront effet le 1er janvier 2027, madame Albanesi nous dit que «Le grand gagnant de cette réforme, c'est le Biarrot.» : on retrouve en mesure phare un abonnement dorénavant à 180€ par an, ouvert à TOUS LES BIARROTS - résidences principales et secondaires - et sans limite de temps ni de zone.

Marie-Claude Albanesi prend la parole et explique : «Pourquoi avons-nous fait cette réforme ? Et bien parce que les Biarrots nous l'ont demandé. C'est l'un de nos engagements de campagne qui est parti donc d'un constat très clair, c'est que les Biarrots ne sont pas contents et ils se plaignent du système en place qui ne correspond pas à leurs besoins. Nous avons donc travaillé sur les différents points qui permettent de répondre à la fois aux enjeux de mobilité mais surtout au partage de l'espace public. Un espace public qui est particulièrement contraint à Biarritz et de plus en plus saturé.».

Elle synthétise le résultat de son analyse de ces «Biarrots qui sont à cran» : «Cette saturation génère des embouteillages, de la pollution, des nuisances et puis surtout pénalise les commerces et les commerces de proximité.».

Face à ce travail réalisé par la nouvelle élue, madame Arosteguy et son groupe auraient pu se contenter de faire profil bas. Et on les aurait compris, tant les séquelles de leur politique jouent encore sur l'activité de notre ville.

Mais non ! Le rôle de moralisatrice a été dévolu à l'élue d'opposition Martine Vals qui, sur un ton pontifiant et comiquement théâtralisé, déroule son réquisitoire qui aurait pu tout à fait être défendable SI... sa Majorité n'avait été aux commandes six ans durant et n'avait pratiqué une méthode d'exclusion des Biarrots, avec une politique tarifaire exorbitante et en murant la ville derrière de coûteux et capricieux plots qui ont causé d'innombrables accidents.

Découvrant d'un coup de baguette magique que TOUS les Biarrots n'ont pas les moyens de s'acquitter des tarifs en vigueur pour le stationnement, que TOUS les Biarrots ne peuvent emprunter les transports en commun ou pratiquer le vélo ou la marche, celle-ci va même dire qu'il aurait fallu faire preuve de démocratie participative en consultant les Biarrots sur le dispositif. C'est presque drôle, jusqu'à ce que l'on se souvienne que c'est bien cette ancienne majorité qui a discriminé les Biarrots par leur porte-feuille et leur âge.

Mais l'adjointe Albanesi s'est permise un droit d'inventaire et réplique : «Vous avancez des chiffres qui sont faux.».

L'opposition arosteguienne veut laisser accroire que ces nouveaux tarifs augmentent ? Et si l'on vérifiait sur pièces ?

Madame Albanesi prend quelques exemples :

-l'abonnement pour les revenus modestes est maintenu à 10€ par mois

-actuellement pour 3h30 de stationnement il faut débourser 35€, tarif ramené à 12€ au 1er janvier prochain, permettant donc «35% de baisse»

-stationner maintenant 3h30 en zone verte coûte 10€, au 1er janvier il faudra compter seulement 6€, ce qui représente «40% de baisse»

-se garer pendant 5h30 en zone verte et jaune revient aujourd'hui à décaisser 35€ mais ce tarif «est baissé à 70%» en passant à 10€

-sans oublier que les non-Biarrots pourront rester «une demi-journée à la plage pour 10€», alors que les résidents biarrots bénéficient toujours de la gratuité grâce au «Pass littoral».

Si parfois les chiffres parlent, en l'occurrence, ils hurlent !

En vérité, on ne pouvait s'attendre qu'à un travail sérieux accompli par celle qui fut l'attachée parlementaire du sénateur Jean-Jacques Lasserre et on n'est pas déçu.

Sauvegarder Biarritz joint à ce post la nouvelle grille tarifaire avec tous les détails.

Marie-Claude Albanesi poursuit, face à une opposition qui se veut amnésique de son propre bilan : «Alors maintenant, je suis un peu embêtée parce que ça fait trente ans que je fais de la politique et j'ai cru naïvement, mais vraiment naïvement, que vous n'attaqueriez pas sur les chiffres parce que votre bilan, on va le faire ! Il est calamiteux. Il est calamiteux pourquoi ?».

L'adjointe aux Mobilités développe : «Vous arrivez en 2020, année du covid, année blanche, bon... mais 2021 première hausse ! Première hausse tarifaire et on passe le quart d'heure de stationnement de 37 centimes à 1€ ! Ce qui fait 4€ de l'heure... 2022 : petite hausse déguisée. On n'augmente pas les tarifs mais on augmente le nombre de places de stationnement payant... 2023 : on respire, un répit ! 2024 : une nouvelle hausse, vous multipliez par deux le FPS. De 17€ vous le doublez à 35€ ! Mais pas comme nous en saison pour les extérieurs pour pénaliser les fraudeurs. Non ! C'est pour les Biarrots. Vous pénalisez les Biarrots en doublant le FPS. Et puis - idée magique pour reprendre votre expression - vous créez 753 places payantes supplémentaires... ce qui est quand même une sacrée hausse ! (...) Bilan : 52% de places payantes supplémentaires, le FPS doublé et finalement, plus de 40% d'augmentation des tarifs pour les Biarrots. (...) Vous avez saigné les Biarrots. Vous avez saigné les Biarrots pendant six ans.».

La sagacité de l'adjointe ne s'arrête pas là lorsqu'elle dégaine l'article L2333-87 du Code Général des Collectivités Territoriales qui prévoit que le produit des FPS (Forfait Post Stationnement) soit affecté aux mobilités douces ou aux transports en commun.

Elle interpelle ceux qui découvrent probablement l'existence de cet article : «Et qu'est-ce que vous avez fait pendant six ans avec cet argent ?! Vous avez fait UNE piste cyclable...Voilà. Voilà votre bilan. Donc j'insiste, ne nous donnez pas de leçons.».

C'est vrai que c'est bien maigre comme bilan, une piste cyclable, sur un mandat. Et si l'on parlait enfin de cette piste cyclable du BAB à laquelle madame Arosteguy a unilatéralement renoncé et pour laquelle les fonds de la CAPB ont été perdus ?

Cette recommandation de ne point donner de leçons tombera au fonds d'un puits puisque l'élu d'opposition Édouard Chazouillères prend la parole pour jésuitiquement sermonner la Majorité Blanco.

Mais quand on porte un tel fardeau, un tel bilan - «calamiteux», pour reprendre le terme de madame Albanesi -, ne faudrait-il pas se cacher ou se faire oublier ?

La suite est ubuesque car on assiste aux contorsions de deux élus d'opposition qui reprochent à l'adjointe Albanesi que ça va trop vite, en somme que ce nouveau dispositif soit déjà opérationnel.

En général, il est de bonne guerre qu'une opposition reproche à une majorité d'aller trop lentement pour mettre en œuvre ses promesses électorales, mais là, se voir reprocher sa diligence... c'est une première !

Il est vrai que pendant six ans on a pu juger de l'immobilisme de la maire Arosteguy et de ses adjoints : ils n'ont pas l'habitude de l'efficacité, peuchère.

L'ancien adjoint aux Finances et au Stationnement continue à pédaler dans la semoule, se répète en prônant tout le contraire de ce qu'il a argumenté lorsqu'il occupait le siège de madame Albanesi. Le grand écart quoi.

Mais plus surprenant encore, monsieur Chazouillères s'enorgueillit de ces Biarrots qui profitaient jusqu'ici de l'heure gratuite, alors que cela a réduit notre ville à devenir un drive que l'on traverse en courant sans véritablement y passer du bon temps. Du temps en moins en ville équivaut aussi à moins de consommation chez nos commerçants : est-ce donc si surprenant de n'y plus croiser certains Biarrots ?

Et pourtant l'élu d'opposition fait valoir que son groupe pourrait avoir de bonnes idées à apporter au débat ! Vraiment ?

Madame Albanesi rappelle à ces acrimonieux que Bayonne a supprimé la demi-heure gratuite et l'on pourrait renchérir qu'à Saint-Jean-de-Luz ou à Hendaye, il n'y a ni demi-heure, ni heure gratuite...

Ne s'enfermant pas dans ses certitudes comme certains l'auraient fait précédemment dans cette assemblée, Marie-Claude Albanesi avertit que 2027 sera «une année test» qui pourra donner lieu à des modifications. Ça, au moins, c'est faire montre d'intelligence.

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