MACHINATIONS ET TRUQUERIES À BIARRITZ TOURISME : RÉVÉLATIONS SURPRENANTES
Ce texte est certes long, mais il est très important.
Une petite musique lancinante émane d'une structure qui dépend de la Ville de Biarritz. Cette structure, que les anciens Biarrots appellent «Biarritz Tourisme» et les néo-Biarrots désignent en «Destination Biarritz», recèle en ses murs de curieux agissements ourdis par la maire de Biarritz Arosteguy et son cabinet qui est constitué de Stéphane Rochon - Directeur Général des Services, de Marie-Laure Hubert-Nasser - Directrice de Cabinet et de Bertrand Lavielle - Chef de Cabinet.
[-Il est à noter que madame Hubert-Nasser a remplacé Nicolas Henault au poste de Directeur de Cabinet.
-Il en est de même pour monsieur Rochon qui a remplacé Ketty Covemaeker au poste de Directeur Général des Services.
Quelques initiés connaissent les véritables raisons de ces départs précipités.]
Cinquante salariés œuvrent dans cet organe communément appelé l'Office de Tourisme : c'est toute une petite société recomposée, avec bien des caractères qui se côtoient : les discrets, les manipulateurs, les introvertis, les chaleureux, les déplaisants et puis... il y a les parleurs.
Ces bavards ne parlent pas pour nourrir les racontars. Ils sont les témoins d'intrigues qui dérangent leur probité et la vision qu'ils se font d'un service public. Ils ont donc choisi de délier leur langue pour dénoncer, de se livrer pour ne pas se rendre complices.
De ces instabilités imposées au fonctionnement de la Ville et qui engendrent immanquablement des troubles dans les services, les salariés de Biarritz Tourisme sont obligés de faire preuve d'accommodements.
Alors, accommodements... entendons-nous. On peut s'accommoder, mais seulement dans les limites du possible et de la légalité, car travailler pour une ville ne veut pas dire se soumettre à toutes les fantaisies - surtout si elles sont sanctionnables - quand bien même émaneraient-elles du cabinet du maire.
Et c'est cela le problème aujourd'hui.
Car souvenons-nous que la Cour des comptes s'est déjà penchée sur le cas biarrot en examinant la gestion et les comptes de l'EPIC Biarritz Tourisme, passant en revue les exercices de 2017 à 2021.
Les diverses infractions et irrégularités qui avaient été relevées par cette Cour pouvaient laisser imaginer que la Majorité Arosteguy aurait à cœur de veiller à un scrupuleux respect des règles.
Et pourtant. C'est un tout autre feuilleton qui va se dérouler.
Et à y regarder de plus près, les coupables et les innocents ne sont pas toujours là où l'on le croit dans cette structure.
Car, pour une fois, le recrutement d'une nouvelle directrice générale - en la personne de madame Geneviève Fontaine - était un bon point à décerner à la Majorité Arosteguy.
Les médias nous renseignent sur son profil : compétence, expérience, implication et sérieux, tout ce dont l'office de Tourisme avait tant besoin à son arrivée. Comme dans beaucoup de secteurs d'activité, la réputation de madame Fontaine la précédait.
Car Sauvegarder Biarritz a bien mené l'enquête : madame Fontaine a d'abord travaillé en tant qu'assistante de Jean-Claude Brialy pour l'historique Festival d'Anjou consacré au théâtre.
Puis ses études dans le Tourisme l'amènent à diriger diverses structures - Chalon-sur-Saône, Nancy, Les Sables d'Olonne, Orléans, Dijon - avant de nous faire l'honneur de faire venir ses valises et son savoir-faire à Biarritz.
Pour une fois qu'un recrutement au cours de ce mandat n'était pas dû à l'appartenance politique de l'intéressée ! Quand on fouille un peu, on constate que madame Fontaine a travaillé aussi bien dans des communes de maires de gauche que de droite. Cela demande de la diplomatie pour mettre en application la politique touristique d'une majorité en place.
Ses anciens collaborateurs témoignent : elle ne compte pas ses heures de travail, elle est réputée incorruptible et accomplit avec austérité sa tâche.
Mais en se transportant à Biarritz, ce que ne sait pas encore Geneviève Fontaine c'est qu'elle arrive en terrain miné :
-des difficultés de gestion dont elle n'est pas entretenue avant sa prise de fonction, un contexte général particulier. Elle va tout découvrir rapidement.
-de graves problèmes administratifs et de ressources humaines, des appels d'offre inexistants pour des commandes publiques, des frais de déplacements exorbitants
-des bâtiments municipaux dont Biarritz Tourisme a la gestion locative et qui présentent un mauvais état, voire même un potentiel danger : les salariés, eux, savent.
À ce propos, il apparaît invraisemblable de demander à Biarritz Tourisme d'assurer la gestion de sites qui ne sont pas dans un état correct, ni de proposer à la location - en direction de congrès, de mariages, d'événements privés - des sites devenus périlleux. La Mairie a-t-elle conscience de la mise en danger d'autrui ?
Et alors que ce recrutement pouvait laisser présager de grandes choses pour Biarritz, le malaise s'installe. Cela se sait et se chuchote dans les rangs des cinquante salariés de la structure Tourisme : l'arrêt maladie de la directrice générale est en fait un sévère burn-out. Conséquence d'un épuisement moral et physique d'une femme qui doit constamment se battre contre des sommations régulières et du harcèlement. Cela ne peut être tu, les Biarrots ont le droit de savoir.
Ce qui circule, c'est qu'on a voulu lui faire faire des choses... pas très réglementaires, pas très nettes, pas en conformité avec ce que l'on est en droit d'attendre d'une femme dont la réputation nous indique qu'elle ne marchera pas dans des combines. Des ordres qui proviennent du premier étage de la mairie : appliquer des tarifs à la tête du client, par exemple en avril 2025 pour la venue du candidat à la primaire de droite Bruno Retailleau ; il lui faut le Bellevue mais les LR n'auraient pas les sous pour régler : des coups de fils insistants de la mairie pour faire baisser encore et encore la grille tarifaire.
La Ville est propriétaire des murs du Bellevue, de la Gare du Midi, du Casino Municipal et d'autres sites, et il est pourtant demandé à Biarritz Tourisme d'assumer les factures des travaux à y réaliser, histoire de ne pas faire grossir les dépenses municipales, ou encore de prendre en charge les frais d'assurances. Encore du maquillage.
La Ville se sert de ce paravent mais ne semble pourtant pas goûter à l'autonomie de la structure. Allez y comprendre quelque chose.
Biarritz Tourisme reçoit l'ordre de la Mairie de chapeauter - et de payer - la structure «Biarritz Événements», dont elle n'a ni le choix ni la maîtrise de son organisation : Halloween, tournée du Père Noël, feux d'artifice... Et s'il y a un problème de sécurité ou un accident ?
Ordre de payer aussi, sans sourciller sur leur montant, les factures adressées par ceux que nous qualifierions d'«intouchables», ces amis de la maire qui sont à la tête d'événements ou prestations. C'est open bar ! Qui tient qui ? Allez savoir...
D'autres «vaches sacrées» ont, elles, la gratuité des espaces au Bellevue pour des expositions et le package personnel/com' qui va avec.
Et que dire du Directeur Général des Services Stéphane Rochon qui - selon toujours les mêmes sources - aurait manigancé, dès son arrivée en Mairie, pour tenter de faire main basse sur la gestion et les finances de l'Office de Tourisme puis récupérer le jackpot produit par la taxe de séjour ? Sont-ce là des manières convenables ? Allons.
Dans cette série, à la suite de sa démission de la majorité municipale Richard Tardits est évincé de la présidence de Biarritz Tourisme : madame Arosteguy entend récupérer ce poste qu'elle a précédemment occupé. Mais cela doit passer forcément par un vote du Comité de Direction. Il est alors soufflé à la directrice de ne pas hésiter à faire des faux des votes recueillis afin que madame Arosteguy soit réélue à cette présidence.
Les salariés entendent, les salariés voient, ils prennent note.
Alors, celle-là même qui a été recrutée par madame Arosteguy pour remettre de l'ordre et de l'efficacité, assurer l'application rigoureuse de la réglementation et donner une nouvelle impulsion au Tourisme biarrot, deviendrait trop... encombrante, parce qu'elle refuserait d'apposer sa signature sur des documents dont le contenu ne respecterait pas certaines valeurs d'éthique ou serait en violation des règles.
Geneviève Fontaine ne veut pas signer ? Commencent alors les pressions, des «je veux ci, je veux ça» : le chef de cabinet et un adjoint jouent le rôle d'étaux pour la faire ployer : va-t-elle se soumettre ou va-t-elle craquer ? Se soumettre, c'est renoncer à sa légendaire honorabilité professionnelle. Se soumettre, c'est se rendre complice. Craquer, c'est ne plus supporter la pression de ceux qui vous demandent l'impossible.
Les salariés sont témoins : que se passera-t-il ? Ce n'est plus possible, elle va s'écrouler, ça se murmure dans les couloirs.
Cas de conscience pour la directrice : prendre sur soi, suivre les ordres malgré tout ? Ne cherchant pas à installer des relations conflictuelles, la directrice arrondit les angles, mais il arrive un moment où ce n'est plus tenable car cela engage sa propre responsabilité professionnelle.
Et puis ce sont aussi les pressions des amis des amis. Des organisateurs qui préféreraient une période plutôt qu'une autre pour lancer leur festival : alors on sort le grand jeu. Après avoir facilement séduit la maire, au tour de la directrice qu'il faut circonvenir : on l'appelle, on insiste, on intrigue, on cherche à dégommer deux congrès qui gênent les plans de ce nouveau festival, mais la directrice refuse de se défaire de clients bons payeurs, au profit d'un festival qui - lui - occupera les lieux à un tarif très préférentiel. Question de bonne gestion, mais aussi de respect des clients. Alors, la directrice se fait harceler et on lui manque de respect. Se soumettre toujours ?
Pourquoi toutes ces humiliations qui sonnent comme une trahison ?
Au conseil municipal du 15 septembre 2025, l'élu d'opposition Patrick Destizon s'inquiète de la situation : «Nous voudrions savoir : est-ce que la Directrice de Biarritz Tourisme, je crois qui est en arrêt maladie, va reprendre ses fonctions ? Je crois que vous avez embauché quelqu'un pour la suppléer. On a l'impression qu'il y a un peu de flottement à la tête de Biarritz Tourisme.».
Madame Arosteguy semble gênée par cette question et bafouille : «Alors du flottement, oui, puisque la Directrice qui est salariée est en arrêt maladie, et des arrêts qui voilà... sont récurrents. Donc un problème de santé... voilà... qui est ce qu’il est comme beaucoup de salariés sont souffrants. Pour la suppléer, enfin pour accompagner les salariés qui se retrouvent sans directrice, nous avons embauché avec un contrat de prestation, puisqu'elle n'est pas salariée, une personne que Richard [Tardits] avait identifiée qui est extrêmement compétente et qui permet, voilà, d'orienter le fonctionnement de l'EPIC pendant la période d'arrêt maladie de la Directrice dont nous ne connaissons pas la fin puisqu'elle prolonge à chaque fois, ayant certainement un problème de santé assez sérieux.».
Et voilà les propos d'une maire qui oublie de donner les raisons de l'état de santé de la directrice qui est dû à un burn-out ! Et comme la Mairie de Biarritz n'est plus à ça près d'une énième dépense inutile, elle emploie une personne en remplacement de madame Fontaine : une personne qui subit probablement aujourd'hui les mêmes pressions. Plus malléable ?
Car ce que les Biarrots doivent savoir c'est que sitôt redevenue présidente de Biarritz Tourisme, madame Arosteguy a fait montre d'agitation et de précipitation.
En effet, dès le premier arrêt maladie de madame Fontaine (!), la maire fait passer une délibération qui nomme une Directrice par interim qui n'est autre que madame Bénédicte Blandino-Larcher. Cette dernière, qui occupait jusqu'alors le poste d'adjointe et de secrétaire de la directrice Geneviève Fontaine, connaît donc une étonnante promotion avec, en prime, une belle enveloppe supplémentaire de 2.000€ mensuels ! Si madame Blandino-Larcher fait partie de ce personnel assisté par madame Fontaine pour monter en compétence, elle ne répond actuellement pas pour autant aux critères d'expertise qu'exige la fonction qu'elle occupe.
Et ce n'est pas fini... La - désormais - présidente Arosteguy recrute dans la foulée un Manageur de Transition en la personne de Nathalie Durand-Deshayes, consultante à 1.200€ la prestation... et qui n'est autre que l'ancienne directrice de l'Office de Tourisme de La Rochelle et une ancienne élue de Lagord. Tiens, tiens...
On a même entendu dire que Madame Durand-Deshayes aurait refusé le poste de directeur, bien avant l'arrivée de Geneviève Fontaine...
Et maintenant, que fait-on de la directrice Geneviève Fontaine en burn-out ?
Cela fait beaucoup non ?! Alors oui, les langues se délient en ces temps de campagne électorale.
Cette affaire a une curieuse similitude avec celle de la médiathèque de Biarritz où, là aussi, la directrice des lieux - Maialen Sanchez - a payé le prix fort pour son burn-out dû à la pression de sa hiérarchie.
On se souvient aussi du renvoi abusif du directeur général des Golfs de Biarritz - Claude Rousseau - qui a été contraint d'aller devant les Tribunaux pour être rétabli dans ses droits.
Ça finit par faire beaucoup de monde.
Voilà les machinations qui abiment notre ville, qui nourrissent le mal-être du personnel communal, qui nuisent à l'efficacité de notre politique du Tourisme d'affaires et de la gestion interne du site et, in fine, qui nuisent au bon usage des fonds publics.
C'est encore le système Arosteguy... jusqu'à quand ?
