PORT-VIEUX : D'HEUREUX CHANGEMENTS EN PERSPECTIVE !
Le quartier du Port-Vieux n'a pas toujours été tel qu'il l'est aujourd'hui.
Il a même été, à travers les temps, significativement modifié.
Volontairement d'abord alors que les parcelles étaient cédées pour y construire des maisons et petits immeubles, puis involontairement à la suite du bombardement du 27 mars 1944 et des gros dégâts survenus à la suite de cet événement ayant amené à une transformation notable du bâti.
Mais peut-on évoquer le quartier du Port-Vieux sans y associer sa crique ? On pourrait même dire qu'elle en est le point central, le point identificateur de cette fraction de notre commune.
Lieu de retour des chasseurs à la baleine, plage des premières tentatives de baignade jusqu'à l'installation de l'établissement des bains, départ des pêcheurs dans de petites barques, courses de régates, scène pour pièces de théâtre et spectacles, concours de châteaux de sable, cette plage aura tout vu.
Elle est aussi et surtout - depuis 1929 ! - la plage de nos emblématiques Ours Blancs, ces courageux baigneurs qui affrontent l'eau toute l'année, quelles que soient les conditions météorologiques.
Ceux qui ont jeté leur dévolu sur la plage du Port-Vieux n'iraient nulle part ailleurs, et on les comprend ! Idéalement située entre le Rocher de la Vierge, le Boucalot et la Villa Belza, le spectacle qu'elle offre est incomparable. Qui pourrait s'en lasser ?
Dès le XVIIIème siècle, le maire Pierre Moussempès propose que des cabines soient disposées en bordure de crique... s'attirant les foudres de la population. Bien plus tard - sous le Second Empire - de simples baraquements en bois, posés sur pilotis, serviront d'abris aux baigneurs, puis, en 1870, un établissement agrandi de construction plus solide viendra remplacer cette fragile installation.
Mais en 1922, une féroce tempête aura raison de cet aménagement et sa reconstruction dans le style Art Deco alors en vogue voit le jour, offrant pas moins de 252 cabines pour répondre à la forte affluence.
La photographie nous a laissé une merveilleuse trace des aménagements successifs que connaîtra le Port-Vieux, jusqu'à la version que nous connaissons tous aujourd'hui et qui fut le résultat de grands travaux conçus par l'architecte Biarrot William Marcel et achevés en 1952.
Son esthétique, qui n'a pas pris une ride, démontre à nouveau le talent de son concepteur.
Plus récemment, en 2015 - sous le mandat de Michel Veunac - le Port-Vieux est entièrement nettoyé et repeint : quel bonheur alors pour les habitués du lieu !
Aujourd'hui, hélas, ce n'est plus la même chanson et l'heure n'est plus à la réjouissance.
En effet, si l'annonce en a été faite en décembre 2025, les Biarrots le savent maintenant depuis le début du mandat Arosteguy... Le Port-Vieux affiche d'inquiétantes fissures. Des fissures qui sont le signe de multiples désordres constatés et visibles à l'œil nu sur les piliers en béton.
La Majorité Blanco n'y va pas par quatre chemins et annonce sans détour - dans le Biarritz Mag de septembre-octobre 2026 - que le Port-Vieux «s'écroule».
La situation est tellement grave qu'un périmètre de sécurité a été mis en place, puis des études diligentées pour lister les réparations à effectuer à la suite de la démolition du bâti qui cerne la plage, alors que la Majorité précise que le Port-Vieux «est entièrement à refaire» et qu'il «faudra procéder à une démolition et à une reconstruction».
Mais tout ceci représente un coût très important : le chiffre qui transpire est de plus de vingt millions d'euros.
Le débat - qui ne va pas manquer de naître - c'est si la municipalité doit reconstruire à l'identique ou en profiter pour proposer une architecture innovante.
On ne peut véritablement avoir d'avis définitif sur la question, tant que les projets d'architectes n'auront pas été soumis au public. Pour autant, il faut se méfier de trop dénaturer ce cadre par des notions de modernité plutôt contestables - tels les exemples du Victoria-Surf, du Miramar, la Résidence Édouard VII ou la Résidence Atlantic - qui n'auront pas laissé une empreinte mémorable sur les Biarrots que nous sommes.
Toutefois, la démocratie participative se concrétise ici car il est promis que «Les Biarrots seront consultés sur l'avenir du site». Il leur faudra donc montrer beaucoup de discernement lorsqu'ils seront amenés à choisir, d'autant plus que cet aménagement aura vocation à durer au moins plusieurs décennies.
Un autre aspect sera à étudier : faut-il saisir l'occasion pour réaménager la place du Port-Vieux qui est aujourd'hui une aire de stationnement comptant 37 emplacements dont quatre PMR ?
Cette place, actuellement dénuée de charme, est le terrain de jeu de trop nombreux potelets en plastique et recouvert d'un bitume n'offrant vraiment pas de place à la rêverie.
Évidemment, cela représente un coût supplémentaire dans l'enveloppe déjà très salée de la reconstruction. C'est un fait, et on ne peut l'ignorer.
Lecteurs, vous trouverez jointe à ce post, une iconographie qui permet de voir à quoi ressemblait la place lorsqu'elle était autre chose qu'un parking.
Curiosité assez rare pour l'époque, la place n'était pas arborée : l'on y voit un malheureux lampadaire et rien d'autre. Décidément, au début du siècle dernier, cette place méritait déjà mieux.
Mais on pourrait envisager une requalification à coût très maîtrisé, en maintenant seulement le stationnement PMR, installer une zone d'arceaux à vélos, planter des arbres, disposer des bancs publics, tout en maintenant une zone de passage pour les véhicules.
C'est dans ces conditions que l'on se replonge dans les programmes de Serge Blanco et de Jean-Baptiste Dussaussois Larralde pour retrouver leurs projets respectifs à ce sujet.
Durant les Municipales, Serge Blanco avait développé son envie de mettre en place «un plan canopée» pour «remettre la nature au cœur de notre quotidien». Le candidat désormais maire nous promettait alors une «végétalisation massive de l'espace public».
De son côté, Jean-Baptiste Dussaussois Larralde, dorénavant premier adjoint à l'Environnement et à la gestion du Littoral - entres autres attributions municipales -, avait inscrit dans son programme sa volonté d'«Aménagement de la place du Port-Vieux en un espace tourné vers l’océan.».
Gageons donc que ces bonnes intentions puissent fusionner pour enfin offrir aux Biarrots tout à la fois la plage et la place réaménagées !











