L'ÉPHÉMÈRE (événementiel) VERSUS LE DURABLE (patrimoine bâti) : L'INÉVITABLE HEURE DU CHOIX

Cela ne sert à rien de faire semblant ou de cacher aux Biarrots la vérité.

Après des années de mauvaise gestion du patrimoine communal, la majorité Blanco va devoir tenter de rattraper le retard pris. Ceci représente un coût énoooorme et va significativement peser sur les finances de la Ville de Biarritz.

Normalement, quand une majorité pratique une bonne gestion municipale, elle doit pouvoir démontrer des réalisations et des rénovations : chaque mandat apporte sa pierre à l'édifice.

Cette obligation n'ayant pas été remplie par son prédécesseur, monsieur Blanco va devoir témoigner de talents de magicien pour à la fois rénover l'existant, appliquer son programme et renouveler l'offre aux Biarrots.

Évidemment, à chaque projet, à chaque rénovation, à chaque idée, il faut accoler un chiffre et c'est bien dans ces conditions qu'un choix politique devra s'opérer.

Faut-il privilégier le permanent - ce qui dure dans le temps - au provisoire ? Les insouciants diront que l'un n'empêche pas l'autre. Ceux qui sont les plus au fait de la situation réelle de la ville savent bien qu'il faudra impitoyablement arbitrer, au risque sinon d'assister à l'écroulement de certains édifices.

Sera-t-il toujours possible de déverser plusieurs centaines de milliers d'euros à des événements qui ne durent que quatre jours ?

Faudra-t-il que des organisateurs de festivals qui rencontrent un succès de billetterie - et l'on s'en réjouit ! - trouvent d'autres moyens que les deniers publics pour persévérer ?

Ces questions ne remettent pas en question la pertinence ou la popularité de ces événements, mais il faut comprendre qu'une ville ne peut avoir que les ambitions de ses moyens financiers et de ce que la situation laissée par la majorité sortante le permet.

Dans le «Biarritz Mag» de septembre-octobre 2026, le maire Blanco prend la parole pour dresser un bilan des premiers mois en Mairie de Biarritz.

Il y consacre une fraction importante au «patrimoine, qui constitue une part essentielle de l'identité et du rayonnement de la ville, a lui aussi besoin d'attention. Nous l'avons trouvé dans un état qui ne correspondait ni à sa valeur ni à ce qu'il représente pour notre histoire collective. Il n'a pas bénéficié, au fil des années, des investissements et de l'entretien nécessaires. Nous voulons désormais lui redonner sa place, sa beauté et son avenir.».

En page 17, le ton se raidit. Il est expliqué aux Biarrots que le patrimoine n'est pas seulement à entretenir mais qu'il est «en péril».

Ce n'est pas rien l'utilisation de ce mot «péril» pour lequel le dictionnaire donne la définition suivante : «se trouver dans une situation de danger, de risque ou de menace grave pour son existence, sa survie ou son intégrité».

Cet article s'appuie sur une longue liste qui fait froid dans le dos : «L'état du patrimoine de la Ville est catastrophique, abandonné depuis trop longtemps et en manque d'investissements ces dernières années. Ainsi, la piscine municipale, le Port-Vieux, les falaises de la Côte des Basques, la mairie, le passage Winston Churchill, les monuments aux morts, la villa Banuelos, l'église Sainte-Eugénie, le Bellevue, la Gare du Midi, tous nécessitent des travaux d'ampleur.».

Le Port-Vieux - exorbitant cadeau empoisonné transmis par la précédente majorité - «s'écroule» selon le terme figurant dans le Biarritz Mag. Les Biarrots sont prévenus qu'«il est entièrement à refaire» et qu'il «faudra procéder à une démolition et à une reconstruction» pour la modique somme de plus de vingt millions d'euros.

Il est mentionné que «Les Biarrots seront consultés sur l'avenir du site» et se posera alors la question de s'il faut rebâtir à l'identique ou différemment.

Car le Port-Vieux c'est certes une plage, mais c'est aussi une place qui porte le même nom et qui compte 37 emplacements de stationnement dont quatre PMR.

Peut-être faudra-t-il profiter de la rénovation du Port-Vieux pour repenser cette aire de stationnement : Sauvegarder Biarritz reviendra sur ce sujet dans les jours à venir.

La piscine municipale - toujours merci à la précédente majorité - nécessite, nous dit-on, «un premier investissement de 5 M€». Fermée depuis septembre 2025 et privant ainsi toute la population biarrote d'un bassin aquatique, les usagers doivent désormais se tourner vers d'autres structures de villes voisines.

On en arrive ensuite à l'église Sainte-Eugénie fermée au public depuis mars 2023 et dont la facture monte à plus de 10 millions d'euros. Ce chiffre sera probablement amené à augmenter comme c'est toujours le cas lorsqu'une réhabilitation se déroule dans une ancienne bâtisse. Rappelons que la collecte de particuliers et le mécénat d'entreprises n'a, pour l'instant, recueilli que 697.000€...

La partie basse des falaises de la Côte des Basque n'ont toujours pas profité des travaux indispensables : heureusement, on connaît la détermination de l'Adjoint aux Travaux Patrick Destizon sur ce sujet. Vu l'urgence de la situation, les Biarrots peuvent être rassurés qu'il saura intervenir rapidement.

Ce n'est pas fini !

Il faut aussi engager des rénovations majeures à la Gare du Midi. Les Biarrots ne le savent pas forcément mais il y pleut depuis plusieurs années. La salle ne répondant plus aux normes de sécurité - ce qui est un comble alors que y sont accueillies des centaines de personnes dont le personnel communal -, la Majorité Blanco a prestement effectué, pendant la période estivale, des travaux pour y remédier.

Tout ceci dans l'indifférence générale de la Majorité précédente, ce qui dénote d'une coupable désinvolture.

Vous en avez assez ? Toujours pas fini !

Le passage Winston-Churchill, qui relie le promenoir de la Grande-Plage au Miramar, est très fragilisé. Les piliers menacent même de s'écrouler. Impératif donc de faire vite : rappelons que ce passage est emprunté par nombre de marcheurs et qu'en partie haute se trouve la terrasse de la piscine de l'Hôtel du Palais.

Le Bellevue - site de congrès et autrefois (!) d'expositions d'art - exige des travaux d'ampleur. L'intérieur a été modernisé en profondeur en 1999 et n'aura fait l'objet que de quelques rafraîchissements depuis lors. Là aussi, une note salée nous attend pour rajeunir ses quelques 3.000 m2 et garantir à Biarritz Tourisme un espace digne pour accueillir de l'événementiel de qualité.

Ce (long) passage en revue n'oublie pas notre maison commune qu'est l'Hôtel de Ville qui, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, est très fatigué et astreint aussi à des travaux d'ampleur.

Tous ces dossiers - d'une importance qui n'est plus à démontrer - seront principalement portés par l'adjoint aux Travaux Patrick Destizon.

Nous ne pouvons que lui souhaiter BON COURAGE dans cette lourde et chronophage tâche !

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