QUI EST LA PERSONNE DERRIÈRE SAUVEGARDER BIARRITZ ?
Aujourd'hui je prends la plume pour révéler, aux rares Biarrots et quelques locaux qui l'ignoreraient encore, mon identité.
Ce mot de «révélation» fera sourire nombre d'entre vous, je le sais bien.
Tous ceux, nombreux - élus et issus de la société civile - à n'avoir jamais ignoré que moi, Pauline Azoulay, était l'instigatrice et la rédactrice de Sauvegarder Biarritz, s'interrogeront sur l'utilité de dévoiler ce que tant de personnes savent déjà depuis longtemps, et bien au-delà de la sphère biarrote.
Je n'ai d'ailleurs jamais fait mystère de mon identité auprès de ceux avec lesquels j'échangeais ; j'assume donc, la tête haute, ce que j'ai écrit, d'autant que je n'ai jamais considéré que l'anonymat me donnait le droit de dire davantage que je ne l'aurais fait en signant de mon nom.
Alors pourquoi, me direz-vous, avoir choisi de ne pas signer publiquement mes publications jusqu’à présent ?
Trois raisons m'ont conduite à cette décision, même si je savais que l'anonymat pouvait susciter la suspicion :
-La première tient à la nature même de Sauvegarder Biarritz. Si les textes publiés au cours de ces longs mois sont bien de votre humble serviteur, les éléments factuels m'ont été, vous vous en doutez bien, transmis par des élus, des agents communaux ou des citoyens. Cette chaîne solidaire - oserais-je dire, de résistance ? - m'interdisais, par honnêteté intellectuelle, de m'approprier leur part de contribution en signant de mon seul patronyme.
Ainsi l'emploi du «nous» préféré au «je» n'est pas anodin et traduit bien qu'il existait une participation collective.
-La deuxième raison repose sur mon souci de protéger mes sources : des élus appartenant à l'opposition municipale du dernier mandat, m'ont, avec une confiance dont je les remercie ici, renseignée sur certains dossiers dont tous les éléments n'étaient pas accessibles publiquement.
Le fait de publier sous un nom de blog permettait de mieux préserver ces personnes ainsi que les nombreux habitants de Biarritz qui se sont rapprochés de moi, leur permettant ainsi de continuer à témoigner ou à transmettre des informations sans que leur démarche soit immédiatement ramenée à ma personne au risque d'être identifiés, ce qui les aurait exposés à un possible retour de bâton.
Je précise cependant une chose essentielle : recevoir une information - qu'elle vienne d'un élu ou d'un citoyen - ne signifie jamais, pour moi, qu'elle doit être publiée sans vérification ni mise en perspective. J'ai toujours considéré qu'informer impliquait une responsabilité particulière. En amont de mes publications, je lisais les documents, recherchais les informations, vérifiais ce qui pouvait l'être et essayais de comprendre avant d'écrire.
-La troisième raison est personnelle : je ne souhaitais pas exposer mes parents, connus à Biarritz, ni leur faire porter la responsabilité de mon expression. Cette bienveillante volonté de les protéger aura été vaine : comme moi ils auront été - sur des comptes anonymes abjects publiés sur Facebook - la cible de lâches attaques dont la teneur, particulièrement diffamatoire et portant atteinte à notre vie privée, n'aura néanmoins pas donné lieu à une action en justice de ma part, ni de la leur.
Si bien qu'entendre aujourd'hui dénoncer le supposé anonymat de Sauvegarder Biarritz par ceux-là mêmes qui ont commandité ces comptes anonymes pour m'intimider en s'attaquant à ma famille... est un comble d'hypocrisie.
Il existe une distinction fondamentale entre une personne et la fonction qu'elle exerce.
Et que ce soit clair : un maire, comme tout responsable public, doit pouvoir être interrogé sur ses décisions. Une politique municipale peut être contestée, une gestion peut être critiquée, des choix peuvent et doivent pouvoir faire l'objet d'un débat public. Ce n'est pas, en soi, de l'hostilité : c'est de la citoyenneté. Et la citoyenneté ne consiste pas à applaudir systématiquement ceux qui gouvernent. Elle consiste aussi à regarder, à questionner et, lorsque cela paraît nécessaire, à exprimer un désaccord.
À Biarritz, de bonnes volontés, mais trop éparpillées, ont conduit à l'absence d'une figure de proue à laquelle les Biarrots pouvaient se référer.
En parallèle, la Biarrote que je suis - attachée à sa ville et à son histoire - observais.
Je voyais d'un côté une opposition politique dispersée et de l'autre que des décisions prises au sein de la mairie, parfois préoccupantes et susceptibles d'avoir des conséquences importantes durables sur la vie quotidienne des Biarrots et sur notre ville, restaient largement méconnues du grand public, confinées au cercle de ceux qui s'intéressaient de très près à la vie municipale.
Alors, parce que je ne pouvais pas me résoudre à regarder sans rien dire, j'ai voulu contribuer, à ma manière et sans oeillère partisane, à ce que les Biarrots puissent savoir, comprendre et se faire leur propre opinion : Sauvegarder Biarritz est ainsi né.
Depuis presque trois ans, c'est donc bien moi qui ai choisi de consacrer une partie de mon temps à la vie municipale de Biarritz, écrivant tard le soir, cherchant les documents, recoupant les informations. C'est moi qui appelais, qui questionnais, qui enquêtais, qui lisais les délibérations, les actes administratifs et les documents peu accessibles au grand public et qui, parfois, hésitais avant de publier.
C'est moi qui pressentais qu'un article pourrait déplaire, consciente que certains sujets étaient sensibles et qui, malgré cela, décidais presque toujours qu'il était plus important que les Biarrots sachent que de préserver ma tranquillité ou d'éviter de froisser quelques susceptibilités - y compris d'amis ou de connaissances.
Oui, je suis fière et heureuse d'avoir permis, grâce à Sauvegarder Biarritz, à des Biarrots de s'exprimer.
Oui, je suis fière et heureuse d'avoir offert, à tous les élus d'opposition de toutes sensibilités politiques du mandat municipal 2020-2026, une tribune.
Oui, je suis fière et heureuse d'avoir pu constater que les Biarrots ne sont pas indifférents lorsqu'on les informe sur des dysfonctionnements, des mauvaises décisions, des comportements contestables et sur l'usage qui est fait de l'argent public, leurs impôts.
Il fallait éclairer, convaincre et rendre davantage intelligent l'électeur biarrot qui n'aurait, sans Sauvegarder Biarritz, hélas pas eu connaissance de dossiers aux enjeux importants et allant parfois contre l'intérêt général.
L'intérêt général ! Voici une notion - avec laquelle je ne transige jamais - qui aura été au cœur de ma mission d'informer.
Dans cette recherche permanente de l'intérêt général, ma main n'aura jamais tremblé.
Aujourd'hui, Sauvegarder Biarritz fait l'objet d'une procédure en diffamation engagée par madame Arosteguy, à propos d'une publication relatant un article rédigé par le journaliste Jean-Yves Viollier.
Je veux être particulièrement claire sur ce point : je ne prétends pas avoir personnellement été témoin des faits rapportés dans cette publication et je ne présente pas comme établies des accusations qui font précisément l'objet de contestations de la part de l'ancienne maire.
Ce que j'ai fait, c'est porter à la connaissance de mes lecteurs l'existence d'un article et des témoignages que son auteur disait avoir recueillis.
Mais informer n'est pas condamner et rapporter l'existence d'une information n'est pas en garantir personnellement la véracité.
La justice aura, le cas échéant, à apprécier ce qui relève de faits établis, de témoignages, d'allégations ou d'une expression relevant du débat public.
Je prends acte, dans les propos tenus par madame Arosteguy au cours du conseil municipal du 21 septembre dernier, que celle-ci aurait scruté - sans succès - de possibles posts diffamatoires envers sa personne ou ses actions que j'aurais tenus sur Sauvegarder Biarritz.
Je prends acte aussi de l'acharnement de madame Arosteguy envers mes parents et moi-même et qui nourrit une longue liste :
-Elle qui, en 2021, dans son fauteuil de maire et au cours d'un conseil municipal, aura tenu des propos intolérables envers mon père, ma mère et moi-même.
-Elle qui aura contraint, en 2021, la ministre de la Culture en exercice Roselyne Bachelot à se transporter dans une commune voisine pour décorer mon père des insignes des Arts et des Lettres. -Cela m'aura valu une avalanche de questions de Biarrots m'obligeant à faire une communication explicative sur Facebook (compte personnel) après quoi madame Arosteguy déposera contre moi une plainte auprès du Procureur de la République.
-Elle qui aura annulé, en 2022, l'exposition d'une collection personnelle d'objets populaires basques qui était prévue à la Médiathèque depuis de longs mois.
-D'autres éléments, particulièrement graves et discriminatoires, sont réservés pour être portés à la connaissance de la Justice quand elle me le permettra.
Lorsqu'en février 2024 j'ai créé Sauvegarder Biarritz, je l'ai fait sur le seul bilan des quatre années déjà écoulées du mandat de la maire Arosteguy.
J'ai choisi d'écrire parce que j'estimais que certaines choses devaient être dites et que certains dossiers méritaient d'être connus, tout en ne demandant à personne de partager mes analyses ou mes positions. Je note pourtant, avec plaisir, que des Biarrots de toutes tendances se sont à un moment ou à un autre reconnus une parenté de pensée avec mes raisonnements.
Si le fait d'avoir informé, questionné et parfois dérangé doit désormais être assumé à visage découvert, alors je l'assume et désormais, mes publications auront un nom : le mien.
Mais la question de mon identité ne doit pas détourner l'attention de l'essentiel, car le véritable sujet n'est pas de savoir qui se cache derrière le nom du blog.
Le véritable sujet, ce sont les faits, les décisions, les documents, les responsabilités et les questions que j'ai soulevées.
Et je continuerai à écrire avec la même exigence : celle de regarder la vie municipale avec attention, de poser les questions qui me paraissent devoir l'être et de contribuer, autant que possible, à ce que les Biarrots restent informés de ce qui se décide pour leur ville.
Car les citoyens ont le droit de demander des comptes à ceux qui exercent des responsabilités publiques.
