BIARRITZ : JEAN-BAPTISTE ALDIGÉ N'A PAS PERDU LA MÉMOIRE
C'est sous la plume de l'excellent photo-reporter/journaliste Pablo Ordas et sur le support de Midi Olympique que Jean-Baptiste Aldigé a livré ses premières impressions sur la saison rugbystique qui s'ouvre.
C'est que le natif d'Agen ne laisse pas indifférents ceux qui le croisent. Autant adoré que détesté, à l'heure où l'on peut regretter la fadeur de personnalité de certains, lui vit pleinement ses opinions. Il n'est pas du style à se laisser intimider ou à se laisser marcher sur les pieds. Complaire ou séduire : ce n'est pas pour lui !
Cela a pu - à Biarritz - surprendre les timorés, choquer les faux sages, et souverainement agacer les arosteguiens. Mais l'ancien Président du BOPB a aussi ravi beaucoup de supporters par son franc-parler qui se fait vraiment trop rare de nos jours.
Pablo Ordas l'interroge à ce propos : «Quelle image pensez-vous avoir laissé à Biarritz ?».
Jean-Baptiste Aldigé répond sincèrement : «Je ne sais pas. En primaire, quand le maître ou instituteur distribuait des bons points ou des images, je n'en avais pas beaucoup. Je n'ai jamais été très fort en image. Des gens m'aiment, d'autres non. Certains sont contents, pas contents. Il y en a qui me trouvent beau, d'autres moche... C'est la vie, quoi ! On ne fait pas ce métier pour être aimé. On fait ça pour essayer d'avoir des résultats et gagner.».
C'est peut-être cela que certains n'ont pas voulu comprendre. On ne le répétera jamais assez : Aldigé n'est à la botte de personne. Ni hier, ni aujourd'hui. Et il n'est pas un homme patient quand ses interlocuteurs se paient publiquement sa tête.
Pablo Ordas : «Quels liens avez-vous gardés à Biarritz ?».
Jean-Baptiste Aldigé répond tout de go : «Les souvenirs. C'est une ville où j'ai eu un enfant. On a repris un club en faillite, en 2018, relégué en Fédérale 1. On avait promis de le faire monter en Top 14 en trois ans, c'est ce qu'on a fait avec le barrage d'accession assez atypique contre Bayonne. Je me souviens, aussi, des emmerdes avec la municipalité à partir de 2020. La maire [Maider Arosteguy] s'était faite élire sur le dos du Biarritz Olympique, en promettant un stade. Elle ne l'avait pas fait. Comme quoi, il y a un karma, une justice. Cette municipalité n'est plus là. Je me rappelle que sportivement, nous avons eu des résultats, mais que nous n'avons pas réussi à mettre en place un modèle économique nécessaire à chaque club de rugby, avec un stade pour le développer.».
Le journaliste Ordas l'interroge pour savoir si l'expérience qu'il a accumulée l'a rendu plus sage ; Jean-Baptiste Aldigé passe alors mentalement en revue ces six ans passés à Biarritz et lui indique que «Sur le caractère, je vais rester le même. On m'a prêté l'image de quelqu'un de belliqueux à Biarritz, que je ne pense pas être, mais le contexte local a fait qu'il y a eu beaucoup de polémiques, de guerres.».
Il rappelle qu'«entre Serge Blanco d'un côté, les Galactiques de l'autre, la mairie, les supporters qui veulent que le BO soit à nouveau champion d'Europe, d'autres qui préféreraient que le BO soit juste amateur, ça fait beaucoup de strates dans un même territoire. Tout ceci fait que tout le monde n'est pas toujours d'accord. C'est propice, non pas au conflit, mais au débat.».
Jean-Baptiste Aldigé poursuit : «(...) nous étions prêts à mettre de l'argent tant que la mairie s'avançait à mettre à disposition du club un stade qui lui permettrait de vivre tout seul. C'était ça le deal. Le jour où on a compris que la maire de Biarritz [Maider Arosteguy] ne ferait jamais ça, qu'elle rendrait ad vitam aeternam le club dépositaire et dépendant du bon vouloir d'un milliardaire, on a décidé qu'il fallait partir, car on n'arriverait pas à faire un modèle économique.».
Du côté de Nice - on le sait - Christian Estrosi a été désavoué par les électeurs niçois au profit d'Éric Ciotti. Ce changement de majorité a conduit à une inévitable renégociation pour poursuivre le projet de développement du club à Nice et la rénovation du stade Marcel-Volot. Les discussions sont en cours avec la majorité Ciotti pour que soit livré, d'ici deux à trois ans, un stade à la hauteur des ambitions pour intégrer le Top 14. Enfin !
Ne perdant pas son sens de l'humour, Jean-Baptiste Aldigé dit qu'il aura passé ses «32 ans à 50 ans à courir après un stade. Demain, si je meurs, sur ma plaque tombale, il y aura écrit "Jean-Baptiste Aldigé - Architecte de stade incompris"».
Difficile, parfois, pour des personnes d'action, de faire face à l'immobilisme d'élus incompétents qui n'ont pas la première notion de ce que cela veut dire d'administrer une municipalité.
La situation niçoise mène inévitablement le journaliste à approfondir : «Cette situation est-elle comparable avec ce qui s'était passé, à Biarritz, avec la mairie pendant des années ?».
Pour Jean-Baptiste Aldigé, on ne peut pas établir de parallèle : «Non. Pas du tout. À Biarritz, vous avez une ancienne maire [Maider Arosteguy] qui a fait une campagne entière, en 2020, sur le dos du Biarritz Olympique, conseillée par son compagnon dans l'ombre. Ils ont dit qu'ils adoraient le BO, qu'ils l'aimaient plus que tout, qu'une fois élus ils feraient un stade, que ce serait super. Ils se sont servis du Biarritz Olympique pour arriver au pouvoir et derrière, aussitôt élus, ils ont tout fait pour le mettre à mal, en difficulté. Je note, d'ailleurs, que depuis qu'il y a une nouvelle mairie à Biarritz, le club a l'air d'être apaisé, il avance avec ce qu'il a. À Nice, ça n'a rien avoir avec ça.».
Les Biarrots auront été les témoins incrédules des innombrables machinations d'arrière-boutique ourdies par le couple Arosteguy/Chartier pour détruire vaillamment le BO. Menaces, intrigues, coups tordus : le nom de Biarritz aura été ridiculisé par l'ancienne maire.
Le Président Aldigé ajoute : «Monsieur Ciotti, lui, n'a jamais menti. Madame Arosteguy avait berné tout le monde et elle l'a payé dans les urnes en étant platement battue par un vrai Biarrot, une légende du Biarritz Olympique, Serge Blanco.».
C'est vrai que l'imposture a été exceptionnelle !
Quand pendant la campagne des Municipales de 2020 madame Arosteguy s'engage à réaliser un référendum avant de lancer tout projet de construction d'habitations à Aguilera, promet un nouveau stade, un nouveau centre d'entraînement et de formation... ses renoncements lui ont, entre autres trahisons et manœuvres, coûté sa place. Elle ne peut désormais qu'assumer les conséquences de ses actes.
Et on n'aura de cesse de le rappeler, car abuser des électeurs dans de telles proportions dénote d'une forfaiture qui privera madame Arosteguy de la confiance des Biarrots, si elle venait à la solliciter à nouveau, dans un avenir proche ou lointain.
Ce sparadrap du Capitaine Haddock ne la quittera jamais.
