REFUGE TXAKURRAK/SPA DE BAYONNE : UN ÉNORME SCANDALE QUI COUVE ?

Il est des sujets qui mettent tout le monde d'accord, même les plus circonspects, voire entêtés.

Le bien-être animal en fait partie. Et quand on parle du bon usage de l'argent public, il est rare d'entendre une voix s'élever pour réclamer sa dilapidation. Si vous rajoutez à cela la défense des conditions de travail dignes et respectueuses pour des salariés et bénévoles... vous comprendrez le consensus constaté autour de cette affaire. Et c'est bien normal.

Les graves révélations faites dans la presse locale, suite à une plainte déposée auprès du Procureur de la République de Bayonne par l'ancien secrétaire général des associations «Animaux Assistance Europe» et «Société Protectrice des Animaux» - Matthias Martinez -, ne laissent pas indifférente la population.


Des déclarations, délivrées par Matthias Martinez dans un communiqué de presse, impliquent la cellule locale de la SPA - Refuge Txakurrak - et font part de diverses maltraitances qui donnent froid dans le dos, et un manque de personnel qui aurait considérablement altéré les soins apportés aux animaux et entraîné une «peur de commettre une erreur faute de temps et d'effectifs et une souffrance éthique».

Ce dernier évoque aussi des «départs successifs de salariés - arrêts maladie, burn-out, démissions, licenciements», une morsure grave par un chien sur une salariée, et du personnel à bout de forces, qui est la cible de «pressions, intimidations et menaces de mort» et aurait déposé plusieurs plaintes contre la direction.

Voilà qui est à méditer : bien souvent des salariés n'osent pas parler. Et quand ils le font, c'est le parcours du combattant pour se faire entendre.

Ce qui est terrible, c'est que les premiers à faire les frais de ce qui nous est décrit comme une calamiteuse gestion humaine sont les animaux. Des animaux pour lesquels Matthias Martinez dénonce des «locaux insuffisamment entretenus, chiens non sortis, traitements administrés en retard, interruptions brutales du suivi d'animaux fragiles, relations dégradées avec des cliniques vétérinaires partenaires et risque de rupture dans la continuité des soins».

Sont pointés les 19.000€ d'impayés à une clinique vétérinaire qui ne peut dès lors plus assurer sa mission auprès des animaux.

Comment peut-on faire du mal à de petits êtres innocents qui n'ont pas de moyens de défense ?

Des témoignages de bénévoles qui se sont engagés en apportant de leur temps et de leur argent pour secourir des animaux qui subissent un parcours de vie chaotique, viennent corroborer ces faits.

Nous devons cette alerte à l'adjointe biarrote déléguée au Commerce Corine Martineau et à la conseillère municipale bayonnaise déléguée à la condition animale Agnès Duhart. Celles-ci ont battu le rappel auprès des villes - elles sont aujourd'hui au nombre de vingt-sept - qui participent au financement de Txakurrak pour témoigner leur soutien tout à la fois aux animaux, au personnel et aux bénévoles.

Une autre élue biarrote, la conseillère municipale Maylis Lafitte-Campagne, est également en première ligne pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire explosive.

Pas moins de quarante personnes se sont rendues sur place pour prendre connaissance de la situation : elles font part d'un spectacle désolant, dans des locaux qui ont urgemment besoin de travaux.

Pourtant, ce centre intercommunal de refuge, fourrière et pension situé à Bayonne est un outil indispensable aux collectivités ; il permet en particulier de recueillir des animaux errants ou abandonnés, de les soigner et d'identifier leurs propriétaires. Le centre propose aussi l'accueil en pension d'animaux de compagnie lors d'absence de leurs propriétaires et l'adoption par des particuliers.

La Direction départementale de la protection des populations (DDPP) qui a - entre autres missions - celle du contrôle des refuges, a d'ores et déjà interdit sur ce site la remise d'animaux, aussi bien en pension qu'au refuge. Cette situation a malheureusement pour effet de geler toutes les adoptions. Les communes se voient aussi pénalisées face à l'impossibilité d'y déposer des animaux errants, ce qui constitue un problème éthique et sanitaire.

En faisant un court historique de ce qui s'est déroulé sous le mandat Arosteguy, on relève qu'au 1er avril 2022, il a été demandé au conseil municipal que soit votée une subvention exceptionnelle de 11.092€ au profit de Txakurrak.

Puis, cinq mois plus tard, lors du conseil municipal du 30 septembre 2022, on retrouve trace d'une augmentation du prélèvement opéré par habitant pour être reversé à Txakurrak, fixé désormais à 1.65€.

Le contribuable biarrot ne le sait pas forcément, mais une somme est prélevée par habitant pour le compte du refuge. En 2026, ce montant est de 1.72€ par habitant.

Madame Cascino - à l'époque adjointe, entre autres délégations, «à l'animal dans la ville» - regrettait que cette augmentation soit due aux mauvais comportements de personnes qui abandonnent leurs animaux. À l'aune des éléments qui nous parviennent aujourd'hui, peut-être aurait-il fallu vérifier, en amont, que l'argent public soit utilisé à bon escient.

Il est courant de constater que des rallonges sont sollicitées auprès des villes, sans que celles-ci ne posent un regard ni sur la comptabilité ni sur la gestion des structures demanderesses.

Toujours en conseil municipal, le 30 septembre 2024 madame Cascino déclare : «(...) je vais profiter de cette délibération pour saluer le travail formidable qui a été effectué par le refuge qui prend en charge la fourrière animale pour le compte de 22 communes et assume la récupération des animaux errants et abandonnés sur notre territoire.» et poursuit «Je salue également au passage l’engagement de notre collègue d’Anglet, Joëlle TURCAT, Présidente du SIVU Txakurrak qui déploie une énergie incroyable et donne de son temps jour et nuit pour faire bouger les lignes.».

Enfin, lors du conseil municipal du 16 décembre 2024 il est encore demandé aux élus de voter, pour le compte du refuge Txakurrak, une avance de 20.000€ sur le budget 2025.

Ces demandes successives auraient dû alerter la majorité précédente.

Dans son communiqué de presse, le plaignant Matthias Martinez évoque les noms de Joëlle Turcat, Catherine Wantz et Christophe Deray. Ni madame Turcat - présidente de la fourrière -, ni monsieur Deray - président du refuge - n'ont donné suite aux sollicitations de la presse locale.

Nous nous en remettons, en toute confiance, à madame le Procureur de Bayonne pour mener l'enquête qui s'impose.

Depuis de nombreuses années, les communes ont su prendre leurs responsabilités et ont apporté les moyens qui conviennent en soutien à Txakurrak. Quel gâchis si ces faits étaient avérés !

Alors ? Maltraitance animale ? Harcèlement et mise en danger sur salariés et bénévoles ? Argent public détourné ?

Il est urgent que les contribuables et les protecteurs des animaux que nous sommes trouvions des réponses... et le plus vite possible.

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