LE VÉLO À BIARRITZ : USAGE À ENCOURAGER, MAIS À URGEMMENT ENCADRER

À qui le relief de Biarritz ne donnerait-il du fil à retordre, même au champion Pogacar ?

L'avènement du vélo électrique a ainsi clairement changé la donne et facilite son usage en notre ville.

Les avantages du vélo, tant pour entretenir son état de forme physique que pour amoindrir son impact carbone, ne sont plus à prouver ; mais il est aussi un autre facteur - peut-être le plus important dans le choix de nombre de Biarrots d'adopter ce deux-roues pour se rendre en centre-ville travailler, consommer et se distraire - qui est la très forte augmentation, ces dernières années, des prix du stationnement automobile pratiqués aussi bien sur le domaine public que dans les parkings Indigo.

Et justement, à propos du stationnement, Biarritz est-elle prête à accueillir autant de vélos dans son centre-ville ? La réponse est «oui», car nous y comptons pas moins de 1250 places.

Concentrons-nous sur le cas de la place Clemenceau : il faut se rappeler que lors de sa requalification complète en 2006, le stationnement a été supprimé - sauf pour quatre arrêts minute et deux places PMR -, que les trottoirs ont été considérablement élargis, qu'un sens unique a été instauré, que de très nombreux bancs ont été installés, des arbres plantés et des espaces verts aménagés. Cette volonté, initiée par la majorité Borotra, a été de placer le piéton au cœur des préoccupations municipales. Qu'en est-il aujourd'hui ? Le piéton et le cycliste sont appelés à cohabiter, pas toujours aisément comme nous allons le voir.

Sur cette place centrale, six parcs à vélos sont à disposition des cyclistes pour se garer au plus proche de leur point d'arrivée.

Pour autant, il y va du cycliste comme de l'automobiliste : quand il n'y a pas de place de disponible aux arceaux à vélos... et bien il faut aller plus loin, jusqu'à trouver un emplacement autorisé.

Car quel automobiliste, faute de place de stationnement libre, penserait à larguer sa voiture au beau milieu du trottoir ?

Or, aujourd'hui, l'on constate une désinvolture affirmée de bien des cyclistes qui pensent pouvoir impunément s'affranchir de l'obligation de ne stationner leurs vélos qu'aux emplacements prévus à cet effet.

Les potelets qui balisent les trottoirs encouragent cet abus par leur forme particulièrement adéquate, de sorte que ces deux dernières années ont vu les vélos progressivement, et sans vergogne, s'en approprier.

Que le trottoir appartienne aux seuls piétons est pourtant une évidence : la majorité Arosteguy avait pris l'initiative d'apposer, sur les vélos stationnés de manière prohibée, de petits autocollants portant la mention «STATIONNEMENT GÊNANT - De nombreux emplacements vélo sont à votre disposition - #jerespectebiarritz».

Cette action n'a hélas pas permis de constater une amélioration de la situation.

Un vélo ne comportant pas de plaque d'immatriculation, et donc d'identification, il est difficile de verbaliser un fantôme. Seule la situation du cycliste pris en flagrant délit pourrait donner lieu à une verbalisation.

Cela paraît découler du bon-sens, car il est tout à fait anormal que seuls les automobilistes et motards coupables d'infractions soient punissables pour la simple raison qu'ils sont traçables grâce à leur plaque d'immatriculation.

Outre le stationnement «sauvage», on peut relever - toujours chez un nombre grandissant de cyclistes - un glissement vers la violation d'autres règles essentielles pour la sécurité de tous, tels que le non-respect de l'arrêt à un stop ou à un feu rouge, la circulation sur un trottoir en agglomération, ou encore le non-respect de la priorité de passage des piétons. Une amende de 135€ est alors applicable.

Tout comme le fait de rouler à contresens qui constitue aussi une infraction qui peut s'assortir de la même sanction pécuniaire, bien que des dérogations soient prévues par le Code de la route.

L'État - et c'est suffisamment rare pour le mentionner - laisse une grande latitude aux communes qui souhaitent définir leur propre règlement concernant l'usage du vélo, et c'est une bonne nouvelle pour la majorité fraîchement élue.

Ceci dit, depuis de trop longs mois on ne peut que relever l'absence physique de la Police Municipale en certains lieux stratégiques de la Ville : les anciens Biarrots ont souvenir de la présence permanente de policiers municipaux sur la place Clemenceau, assurant un encadrement de ce périmètre. Là aussi il est nécessaire, en ce début de mandat, que davantage d'attention soit portée sur ce sujet qui impacte le quotidien de tous.

Depuis des années, la ville de Biarritz vend la piétonnisation de l'hyper centre-ville, alors que cet espace est constamment traversé par des vélos !

C'est une profonde contradiction qui interroge.

Parmi les autres graves imprudences commises par les cyclistes à étudier avec la plus grande gravité : c'est la vitesse démesurée observée dans des zones de grande fréquentation, augmentant la probabilité d'accident.

Ils foncent sans s'arrêter et sans sourciller sur les passages piétons, doublent par la droite, se faufilent entre les piétons, roulent allégrement sur des places et trottoirs piétonniers !

Attend-on que survienne un drame mortel pour intervenir et réguler la vitesse de ces très nombreux inconséquents ?

Dans l'intérêt de tous, nous ne pouvons qu'exhorter les autorités à prendre les mesures qui s'imposent.

À Bayonne, les rues piétonnières du centre-ville proscrivent tout deux-roues, motorisé ou pas, pour garantir la tranquillité et la sécurité de tous. Sans doute est-ce là une disposition pertinente.

Au dernier mandat, madame Arosteguy et sa majorité avait choisi de piétonniser certains axes majeurs du centre-ville : cette mesure a, pour l'instant, été reprise par l'actuelle majorité. Sera-t-elle pérennisée dans sa forme actuelle ?

Cette piétonnisation sera probablement réétudiée par la majorité Blanco - et plus précisément par l'adjointe aux Mobilités Marie-Claude Albanesi - pour définir la pertinence de maintenir ce dispositif ou pas.

Dans cette réflexion, devront figurer de multiples paramètres à l'importance non négligeable :

-la répercussion sur l'activité commerçante,

-l'accès au quotidien pour les habitants et riverains,

-la sécurité des piétons et plus particulièrement des enfants et des personnes âgées,

-la capacité d'adaptation des touristes à se repérer,

-la facilité de mobilité pour les Biarrots, dont 45% de seniors

-le coût des très nombreuses réparations que requièrent les bornes escamotables et les barrières.

En résumé, tant sur le volet de la sécurité que celui du stationnement, il n'est pas question d'avoir une opinion à l'emporte-pièce ou qui ne réponde qu'aux préoccupations d'une seule catégorie d'habitants. Il serait aussi stupide de se contenter d'un jugement démagogique ou populiste. Mais il serait coupable de laisser perdurer ce statu quo.

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