LA BOÎTE À IDÉES : ET SI LA MAJORITÉ BLANCO FAISAIT PARTICIPER LES BIARROTS ?

Ne nous voilons pas la face : lorsque des personnes sont approchées par le candidat ou le gourou d'un groupe pour participer à une liste, bien souvent elles n'ont pas la première notion de ce qui les attend au-delà de la campagne des Municipales.

Ni en termes d'engagement... car il en faut du temps si l'on veut bien agir au service de la population, ni en termes de projets... car il en faut des idées pour apporter de la différence à un mandat, ni en termes de diplomatie... car il en faut pour se faire entendre dans un groupe et être respecté par la population.

Et c'est là où intervient l'habitant, le Biarrot !

Lui, elle - l'habitant ou l'habitante - n'est pas vierge de toute expérience. Il peut avoir voyagé à travers le monde, il peut avoir un métier, il peut avoir des enfants, il a forcément des loisirs et il a... des idées.

De toutes ses activités et fonctions, notre Biarrot/e lambda tire un savoir-faire et même une expertise dont la ville ferait bien de bénéficier pour le bien commun.

Car si «chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses mœurs», chaque âge a aussi ses besoins et ses aspirations.

Là aussi, il n'est pas toujours aisé pour chaque élu de se mettre à la portée de chaque habitant. Car quand on est jeune, on ne fait pas forcément cas des préoccupations de nos aînés. Quand on est bien portant, on ne sait pas toujours quel peut être le parcours du combattant d'un mal-marchant. Quand on n'a pas d'enfant, on ne sait pas toujours ce qui manquerait comme activités pour nos petits.

Il faut aussi le dire, sans acrimonie mais avec lucidité, une fois élues, les personnes se font parfois bien rares dans l'espace public, rendant ainsi toute rencontre fortuite avec les habitants improbable. Quant aux prises de rendez-vous en mairie... il faut bien trop souvent être persévérant, pour ne pas dire têtu, pour être entendu.

Cette boîte à idées permettrait donc un lien entre élus en Mairie et habitants sur le terrain : on voit bien que le citoyen a un rôle central à jouer et qu'il pourrait utilement épauler l'élu dans quelque domaine que ce soit.

On pourrait, alors, nous avancer l'argument de l'existence des conseils de quartiers qui devraient et pourraient mettre en place des projets dans la ville. C'est vrai que, sur le papier, c'était bien la démarche de ces conseils citoyens. Mais en pratique ? Seuls les quelques membres ont autorité à déposer des projets... et encore ! Faut-il qu'ils obtiennent l'appui effectif de l'élu référent et le budget qui va avec !

Face à cette belle promesse de démocratie participative quelque peu défaillante depuis de trop nombreuses années en notre Biarritz, il faut bien se réinventer et recréer une véritable dynamique.

Et si la nouvelle municipalité mettait en place la «Boîte à Idées des Biarrots», un «Moi et Biarritz» ou bien «Mon idée pour Biarritz» ou encore «Les Biarrots à l'Action» ?

Cette boîte à idées serait déposée, de manière visible, en divers lieux stratégiques (mairie, médiathèque, CCAS, écoles, salles de spectacles, places publiques, arrêts de navettes et de bus, commerces de proximité) de tous nos quartiers. Elle serait aussi disponible de manière dématérialisée sur le site internet de notre commune, avec une adresse mail dédiée.

Chaque semaine l'élu référent éplucherait, avec les services municipaux, les idées et - pour garantir une bonne transparence - les publierait dans une rubrique consacrée sur le site internet de la ville. Ainsi, chaque Biarrot/e pourrait apporter sa pierre à l'édifice pour faire d'une petite idée individuelle un grand projet collectif.

Exemple :

-Madame B. - coiffeuse - propose d'installer plusieurs boîtes à livres dans chaque quartier de Biarritz.

-Monsieur D – retraité de la fonction publique - adore bricoler et propose de fabriquer lesdites boîtes.

Madame R. - institutrice à la retraite - propose, autour de ces boîtes à livres, de faire des lectures à voix haute aux enfants tous les mercredis.

-Monsieur M. - infirmier - a une voiture et se porte volontaire pour récupérer les dons de livres et en amener aux personnes âgées et malades qui sont coincées à leur domicile.

Se rend-on bien compte de la synergie et de la sociabilisation que l'on peut créer à partir d'une idée toute simple ?

Évidemment, il est impossible de préfigurer quelles seraient les idées de nos sympathiques Biarrots, et c'est bien là l'intéressant de l'affaire.

Ça peut aller de l'installation de bancs aux arrêts de navettes, à des concerts gratuits par des amateurs, à la création de groupes de rencontres entre propriétaires de chiens, à des concours de dessin pour enfants aux vacances scolaires, à l'instauration d'un corso fleuri, ou encore à l'installation de panonceaux historiques des lieux par les riverains.

La création d'une roseraie participative au tristement délaissé square Pauline Carton et l'instauration d'un parcours de sculptures au Jardin Public, lui aussi délaissé et bien déplumé, pourraient être des projets à la hauteur de Biarritz.

Et si nous avions dans chaque quartier des veilleurs ? Des habitants vigilants quant à la dangerosité d'un passage piétons, qui alerteraient au constat d'un trottoir à réparer ou d'une lacune à combler pour le bien-être des riverains ?

«En France, on n'a pas de pétrole mais on a des idées» : encore faut-il donner la parole à ceux qui ont compétence - parfois même technique - car être élu ne permet pas d'avoir la science infuse. Ne pouvant être spécialiste en tout - et c'est bien normal - l'élu est dans l'obligation d'être à l'écoute de ceux qui ont qualité à réaliser un projet.

Les élus ne sont pas non plus propriétaires de leur ville, mais en sont bien les provisoires ambassadeurs. 

On pourrait, à Biarritz, inventer la citoyenneté heureuse. Celle qui implique les gens d'ici et qui accompagne les élus pour faire de Biarritz une ville plus vivante, plus accueillante, plus humaine.

Nous vous avions parlé, sur Sauvegarder Biarritz, de la judicieuse création, à Biarritz, d'un conseil des sages. Ceux-ci pourraient mener, avec discernement, ce dispositif de «boîte à idées».

Tournons donc le dos au syndrome de la tour d'ivoire que les Biarrots ont subie pendant six ans et faisons de l'administré - sorte d'habitant soumis - un citoyen à part entière, pleinement impliqué dans le devenir de son Biarritz !

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