MUSÉE HISTORIQUE DE BIARRITZ : EXPOSITION D'UN PEINTRE VOYAGEUR
En ce lieu consacré à la mémoire de Biarritz, où le visiteur fait une véritable balade temporelle, les murs résonnent des petites et grandes histoires qui se sont déroulées en notre port de pêche devenu cité balnéaire.
C'est au vernissage de l'exposition «Lumières du Sud» consacrée au peintre Joseph Saint-Germier (1860-1925), que l'assistance présente a pu, en avant-première, découvrir fraction d'une collection privée composée telle une rétrospective, en ce qui était autrefois l'église anglicane Saint-Andrew's.
Serge Blanco et Josette
Cazaux
Ont, à cette occasion, pris la parole l'aimable et dynamique Présidente des Amis du Musée Historique de Biarritz Josette Cazaux, le maire Serge Blanco, l'adjoint à la Culture Joël Cazaux, le commissaire d'exposition Charles Dujour Bosquet et, enfin, la biarrote Marie-France Saint-Germier, détentrice de l'ensemble montré au public.
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Joël Cazaux, Josette Cazaux et Marie-France Saint-Germier |
L'occasion aussi pour l'adjoint à la Culture de se réjouir que le Musée Historique ait reçu une rénovation de son espace «grâce au maire Michel Veunac» et de déclarer publiquement qu'il n'en avait pas été ainsi au dernier mandat pour les bâtiments communaux. Ça c'est dit et bien dit.
Joël Cazaux a précisé que ses services ont innové en établissant à l'intention des enfants une visite ludique, grâce à un jeu interactif : voilà donc une idée de sortie pour initier nos bambins à l'Art.
Le maire de Biarritz a également affirmé sa volonté de renforcer l'aide apportée à l'association qui permet au Musée de prospérer, et nous ne pouvons que nous réjouir d'une telle démarche.
Qu'il est bon de renouer avec une exposition à Biarritz !
Après un trop long temps de désengagement de la Ville pour les expositions d'art, il était plus que souhaitable d'offrir aux yeux des Biarrots une expression artistique.
En l'absence de disponibilité de la crypte Sainte-Eugénie - par ailleurs très difficilement accessible aux personnes à mobilité réduite -, il est nécessaire en ce nouveau mandat de trouver dans notre patrimoine communal un site de remplacement.
C'est à ces instants-là que l'on comprend encore plus cruellement pourquoi il était stupide, et contre les intérêts de la Ville de Biarritz, de se dessaisir des locaux de la police municipale rue Jaulerry (qui venaient accessoirement d'être rénovés sous la mandature Veunac), de l'Auberge de Jeunesse, sans oublier les remarquables Villas Sion et Fal.
Devant donc faire beaucoup mieux avec beaucoup moins, il est urgent de récupérer parmi les bâtiments encore en notre possession, une superficie qui aurait, a minima, 500m2.
En centre-ville, l'Espace Bellevue et le Casino municipal seraient idoines, sans oublier le CCAS se trouvant à côté de l'Office de Tourisme et dont les actuels bureaux pourraient être déplacés en un autre site.
Un peu plus éloignée, rue d'Espagne, la Villa Natacha pourrait, sinon, abriter des expositions - telle Beatrix Enea à Anglet.
On voit qu'il est impératif d'ouvrir une réflexion de sorte que le rythme d'expositions mensuelles, telles que nous les connaissions sous l'ère Borotra et Veunac, soit retrouvé.
Peut-on envisager qu'une ville de 25.000 habitants, qui accueille des millions de visiteurs, n'ait pas une seule salle municipale d'exposition ? Bien évidemment que non.
En attendant impatiemment qu'une telle réalisation se concrétise, est donc montré rue Broquedis un éventail d'œuvres qui témoignent d'une époque où voyager en Europe ou en Afrique du Nord était encore une originalité permise aux seules personnes aisées ou aventurières.
Les artistes avaient alors pour intention de capter des paysages étonnants, des visages exotiques et des scènes pittoresques, offrant aux Français sédentaires une évasion de quelques instants.
Le jeune artiste Saint-Germier se forme à Toulouse et apprend, en compagnie du dynamique Jules Garipuy, à enrichir sa technique artistique. Mais c'est bien à Paris - alors capitale mondiale de l'art - qu'il entre dans le cercle de ceux dont la critique vante les mérites.
En ce temps, l'Atelier est un lieu mondain et les artistes donnent libre cours à des débats interminables sur la société dans laquelle ils évoluent et les progrès du moment. Cette émulation intellectuelle permet l'émergence d'un très grand nombre de peintres et sculpteurs, hissant la France à son apogée culturelle.
Les maîtres de Joseph Saint-Germier sont les grands Alexandre Cabanel et Léon Bonnat, peintres académiques s'il en est.
Pour autant, l'élève s'éloigne de leur recherche de la beauté idéale en proposant un style plus enlevé, aux contours flous. Plus que la fidélité d'une scène, l'artiste nous convie à entrer dans une humeur qui peut être espagnole, italienne ou marocaine.
Faites l'essai ! Regardez un tableau...
Ne sentez-vous pas les épices qui s'échappent de la Médina ?
N'êtes-vous pas ébloui par ce soleil qui apparaît dans le rio San Luca ?
N'entendez-vous pas le froissement que produit la jupe de la danseuse de flamenco ?
Ne ressentez-vous pas le mouvement des éventails aux arènes de Séville ?
À n'en pas douter, Saint-Germier dépeint des sensations plus qu'un réalisme, apportant un supplément d'âme dans sa spontanéité.
À la vue de ces œuvres et en connaissance de toutes les tendances modernes et contemporaines qui allaient suivre, le spectateur d'aujourd'hui croit pourtant appréhender un peintre classique.
Le pinceau alerte de Saint-Germier ne donnera donc pas la même lecture à chacun d'entre nous et voilà qui promet d'enrichir la conversation des Biarrots et des visiteurs.
À l'heure où l'offre proposée à ceux qui fréquentent les lieux d'art en Pays Basque est celle que les dogmes de notre époque ou quelques esprits étriqués estiment montrables, il est utile que les visiteurs puissent contempler d'autres formes d'art qui répondent aux conventions des siècles précédents.
C'est aussi un devoir que les instances municipales offrent à la jeunesse une vision élargie de ce qu'est la création. Applaudissons donc à cette ouverture d'esprit qui n'établit pas de hiérarchie, d'entrave ou de censure et que nous ne voyons que trop peu souvent dans les espaces municipaux du Pays Basque.
La récente réouverture après quatorze longues années du Musée Bonnat-Helleu à Bayonne et surtout le grand succès populaire qu'il rencontre - déjà plus de 100.000 visiteurs en seulement huit mois ! - démontre, s'il le fallait encore, que les amateurs d'Art ont aussi envie de voir d'autres représentations que la production contemporaine.
N'hésitez pas à visiter l'exposition, visible jusqu'au 31 octobre, d'un «peintre aujourd'hui méconnu du grand public mais célébré en son temps» !













