COMMENT BIARRITZ TRAITE SES MORTS
On reconnaît une société civilisée à la manière dont elle traite ses morts.
À voir l'état de nos cimetières biarrots au mandat précédent... on ne peut qu'éprouver de la honte.
Ce sentiment malaisant qu'une fois disparus, nos Biarrots ne sont plus à considérer, en dit long. Mais nous y reviendrons plus loin.
Il faut aussi faire mention d'autres Biarrots : ceux partis défendre la liberté et leur Nation et qui sont restés sur le champ de bataille, laissant derrière eux des familles inconsolables.
Ces malheureux qui figurent sur les Monuments aux Morts sont un rappel incessant que la vie des uns a été ôtée pour que d'autres connaissent la Paix. Ne pas oublier.
Au conseil municipal du 22 juin dernier, l'assemblée présente a été invitée à autoriser la Majorité à signer une convention avec «le Service Intercommunal du Patrimoine et de !'Architecture de l'Agence Publique de Gestion Locale pour la rénovation des quatre Monuments aux Morts de l’Esplanade des Anciens Combattants».
Ceux-ci assureront «une assistance technique dans le domaine du bâtiment en matière d'ingénierie et d'architecture» car il n'existe pas, dans le personnel communal, de personne compétente pour conduire un tel projet.
À première vue, il s'agit d'une délibération qui devrait trouver l'accord de tous. Car qui pourrait contester d'entretenir la mémoire de ceux tombés pour la Patrie ?
Petit pas de côté : notons que dans les intitulés de missions des élus de la Majorité Blanco, aucun n'est dédié - tel que l'était l'adjointe de la Majorité Arosteguy Anne Pinatel - «aux Anciens Combattants». Comme quoi, les titres et la com' n'assurent aucunement l'efficacité.
Passée de maire à conseillère municipale d'opposition, Maider Arosteguy a interpellé l'adjoint en charge des Travaux, Patrick Destizon : «Oui, juste une petite question. C'est toujours une très bonne idée que d'entretenir le patrimoine. Avez-vous une idée, cher collègue, du coût ?».
Patrick Destizon lui répond : «Alors, madame Arosteguy, c'est justement l'objet de cette convention avec l'agence qui va nous permettre de définir ce que l'on veut faire et de définir le cahier des charges qu'ensuite nous pourrons consulter les entreprises (…) il faut déjà faire un diagnostic du bâtiment».
Il fait jour trois éléments intéressants dans la courte intervention de madame Arosteguy.
Le premier, qui indique «c'est toujours une très bonne idée que d'entretenir le patrimoine».
Là, cette phrase est à encadrer, tant le patrimoine communal n'aura été ni entretenu, ni préservé sous son mandat de six ans. Les effets de ce coupable désintérêt seront d'ailleurs dévastateurs sur le budget du mandat Blanco.
Le deuxième, c'est la question «du coût» soulevée par madame Arosteguy.
Il apparaît tout à fait surprenant qu'après avoir été maire, madame Arosteguy ne sache pas que l'on ne peut avoir une idée du coût dès lors que c'est l'intention même de cette délibération que de permettre de lancer des demandes de devis auprès de professionnels.
Le troisième, c'est de s'interroger sur cette obsession que madame Arosteguy affiche de tarifer les personnes décédées : ce n'est, en effet, pas la première fois qu'il nous est donné de constater la position pécuniaire de madame Arosteguy en matière de nos Biarrots disparus.
Rappelons qu'en conseil municipal du 8 avril 2024, sous sa mandature, la révision tarifaire des concessions de terrains - comprendre les cimetières du Sabaou et de Ranquine - avait abouti à une forte augmentation de 300% !
Les élus d'oppositions, de tous bords, s'étaient d'ailleurs sainement récriés d'une telle action.
-Brice Morin avait parlé des «(...) cimetières qui sont dans un état déplorable.».
-Patrick Destizon avait regretté que ceux-ci se soient «beaucoup dégradés depuis 4 ans. (…) Je pense que vous avez dégagé beaucoup de moyens et que vous ne mettez plus les moyens nécessaires pour l’entretien des cimetières.».
-Jean-Baptiste Dussaussois Larralde, choqué, avait déclaré : «Très honnêtement et je peux le dire puisqu'au Sabaou j'ai mes grands-parents, mes arrière-grands-parents et mes arrière-arrière-grands-parents, ils doivent malheureusement se retourner dans leur tombe de voir une gestion de cette sorte avec une augmentation de plus de 300 %.».
-Guillaume Barucq avait interpellé la maire Arosteguy en affirmant : «Ce Conseil Municipal est vraiment remarquable parce que vous avez commencé en nous disant comment vous n'alliez pas augmenter les impôts. Vous avez continué en nous expliquant comment vous alliez taxer les vivants et on conclut avec comment nous allons taxer les morts.».
Nous avons aussi souvenir de Sébastien Carrère qui avait déclaré - à juste titre - «qu'à Biarritz cela coûte aussi cher d'être vivant que mort.».
Pourtant, on n'oublie pas que madame Arosteguy s'est, à maintes reprises, félicitée sur le fait qu'elle n'avait pas augmenté la fiscalité des Biarrots.
Cela est inexact.
Lorsque la tarification du stationnement connaît une hausse stratosphérique de 77% entre 2020 et 2024, sans pour autant prévoir une grille tarifaire particulière pour les Biarrots : OUI, c'est une hausse détournée de nos impôts.
À la prise de pouvoir de la Majorité Arosteguy, la taxe sur les résidences secondaires est à à 30%. Mais alors que madame Arosteguy avait clairement affiché lors de la campagne des Municipales de 2020 son désaccord d'augmenter cette taxe, voilà qu'en 2021 une majoration de 60% est appliquée.
La conseillère municipale d'opposition Lysiann Brao lui rappellera sa volte-face. En effet, confrontant cette dernière qui prônait une majoration de la taxe, madame Arosteguy avait répliqué «que Biarritz n'est pas en Union soviétique» et que cette mesure entraînerait «l'effondrement du commerce biarrot».
OUI, cela a été une hausse détournée de nos impôts car beaucoup de Biarrots ont un bien secondaire dans leur propre ville.
La revalorisation des bases est aussi un facteur de hausse des impôts locaux - certes pas imputable à la Ville mais à l'État - mais dont la réalité pèse directement sur le portefeuille des Biarrots puisque l'on relève entre 2020 et 2025 une augmentation de plus de 17%.
Finalement, avec sa simple question, madame Arosteguy a ouvert une boîte de Pandore. Elle permet aux Biarrots de comprendre le manque de soin qu'elle a apporté à nos cimetières, aux Monuments aux Morts et à nos chers disparus durant son mandat.
L'occasion aussi pour les Biarrots de comprendre que, toujours sous son mandat, la hausse de leurs impôts a bien été menée sournoisement, avec discrétion mais avec assiduité, par des actes concrets, qui viennent, encore une fois, contredire sa communication.








