AGUILERA : LE COUP D'ARRÊT DU PROJET DE BÉTONNAGE IMMOBILIER

L'âme de Biarritz à été sacrément mise à mal au cours du mandat précédent. Des coups de canif aux coups de boutoir, la ville se reconstruit - lentement - et panse ses plaies.

Tout détruire pour construire, c'est cette vision qui était portée par la Majorité précédente pour l'avenir d'Aguilera.

Cette volonté d'effacement de ce qui constitue pourtant une part de nous-mêmes démontre de cette obsession qu'ont encore certains politiciens avides, de laisser une trace, fut-elle mauvaise ou totalement à contre-courant de notre époque.

Imposer un projet aux Biarrots qui de surcroît déclarent, en grande majorité, ne pas en vouloir ?

Il fut un temps à Biarritz où, en pareilles circonstances, les événements ne se seraient pas déroulés comme l'on a pu le voir ces deux dernières années.

Si les maires d'autrefois avaient eu l'idée curieuse - oserions-nous dire blasphématoire ? - de bâtir en lieu et place de terrains sportifs, la Ville entière se serait soulevée. Que dire soulevée ! Elle aurait marché jusque dans le bureau du maire pour obtenir son renoncement, sans délai et sans barguigner.

Mais, entre temps, les Biarrots ont été dilués par un apport nouveau de population qui n'a pas forcément un attachement viscéral à Aguilera, pas forcément d'intérêt pour le rugby ou les sports qui y sont pratiqués, pas forcément connaissance des belles histoires qui s'y sont déroulées.

Quant aux Biarrots de longue date... ce n'est pas qu'ils soient blasés, mais ils se sentent moins concernés, plus détachés qu'auparavant à défendre bec et ongles ce qu'ils croient bon pour leur ville.

Ce désengagement populaire aurait pu être fatal au plateau multisports d'Aguilera.

Pourtant, il n'est pas nécessaire de passer tous les jours de sa vie sur la plaine Aguilera pour en défendre la pérennité.

Il s'agit d'un point de principe de maintenir la vocation sportive du lieu, mais aussi de témoigner du respect envers tous nos anciens qui ont foulé ce site historique.

Il s'agit de défendre ardemment les quelques misérables espaces verts qui échappent encore à la spéculation et au rendement.

Il s'agit de ne pas aliéner le domaine public à des intérêts privés.

Pour combattre cela, face à une Mairie qui s'estimait apte à passer outre la volonté des Biarrots, il fallait qu'un sursaut citoyen naisse !

Ce sursaut qui fait qu'un Biarrot passe de la confortable position de râleur à celle de celui qui cherche à rendre pratique l'arrêt du projet de bétonnage.

Ce sursaut, on le doit à Alain Arozarena qui a créé l'association IODA (Ici On Défend Aguilera) pour ne plus seulement se contenter d'être un témoin impuissant de la transformation maléfique que certains politiciens avaient intérêt à porter, et agir véritablement pour les en empêcher.

Alain Arozarena a choisi d'expliquer pour fédérer, fédérer pour être plus fort, être plus fort pour peser, peser pour devenir un acteur du changement.

Cet exemple est rare et à méditer. Il est aussi à saluer avec respect et sollicitude.

Pour mieux fédérer, Alain Arozarena a ouvert une pétition en ligne, créé une association, animé un compte Facebook et engagé trois recours en Justice.

Il a posé les faits en portant à la connaissance de tous des preuves au travers de documents d'Urbanisme, en soumettant des photos à ses lecteurs, ou encore en relevant les contradictions et les mensonges diffusés par la maire/candidate et son équipe.

Ce travail fourni l'a été pour le bien de nous tous.

Mais s'il n'avait pas existé ? Et si Sauvegarder Biarritz n'avait pas existé ?

Que se serait-il alors passé ?

Et bien les citoyens n'auraient été informés que par la Presse locale - qui se nourrissait de la version officielle fournie par la précédente Majorité -, ainsi que par le bulletin municipal Biarritz Magazine. Rappelons que ce dernier support a allègrement servi d'espace de propagande où les tronquages, les inexactitudes et d'effrontés boniments étaient soumis à la lecture de Biarrots qui ne pouvaient imaginer être à ce point floués dans un support censé être un bimensuel apolitique.

Devant une autorité municipale dont les années de mandat ont effrité la légitimité, être ainsi témoin du combat livré par un citoyen qui voit et qui refuse de capituler donne de l'espoir.

Alain Arozarena a été celui-là, ne mesurant pas ses efforts pour fournir des renseignements à tous ceux qui voulaient se documenter avant que de formuler une opinion.

C'est que l'affaire Aguilera a convergé vers elle toutes les invraisemblables, et il est nécessaire de se les remémorer ici : promesse non-tenue d'un référendum, modifications de PLU permettant la surélévation à 25 mètres et rendant 75% de la plaine sportive constructible y compris les trois terrains de rugby, rénovation de l'USB au lieu d'une reconstruction moins coûteuse, choix d'un promoteur immobilier moins-disant de quatre millions d'euros, prise de paroles de ce même promoteur et de son architecte en plein conseil municipal au mépris de l'interdiction de l'immixtion irrégulière de tiers non-élus pendant une séance, leurre d'attribution de logements sociaux à «des Biarrots», fausse désaffectation du parking face au Jai Alai, destruction du terrain Coubertin et de la piste d'athlétisme, sacrifice de tous les événements ludiques qui se déroulent actuellement sur le Plateau, suppression du stationnement gratuit pour les usagers de la Polyclinique et du Plateau, engorgement du quartier, destruction du fronton datant de 1913, absence d'étude d'impact au mépris de la Loi Climat et Résilience, autorisation de vente de terrains avant même le déclassement du domaine public, désignation contestable d'un commissaire-enquêteur, enquête publique pliée en treize jours en plein été, et on en passe...

Comment peut-on accumuler autant d'irrégularités dans un même dossier ?

C'est dans ce contexte que les plus de 2.600 signataires de la pétition lancée par IODA se verront désignés de «nigauds» par la maire Maider Arosteguy.

Ce propos est-il digne ? S'attend-on à une telle réaction d'une élue de la République envers les habitants de sa propre ville ?

Si l'élection d'un nouveau maire a - espérons-le, mais soyons encore attentifs - mis un clap de fin au funeste projet porté par la Majorité précédente, nous formulons ici le regret que d'autres Biarrots n'aient pas eu le courage - car il en faut du courage - de refuser que son patrimoine communal soit cédé à vil prix à des privés qui ont fait des coups immobiliers.

Que serait-il advenu de l'Auberge de Jeunesse si un autre habitant ou habitante, aussi pertinent que Alain Arozarena, s'était lui ou elle aussi donné pour mission d'empêcher la vente de ce site à une société privée ?

Et si un collectif avait œuvré pour l'avenir de la Culture biarrote et s'était rebiffé contre la dilapidation de la Villa Fal, arguant de toutes les opportunités qui pourraient s'y dérouler en faveur des Beaux-Arts, du Théâtre, de la Danse et de la Musique ?

Il en est de même pour la vente de la Villa Sion dont madame Arosteguy disait désapprouver la cession quant elle était dans l'Opposition de Michel Veunac... tout en la cédant une fois élue maire ! Sa proximité stratégique de la Villa Natacha - qui abrite les services culturels de la Ville de Biarritz - aurait dû en empêcher son aliénation, toujours à des privés.

Et si des associations biarrotes s'étaient fédérées pour dénoncer l'absence d'un local partagé en centre-ville et avaient expliqué de l'impérieuse nécessité de ne pas vendre les anciens locaux de la Police Municipale, rue Jaulerry ?

Ces actions n'ont hélas pas eu lieu et il faut donc que les Biarrots prennent leur part de responsabilité dans cette mollesse à réagir.

Car si l'expression populaire ne devrait pas seulement se faire entendre tous les six ans, lorsque les habitants sont conviés à voter pour leurs représentants municipaux, les habitants doivent aussi prendre à pleines mains la destinée de leur commune pour ne pas tout laisser faire - surtout le pire - sous l'argument de la légitimité d'une majorité élue démocratiquement.

Quant à l'opposition, il ne faut pas tout attendre d'elle lorsqu'un projet n'a pas lieu d'être ou qu'un bien communal n'a pas à être dilapidé.

La société civile, les habitants ont un rôle majeur à tenir face aux atermoiements d'élus parfois incapables de porter un combat sans arrière-pensée électoraliste, sans récupération politique.

Amis Biarrots, le maître mot est désormais VIGILANCE !

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