HÔTEL DU PALAIS : DU LUXE AUX FRAIS DES MANANTS BIARROTS ?
Quand le Biarrot et journaliste Jean-Yves Viollier prend sa plume - ou plutôt son clavier - pour rendre publics des agissements inquiétants qui se seraient déroulés à l'Hôtel du Palais sous le mandat Arosteguy, nous ne pouvons détourner le regard.
Nous invitons nos lecteurs, qui n'en auraient pas encore eu lecture, à prendre connaissance de son post Facebook du 19 juillet qui recèle plusieurs révélations, à commencer par l'existence de «jetons de présence» - terme qui dans le cas qui nous intéresse sert à désigner une rémunération - qui auraient été reversés à l'entité Ville de Biarritz.
Jean-Yves Viollier a reçu un certain nombre de témoignages qu'il désigne comme «concordants et accablants» de salariés de l'ex-Palace qui dénoncent un certain nombre de privilèges dont aurait bénéficié l'ancien maire de Biarritz Maider Arosteguy.
Présidente de la Socomix Hôtel du Palais pendant toute la durée de son mandat en tant que maire, le journaliste nous fait part des confidences d'un membre du CA du Palais : «Dès le premier conseil d'administration, Maider Arosteguy a demandé si les élus pouvaient bénéficier de jetons de présence. Calmement, l'avocat d'Hyatt a répondu que les élus étaient des représentants d'une collectivité territoriale et que, si jetons de présence il y avait, ils devaient être reversés à la Ville qu'ils représentaient.».
Puis, Jean-Yves Viollier poursuit en commentant fort justement que madame Arosteguy ayant atteint le maximum autorisé par la Loi, celle-ci ne pouvait prétendre à un supplément de rémunération d'argent public.
Rappelons que madame Arosteguy était la reine du cumul : maire (4.488,69€), conseillère régionale (2.877,34€), vice-présidente agglomération CAPB (2.980,13€) et présidente SIAZIM (736€), ce qui aurait pu lui faire un total de 11.082,16€. Mais les «malheureux» conseillers régionaux étant plafonnés dans leurs indemnités, madame Arosteguy ne percevait «que» 8.897,93€ par mois. On comprend mieux pourquoi elle s'accrochait, coûte que coûte, au Pouvoir.
L'affaire aurait pu s'arrêter là. Mais ne voilà pas qu'en 2021 - et c'est toujours monsieur Viollier qui nous le révèle - sera votée au conseil d'administration de la Socomix Hôtel du Palais une délibération qui remet sur le tapis une somme de 50.000€ par an, disponible au président directeur général !
Sauvegarder Biarritz avait déjà été alerté, par un actionnaire de l'Hôtel du Palais, sur cette somme de 50.000€, mais ne pouvant fournir de preuve matérielle à nos lecteurs, nous avons préféré ne pas diffuser cette information dans nos colonnes.
Il en est ainsi pour beaucoup d'indiscrétions faites par des Biarrots à Sauvegarder Biarritz : des collusions troublantes, des dépenses difficilement justifiables ou encore des mouvements qui posent question.
Ce montant de 50.000€ pourrait expliquer l'assiduité de madame Arosteguy à fréquenter la demeure impériale, d'ailleurs remarquée tant par les habitués que par les salariés du Palais.
Présence constante donc à la piscine du Palais où madame Arosteguy venait nager quasi quotidiennement seule ou en famille, où, rappelons-le, l'accès est en haute saison au prix de 150€ par jour et par personne.
Présence aussi au restaurant où le personnel avait noté, comme il est d'usage pour les clients réguliers, les préférences gustatives de madame la maire.
Là aussi, nous invitons nos lecteurs à consulter, en ligne, les tarifs pratiqués à La Rotonde Gastronomie, à La Rotonde Brasserie, au Lounge Eugénie et au Sunset : les montants sont vertigineux.
Comme tout ce qui précède ne suffit pas, un ancien salarié confie à monsieur Viollier «qu'elle [madame Arosteguy] n'hésitait pas non plus à confier ses vêtements les plus fragiles à la lingerie du Palais. Certains disent même qu'elle adressait ses factures d'essence de la station Total de l'avenue de la Marne à notre établissement.».
C'est une possibilité que madame Arosteguy ait trouvé commode de ne pas régler personnellement ses frais de carburant, quand on sait qu'elle avait précédemment fait installer à l'emplacement de son stationnement réservé dans la cour arrière à la Mairie, une borne de recharge pour son véhicule électrique d'alors... toujours à la charge des contribuables biarrots. Cette borne a, aux deux-tiers du mandat, été retirée.
Monsieur Viollier a, comme Sauvegarder Biarritz, eu écho que les consultants de madame Arosteguy lui avaient conseillé de considérablement réduire sa présence dans l'établissement de luxe, craignant de l'image que cela renverrait de sa personne pendant la campagne des Municipales.
Alors, de tout ce qui éclate au grand jour, que doit comprendre le contribuable biarrot ?
Premièrement : que la Ville de Biarritz a perçu en espèces sonnantes et trébuchantes le versement de la somme de 50.000€ par an de Hyatt-Hôtel du Palais ?
Deuxièmement : que la Ville de Biarritz a bénéficié d'un compte annuel ouvert à hauteur de 50.000€ avec paiement en nature de nuitées, services, restauration, spa, soins, etc ?
Troisièmement : que madame Arosteguy a joui, à titre personnel, d'une valeur de 50.000€ par an pour des services divers - selon les témoignages recueillis par Jean-Yves Viollier - tels que la restauration, le spa et la piscine, le service lingerie, la prise en charge carburant de son véhicule personnel, etc ?
Quatrièmement : que madame Arosteguy a perçu, sur son compte personnel, le versement annuel de 50.000€ de la part de Hyatt-Hôtel du Palais ? Cette éventualité est la moins probable car un tel encaissement aurait induit une déclaration à la HATVP (Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique) et aux impôts, ce qui n'a pas été le cas.
À ce jour, nous n'avons pas de réponses à ces questions : à n'en pas douter, la situation exige que toute la lumière soit faite sur cette affaire par la Majorité Blanco, car - il faut le répéter inlassablement - il s'agit d'argent public !
Mais quand on remonte le fil du temps et que l'on interroge sa mémoire, des pièces du puzzle commencent à se recoller et à constituer une image pleine.
Souvenons-nous qu'à la réouverture après travaux, en juillet 2019, Alessandro Cresta avait été désigné par Hyatt directeur général du Palais.
Il s'agissait là d'un recrutement des meilleurs pour notre ville puisque cette personnalité respectée du monde de l'hôtellerie de luxe avait déjà marqué de son professionnalisme, tour à tour Genève, Dubaï, Prague, et avait eu la direction de l'emblématique Martinez à Cannes, du splendide Hôtel du Louvre et du prestigieux Park Hyatt Paris-Vendôme.
Mais «coup de tonnerre», ainsi que le dit «La Tribune de l'Hôtellerie», monsieur Cresta est, en octobre 2022, mis en congés par le groupe Hyatt. Des confidences ont fait part de très nombreuses pressions exercées par madame Arosteguy sur la personne du directeur d'alors, Alessandro Cresta, toujours au sujet de la prise en charge de frais de bouche.
Il est possible que la tête de ce dernier ait été exigée par l'ancienne maire, en échange d'un important soutien financier de la Ville de Biarritz à la rénovation de l'Hôtel du Palais.
On comprend bien qu'il y a encore bien trop d'opacité dans toute cette affaire et que les Biarrots sont en droit de savoir quel est le montant alloué au président de la Socomix, l'usage qui en est fait et la pertinence de cette somme.
Quant à madame Arosteguy, si - après audit - il était avéré que ces témoignages sont conformes, sa démission du conseil municipal s'imposerait.
