CHUTE DE FALAISE À BIARRITZ : L'INDÉCENCE FACE AU MALHEUR

Il est des moments où le recueillement est de mise.

Des moments où la polémique n'a pas sa place car la nature de l'événement qui advient ne relève pas d'une faute imputable à quelqu'un, mais à la faute de pas de chance.

L'effondrement d'un bloc de 2.000m3 à la pointe Saint-Martin est un cruel rappel de ce qui menace notre côte. Mais il a y encore plus terrible que cela : c'est la disparition d'un jeune couple - Salomé et Louis - pris au piège par une inopinée chute de falaise. Une troisième personne qui accompagnait leur sortie en plongée est, elle, sortie indemne physiquement, mais les séquelles psychologiques pourront être difficiles à surmonter.

C'est un véritable malheur, et nos pensées bienveillantes accompagnent leurs familles et amis en ces heures douloureuses.

Quel est le Biarrot ou la Biarrote qui ignore que la plage Bernain - en continuité de la plage Miramar - est interdite d'accès et de baignade, ainsi que l'approche de la pointe Saint-Martin ?

Nous le savons, un immense panneau apposé à même la roche indique «ZONE DANGEREUSE - éboulements permanents au delà de ce panneau - accès interdit - access forbidden - acceso prohibido» avec deux pictogrammes très explicites, donc compréhensibles par toute personne qui ne comprendrait ni le français, ni l'anglais, ni l'espagnol.

Pourtant, il n'est pas rare de constater que beaucoup de personnes s'affranchissent de cette interdiction qui n'existe pas pour ennuyer, mais bien pour protéger et éviter tout accident. Il faut scrupuleusement la respecter.

Et quand une catastrophe naturelle survient - tornade, inondation, séisme, tsunami, blizzard, canicule - l'on ne peut raisonnablement accabler un élu, quel qu'il soit.

Face à ces phénomènes, on subit. On peut, par contre, juger un élu sur ses capacités de gestion de crise. Sait-il prendre les bonnes mesures ?

Dans le cas qui nous occupe, le maire Serge Blanco a, par arrêté municipal, durci l'interdiction : il a donc pris les précautions qui sont de règle.

Personne n'aura d'ailleurs eu le mauvais goût de faire porter la responsabilité de cette tragédie au nouveau locataire de la mairie. Ce serait à la fois absurde et scandaleux. Personne... sauf Guillaume Lemarchand.

Oui, ce fameux troll qui n'a qu'un «ami», ami qui n'est autre que l'ancienne maire à laquelle il porte une désopilante dévotion !

Celui-ci se répand partout, sur les réseaux sociaux, avec des textes copiés-collés et dont nous vous proposons ici quelques extraits nauséabonds :

Madame le Maire, Maider, avait alerté sur le fait qu'on ne plaisante pas avec les falaises et que le budget proposé par M. Blanco était insuffisant. J'avais même ironisé en disant qu'avec un tel budget, on ne pourrait installer que quelques panneaux "Danger : éboulements".»

Il a le cœur bien accroché pour parvenir à faire de l'humour autour de ce drame, impliquant la disparition de deux jeunes.

Aujourd'hui, deux vies ont été perdues. Il est légitime de demander des comptes sur les choix qui ont été faits et sur les moyens qui ont été engagés. Cette situation soulève de sérieuses questions sur la gestion de ce dossier.»

Il va avoir fort à faire s'il doit remonter les plusieurs siècles de ceux qui ont précédé monsieur Blanco... Enfin, ça l'occupera.

La politique n'est pas un jeu. Je ne fais pas confiance à cette municipalité, car d'autres drames vont arriver.»

En l'occurrence, on n'en voit qu'un qui joue : il se plaît à jouer les pythonisses puis se mue en oiseau de mauvais augure... et il s'appelle Guillaume Lemarchand.

La chute de falaise était prévisible si M. Blanco avait pris les dispositions nécessaires en diligentant une expertise. Mais ce n'était manifestement pas sa priorité.»

Donc - selon Guillaume Lemarchand - c'était «prévisible», mais la responsabilité en incomberait exclusivement - toujours selon lui - au maire en place depuis trois mois, et pas le moins du monde à celle qui l'a été pendant six ans. D'accord, d'accord.

Pour échapper à leurs responsabilités, certains se livrent aujourd'hui à une véritable pirouette rhétorique en affirmant qu'en quatre mois de mandat, il n'aurait pas eu le temps d'agir.»

Le lecteur notera qu'il s'agit bien de trois et non de quatre mois de mandat, et qu'il est malhonnête de laisser accroire aux Biarrots que ce sujet insoluble des falaises qui préoccupe depuis plusieurs siècles les locaux soit résolu en deux coups de cuiller à pot et en... trois mois.

Personne n'est dupe. Les médias le démontrent chaque jour : certains élus semblent faire passer leurs intérêts personnels avant l'intérêt général.»

Ah bon ? On attend avec impatience la liste de ces fameux élus privilégiés. Encore faut-il qu'elle existe... mais ça c'est un simple détail, direz-vous.

Malheureusement, votre équipe municipale, bien qu'issue pour partie de l'ancienne majorité, ne semble pas disposer des compétences nécessaires pour assurer une gestion efficace de la ville.»

À part le conseiller municipal Raphaël Leforestier, on ne voit AUCUN autre élu issu des rangs de madame Arosteguy. Décidément, la canicule a vraiment fait des dégâts chez certains.

Si demain une pierre venait à blesser gravement un touriste ou un Biarrot, provoquant un scandale national, M. Blanco ne pourrait pas prétendre qu'il ne savait pas. Alors que les risques sont connus et que de nombreux acteurs, ainsi que Mme le Maire, défendent un effort budgétaire bien plus important pour protéger la population, il porterait une lourde responsabilité politique.»

Propos inconvenant. Mais Gavroche nous avait prévenus : «Je suis tombé par terre c'est la faute à Voltaire, le nez dans le ruisseau c'est la faute à Rousseau.»

Face aux médias et à l'opinion publique, les effets de communication des exploits de l'ancien sportif ne suffiraient plus : les habitants seraient en droit de lui demander des comptes, voire sa démission. J'ai un très mauvais pressentiment, la sécurité ne doit pas être une affaire d'argent.»

Maintenant la démission de Serge Blanco ! Et pourquoi pas celle du roi Mohammed VI ou de Charles III, tant qu'on y est ?

Si je n'étais pas intervenu rapidement, l'équipe de M. Blanco aurait, sans aucun état d'âme, accusé l'ancienne majorité de tous les maux.»

Ah non, la majorité Blanco laisse l'art de l'inversion victimaire au camp arosteguien qui a su nous prouver exceller en la matière.

Alors, puisqu'il semble nécessaire de déclamer des truismes : s'il tombe de la grêle, ce n'est pas la faute de madame Arosteguy et s'il neige, ce n'est pas, non plus la faute de monsieur Blanco.

Est-ce bien clair ?

On peut établir un parallèle en remontant le temps jusqu'en 2012 lorsque, dans la nuit, à la sortie des Casetas, une jeune femme s'amuse à se hisser sur le parapet qui surplombe le Trou du Diable près de la Villa Belza. Dans un instant d'instabilité, elle chute et disparaît dans la mer agitée. Son corps sera repêché quelques jours plus tard au Port-Vieux.

Face à ce triste décès, d'invraisemblables accusations avaient alors accablé le maire Didier Borotra quant à la sécurisation des lieux et le flux important de personnes circulant dans cet espace contraint.

Un élu ne peut pourtant tenir la main, tel à un enfant, à chaque personne qui se place délibérément en situation de danger. Et l'on voit bien que lorsqu'une menace est évidente, il est fait appel au bon-sens de chacun d'entre nous qui devons agir en circonstance.

Alors, au bon-sens et à la décence de tous !

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