QU'EN EST-IL DU BEAU DANS LE MOBILIER URBAIN À BIARRITZ ?

En cette période d'installation de nouveaux maires en France, il est intéressant de porter un regard sur la vision de ceux qui sont passés du statut de candidat à celui de premier magistrat de leur ville.

Même si Biarritz est unique, les thématiques, elles, qui se dénouent partout ailleurs dans le pays, sont souvent sujets aux mêmes débats. Une de celles qui tient à cœur Sauvegarder Biarritz - devenue un refrain chez les Biarrots ! - c'est le Beau.

Hélas, ce qui encombre notre panorama naturel exceptionnel, paysager et architectural est davantage le LAID que le BEAU.





Car la beauté de notre ville a été mise à mal par de mauvaises décisions qui ont conduit à de vilaines et invraisemblables installations. Puis ce sont des aménagements faits au coup par coup, sans harmonisation, sans réflexion, sans goût et sans intégration à l'existant.

Alors, vous vous promenez dans Biarritz et vous nous dites ne pas comprendre à Pétricot, à la Milady, à la Négresse, partout en fait, que vos quartiers soient délaissés, plus du tout paysagés, dépourvus de bancs, et avec une voirie indigne...

Pour certains d'entre vous, ce qui vous choque le plus, c'est le front de mer avec ses sacs de sable qui, des mois durant, ont bloqué la vue, ce sont les poubelles peu ragoûtantes qui dégorgent à chaque week-end, à chaque vacances scolaires...

Pour d'autres, c'est le centre ancien et patrimonial où des sucettes publicitaires JCDecaux tout proches heurtent la perspective, avec en prime encore et toujours des poubelles débordantes, des panneaux routiers agressifs jetés ici et là, partout.

D'autres nous disent recenser la quantité de potelets en plastique blancs et verts disséminés sur l'ensemble du territoire biarrot : leur nombre et leur laideur donne le vertige.

Peut-on oublier d'évoquer les blocstops aussi disgracieux qu'importuns - là aussi, comment peut-on avoir aussi mauvais goût ?! - posés de façon saugrenue en bord de mer, à la Gare, à la Milady, aux Halles ?

Nous ne saurons jamais suffisamment insister sur l'importance d'investir pour un mobilier urbain de qualité robuste qui nous assure sa durabilité et surtout, surtout, son esthétisme.

Pour toutes ces raisons, et tellement d'autres encore, la déclaration du nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire qui veut garantir aux Parisiens un «droit au beau» dans «tous les quartiers» nous fait ouvrir nos mirettes et allonger nos esgourdes.

Le successeur d'Anne Hidalgo - laquelle avait fait l'objet d'une controverse pour sa manière d'appréhender ce qui relève du bon goût et du très mauvais dans l'espace public - dit vouloir «protéger patrimonialement» Paris et défend son «plan pour un droit au beau», en portant «une attention accrue aux façades, aux sols, au mobilier historique». Il a déjà identifié «1.000 points noirs» qui sont à traiter en priorité.

Emmanuel Grégoire est lucide : «Je sais le mécontentement de beaucoup de Parisiennes et Parisiens sur la qualité de l'espace public».

Un maire à l'écoute des doléances des habitants de sa ville... c'est déjà la moitié du travail accompli.

Mais ce n'est pas tout ! Pour être en conformité avec ses paroles, notre Parisien passe des paroles aux actes en nommant une «déléguée générale au design et à l'esthétisme de la capitale», en la personne de Lily Munson. Il n'aurait pas été de trop, au conseil municipal biarrot, de compter son pendant.

Dans une remarquable étude réalisée sur trois tomes s'intitulant «Paris Manifeste pour la Beauté», la normalienne Lily Munson évoque un «Paris, somme d'histoires et paysage de mémoire» que nous pourrions aisément transposer à Biarritz.

Ce manifeste développe, tour à tour, la nécessité de «retirer le mobilier inutile» et «supprimer le mobilier inesthétique», puis une ambition de «préserver et mettre en valeur le patrimoine historique». On ne peut qu'adhérer !

Rappelons qu'Emmanuel Grégoire était le premier adjoint de madame Hidalgo : la bonne volonté qu'il exprime sera-t-elle suivie d'effet ? Il est évident qu'à Paris ce travail est immense. Et à Biarritz aussi.

Car, avant d'agir, il faut identifier les problèmes qui nuisent à la fois au quotidien visuel des habitants et à l'image de marque que la Ville de Biarritz se doit de défendre. Ce travail exigeant d'identification, Sauvegarder Biarritz l'a fait, patiemment, méthodiquement.

À lire les programmes des candidats, cet effort n'a pas été développé par leurs soins et c'est regrettable, car le Beau participe aussi au bien-vivre dans une ville.

Dans ce Biarritz où - il faut bien le dire - tout est à faire, et où les situations à régler laissées de côté depuis de trop nombreuses années se retrouvent à s'empiler sur le bureau du maire, cette cause du Beau pourrait paraître comme accessoire et à traiter plus tard, quand «on» aura le temps. 

Le Beau n'est pas accessoire. Et il ne l'est pas pour plusieurs raisons :

1) notre ville, en respect de ses paysages exceptionnel et de sa riche architecture, se doit de se hisser à une forme de perfection, 

2) les Biarrots méritent que leur espace urbain soit à la hauteur du prix du mètre carré qui s'affiche dans les vitrines des agences immobilières, 

3) le retard pris par notre ville lors de la précédente municipalité est à rattraper dès la première année de mandature pour espérer qu'elle atteigne à nouveau son rang,

4) les visiteurs qui nous font l'honneur de découvrir ou de revenir à Biarritz sont en droit d'attendre d'une ville impériale un autre aménagement urbain que celui qu'on leur propose actuellement.

C'est que chez nous les sites posant problème ne manquent pas, à commencer par les entrées de ville : route départementale, avenue Kennedy, gare de la Négresse, entrée d'autoroute, entrée d'aéroport, BAB. Tout est à requalifier. Seule l'entrée par la Cité de l'Océan sauve la face, si tant est que l'on admire le Golf et la «Dame de la Mer» de Manolo Valdès.

Nous avions - voilà quelques mois - théorisé cette volonté de créer à Biarritz un mobilier urbain qui soit esthétique, durable et identifiable à notre ville, comme le sont les sols colorés à Rio de Janeiro, les fontaines Wallace et les colonnes Morris à Paris, ou encore les chaises bleues à Nice.

On pourrait, à Biarritz, envisager de créer, sur mesure, une signature stylistique à décliner sur divers mobilier urbain.











Il est grand temps que Biarritz se ressaisisse et offre le spectacle d'une ville rénovée !

Pour cela, il faut que nos édiles prennent connaissance - si ce n'est déjà fait - de l'état déplorable du mobilier et de l'aménagement urbain laissés par leurs prédécesseurs. Et qu'ils agissent.

Domaine vaste s'il en est ! Bancs et assises, lampadaires, poubelles municipales, signalétique, bacs à ordures ménagères, pavage de sols, panneaux de rues, grilles d'égouts, cendriers de ville, fontaines à boire, arrêts de navette, abribus, barrières de sécurité, giratoires, garde-corps, bornes fixes, toilettes publiques, rampes et escaliers, balises-plots-potelets, jardinières, grilles d'arbres, tuteurage d'arbres, végétalisation au travers de décorations florales et arboricoles, statuaire publique, clôtures, bordures d'espaces verts, aires de jeux d'enfants, terres-pleins, boîtes à livres et casiers solidaires, tables de pique-nique, kiosques, trémies d'accès aux parkings, arceaux à vélos, mobilier de protection, barrières de chantier (type Vauban) et de travaux...

Sans parler des «réparations» bâclées, réalisées sans queue ni tête, auxquelles la Majorité précédente nous a habitués et sur lesquelles il faudra se pencher.

Tout ce qui précède peut, dans notre ville, faire l'objet de remplacements raisonnés avec même un concours à idées qui serait lancé au national pour que soit imaginée une harmonisation dans un design propre à Biarritz.

Les installations les plus incongrues du dernier mandat, telles que les abominables pots de fleurs se trouvant face à l'Hôtel du Palais, les horribles bancs en béton de la place Sobradiel aux Halles, les plots à gogo devant la synagogue, l'école hôtelière et l'esplanade du Phare, nous font comprendre que les dégâts sont immenses et font honte à l'orgueil des Biarrots.

Du CONSTAT nous passons aux PROPOSITIONS : vous les trouverez jointes à ce post.

Les maîtres-mots sont HARMONIE et ÉQUILIBRE. Et surtout du CHANGEMENT, que diable !

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