LES MOUCHES ONT CHANGÉ D'ÂNE OU LES VIERGES EFFAROUCHÉES SONT DE SORTIE
L'on sait madame Arosteguy fâchée avec les lois et les règles qui régissent une commune - Dieu sait que nous en avons eu par trop souvent la preuve - mais tout de même ! Ne pas être en connaissance de ce qui suit, confirme, si cela était encore nécessaire, qu'il était impératif de changer de gouvernance.
Au conseil municipal du 16 avril dernier un débat a eu lieu sans que les Biarrots aient malgré tout, in fine, la certitude de qui disait vrai sur les obligations qui incombent à un maire quant à l'intégration - ou pas ! - d'élus d'opposition, dans quelques structures de la Ville.
Allons donc au fond de l'affaire : la Ville de Biarritz compte un certain nombre de «commissions municipales», de «sociétés d'économie mixte» (SEM) et un «établissement public à caractère industriel et commercial» (EPIC) dans lesquels siègent des élus.
Pour les commissions municipales, le Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT) indique, dans l'article L.2121-22, que «la composition des différentes commissions (...) doit respecter le principe de la représentation proportionnelle pour permettre l'expression pluraliste des élus au sein de l'assemblée communale», sans pour autant désigner clairement ce qu'il advient de ceux issus de l'Opposition. Il n'est donc pas imposé, de manière formelle et explicite, la présence de ces derniers.
Toutefois, une jurisprudence - en 2012 et 2013 - a acté en faveur d'une représentation d'élus issus de la Majorité et de l'Opposition. Il est donc souhaitable de se conformer à l'avis du Conseil d'État qui prône le pluralisme pour ces commissions.
Ces commissions municipales sont constituées par chaque nouvelle Majorité et sont censées être en lien avec les thématiques portées par la commune.
C'est une tout autre affaire en ce qui concerne les sociétés d'économie mixte (SEM).
Il n'y a AUCUNE règle qui impose de recourir à une représentation proportionnelle : un maire et sa Majorité peuvent donc, EN TOUTE LÉGALITÉ, ne pas intégrer d'élu issu de l'Opposition. Que cela soit bien clair et limpide pour tous.
À Biarritz, nous comptons pas moins de trois SEM : la Socomix Hôtel du Palais, la Société des Golfs de Biarritz et enfin celle de Biarritz Océan qui a pour gestion l'Aquarium et la Cité de l'Océan.
Enfin, la troisième structure est l'EPIC Biarritz Tourisme qui est soumis au Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT) et encadré par ses statuts qui datent de 1996.
Là aussi, AUCUNE contrainte n'impose à un maire et à sa Majorité de compter un élu d'opposition parmi les membres composant le comité de direction.
Pourtant, un certain nombre de personnes - dont des élus eux-mêmes - n'ont à l’évidence pas connaissance de ces subtilités entre commission municipale, SEM et EPIC et contestent - sans pourtant être détenteur d'un article du code ou de jurisprudence - le fait de n'y avoir pas de place réservée.
Cela peut être une déception, pour un élu d'opposition qui s'était habillé le cœur de siéger, de n'être pas admis à figurer dans une de ces SEM ou EPIC ; mais une ville ne se dirige pas à coup de «je veux» ou de «il faut».
Une ville se dirige en prescription de textes officiels et, comme le dit fort justement monsieur Blanco, «Nous ne détournons aucune loi. Je n'invente rien.» : une règle ne se discute pas, elle s'applique.
Alors, quand l'ancienne maire fait valoir que la présence d'un élu d'opposition est «une tradition qui remonte à plusieurs maires», l'on pourrait aussi lui rappeler qu'elle fait montre d'une appréciation à géométrie variable tant elle aura balayé d'un revers de main d'autres us, d'autres «traditions» qui avaient cours avant elle.
Un Biarrot - qui se reconnaîtra - a écrit sur Facebook qu'«il ne faut pas confondre démocratie et tradition» - sages paroles ! - et c'est, en effet, ce flou que certains semblent être intéressés à entretenir.
Les Biarrots ont ainsi eu droit au spectacle pathétique de madame Arosteguy qui a pris la posture d'une vierge effarouchée de se voir effacée du conseil d’administration de la Socomix de l'Hôtel du Palais, et a rampé pour continuer à bénéficier - comme elle le fait depuis 2008 - d'un siège.
On le sait, le Palais et son bling-bling... c'est sa marotte, et puis ça fait sérieux sur une carte de visite.
Mais pour circonstancier le fait que la nouvelle Majorité se passe de la présence de madame Arosteguy dans la Socomix, Nathalie Motsch a explicité la décision du camp majoritaire : «On a besoin de ce que l'on appelle dans le monde de l'entreprise d'une task force, de gens en grande compétence qui sont en capacité d'ouvrir les placards, de regarder ce qu'il y sur les étagères et surtout de faire en sorte que notre Tour Eiffel locale reste dans le giron de la Ville de Biarritz.».
Madame Arosteguy ne pensant toujours pas possible que la Majorité se dispense de ses conseils (!) et de son expertise (!), a continué à s'égosiller. En vain.
La conseillère municipale Nathalie Motsch - toujours elle - l'a renvoyée dans ses 22 : «Je vais le dire avec des mots très mesurés et avec un grand sourire, mais vous avez failli parce que quand on arrive en 2020 et qu'on découvre qu'il y a un prêt bancaire in fine qui a été contracté à l'époque à taux fixe, avec des taux pourtant historiquement bas, avec un taux variable Euribor à trois mois augmenté de 1,9% de marge par la banque, de ne pas avoir dès le départ dès 2020, dès 2021, dès 2022, dès 2023, dès 2024, dès 2025, renégocié ce prêt... ce n'est pas raisonnable et les taux étaient beaucoup plus bas qu'ils ne le sont aujourd'hui. Donc non, vous ne m'avez pas démontré que vous étiez experte en la matière.».
On va tout de même vous faire profiter de cette suite de formules proférées par madame Arosteguy et qui mériteraient de figurer au bêtisier politique quand on connaît les méthodes de leur émettrice : «Je trouve que cette mise à l'écart de l'Opposition n'est pas républicaine.», «un acte anti-démocratique qui est très inquiétant pour le reste du mandat», «un symbole du rejet de l'Opposition», «je trouve que cette façon de procéder est extrêmement choquante».
L'ancienne maire en chantre de la démocratie ! On aura vraiment tout vu.
Serge Blanco, lui, écoute patiemment, mais tranche : «Sans manquer de respect, il y eut une mandature qui s'est passée ces six dernières années. Elle a été ce qu'elle a été et la Socomix et l'Hôtel du Palais ont été des points d'achoppement, c'est-à-dire que l'Opposition de l'époque était contre les faits et contre l'évolution qui était donnée peut-être à l'Hôtel du Palais, à la Socomix. Moi je vais trancher. Et il me semble aujourd'hui qu'il n'est pas possible, par rapport à une Majorité qui a gouverné pendant six ans, de revenir et de repartir à la charge pour essayer de sortir de l'écueil l'Hôtel du Palais (…) Sachez aussi qu'à aucun moment nous ne cacherons quoi que ce soit. Nous serons dans une vision de partage.».
Monsieur Chazouillères, autre vierge effarouchée de la soirée, prend un ton docte pour contester la mise à l'écart de son ex-patronne. Sans succès.
Puis arrive la délibération sur la SEM des Golfs de Biarritz ! Vexé comme un pou de n'avoir pas été à son tour retenu, monsieur Chazouillères donne de la vierge effarouchée numéro trois en la personne de monsieur Saulnier pour défendre son cas. Cas désespéré ? Semble-t-il.
La nouvelle adjointe aux Sports, Nathalie Destandau, ne se laisse pas impressionner et déclare : «Comme pour la Socomix, je pense que c'est ici le manque de transparence du passé qui nous pousse à agir ainsi. Il y a eu pour la Socomix - on l'a dit - un déclassement du Palais dont personne n'a eu écho et il y a pour cette SEM du Golf des mouvements anormaux d'entrées, un club de golf où on a une liste d'attente à cinq ans... On a eu de très nombreux mouvements qui nous ont été ramenés, donc c'est des mouvements d'ailleurs qu'il faudra étudier, je pense, quand cette SEM siègera. Il y a un manque de transparence qui fait qu'aujourd'hui puisque c'est une possibilité de faire cette élection à la majorité absolue des suffrages exprimés, c'est notre façon aussi de marquer une rupture avec une certaine façon de procéder qui n'est pas la nôtre.».
Monsieur Chazouilleres - chez lequel on devine quelques trémolos - sort à son tour les rames pour sauver sa tête, geint et «ne voit pas en quoi il y a eu un manque de transparence». L'audit qui aura lieu risque, dans quelques mois, de le lui faire comprendre.
Serge Blanco conclut : «Monsieur Chazouillères a présidé cet organisme pendant six ans. Nous, nous pensons aujourd'hui qu'il est grand temps de pouvoir changer et d'amener quelqu'un de différent. Voilà. Donc à partir de là, nous sommes aujourd'hui dans une vision de redéploiement, d'agrandissement, de visions différentes.».
Madame Arosteguy voit que les sièges filent entre leurs doigts comme le sable de la Grande-Plage : «Si vous n'êtes pas confortable avec la présence de monsieur Chazouillères, on peut proposer quelqu'un d'autre, mais s'il vous plaît, n'écartez pas les oppositions !».
Là voilà qui sacrifierait sans une once d'amertume son fidèle colistier ! Que n'a-t-elle proposé cette option pour son propre siège à la Socomix du Palais ?
Pendant qu'ils bataillent comme des chiffonniers pour ne pas avoir à abandonner un siège qu'ils pensaient leur être dû ad vitam aeternam, il est intéressant de savoir si, lors du mandat Arosteguy, la présence assidue des élus d'opposition dans ces SEM et EPIC a pu leur permettre d'être mieux informés sur les projets, la stratégie déployée, les pratiques en cours, ou encore d'avoir accès aux comptabilités et aux dossiers techniques.
En effet - toujours au dernier mandat - est-ce que les élus d'opposition d'alors, Patrick Destizon à la Socomix de l'Hôtel du Palais, Corine Martineau aux Golfs de Biarritz, Sébastien Carrère à Biarritz Tourisme, Guillaume Barucq à Biarritz Océan, ont-ils pu peser véritablement pour modifier la politique imposée par la maire ou être de vigilants scrutateurs pour empêcher des dérapages au sein des structures précitées ?
C'est bien regrettable de le dire, mais la réponse est non.
Car si une Majorité ne joue pas le jeu de la transparence et bien... en être ou pas ne sert à rien, sauf à nourrir sa propre vanité ou son besoin de visibilité médiatique.
Pour autant - et c'est important de le noter - on ne sent ni animosité, ni esprit revanchard chez les élus de la Majorité, malgré tout ce qui a pu circuler pendant la campagne contre les personnes de Serge Blanco, Jean-Baptiste Dussaussois Larralde et leurs colistiers respectifs.
Quant au groupe Biarritz Berri composé de Ana Ezcurra, Beñat Jaureguy et Volcy Boilevin : l'on peut constater une opposition qui cherche à instaurer une relation respectueuse et travailleuse.
Ce contraste fait du bien face aux gesticulations affolées du banc arosteguien, lesquelles les mèneront à leur départ précipité - coup d'éclat prémédité ? - et qui auront fait rire la ville entière.
Le maire Serge Blanco témoigne quant à lui d'un comportement ferme mais posé, et dégage une force tranquille.
En tous cas, sur cette affaire des attributions de sièges, on ne peut qu'applaudir des deux mains la marque de rupture avec le système Arosteguy.
