HÔTEL DU PALAIS : DISSIMULATIONS ET TROMPERIES

Au lendemain de l'élection du 22 mars, nous pensions sincèrement pouvoir poser la plume pendant quelque temps, après deux ans d'intense travail à informer nos amis les Biarrots.

Mais il fallait compter avec deux choses : l'ouverture des placards et le secouage des tapis en Mairie de Biarritz. En effet, ouvrir un placard en mairie équivaut maintenant à trouver quelques cadavres, et soulever un tapis permet d'y mesurer l'épaisseur de la poussière qui y a été mise depuis 2020.

À l'heure où nos nouveaux représentants prennent pied à l'Hôtel de Ville, nous avons une pensée compatissante face à l'ampleur de la tâche qui les attend.

C'est déjà un travail considérable de se familiariser avec le fonctionnement d'une mairie, alors lorsqu'il faut, en plus, faire face aux cadeaux empoisonnés laissés par la majorité sortante..!

Et si nous parlions de l'un d'entre ceux-là qui n'est pas le moindre : le retrait du label «Palace» à notre fleuron biarrot l'Hôtel du Palais ?

Révélée à tous par le vigilant Biarrot Jean-Yves Viollier, il faut bien dire que cette nouvelle est tombée comme une bombe.

Si nous, Biarrots, n'avons pas attendu que l'on nous attribue cette appellation pour savoir que le Palais est un hôtel grandiose, pour autant il est important concernant ce type d'établissement de pouvoir revendiquer une telle reconnaissance afin de s'assurer une clientèle haut-de-gamme, disposée à séjourner et à consommer dans un lieu dont la charte tarifaire est à la hauteur de sa splendeur.

Une fois l'évidente déception encaissée, une question s'impose : comment expliquer que ce retrait ait été opportunément dévoilé pile après les élections municipales ?

Qui, en Mairie de Biarritz, était au courant et en a tu la nouvelle ?

Madame Arosteguy en était-elle bien informée, avant nous tous, et a-t-elle préféré taire cette information qui démontre sa mauvaise gestion pour ne pas que ça lui nuise dans les urnes ?

Le calendrier électoral a-t-il donné lieu à de la dissimulation par la candidate à sa réélection ?

Y a-t-il eu complicité avec Hyatt dans cette omerta ?

Car à quel moment la direction de Hyatt - et plus particulièrement son directeur Vincent Poulingue - en ont-ils été informés ?

À ce sujet, il remarquable que monsieur Poulingue quitte simultanément le Palais à l'annonce de sa perte d'appellation «Palace» et rejoint dans la foulée le «Mandarin Oriental Paris» - lequel, accessoirement, a également vu le retrait de son label Palace : on comprend ainsi aisément que les négociations de son transfert se sont forcément déroulées auparavant, sur plusieurs mois. Autre preuve que le déclassement de l'hôtel était connu depuis longtemps.

Se poser des questions c'est bien, en chercher les réponses c'est mieux.

Sauvegarder Biarritz a donc mené l'enquête pour savoir quand le renouvellement du label a été étudié par Atout France qui est, rappelons-le, l'organisme qui attribue le précieux sceau.

Les procédures de renouvellement étaient déjà en cours en avril 2025, avec des commissions d'attribution programmées et des décisions attendues après examen des dossiers. Ça, c'est certain.

Cette nouvelle est donc dans l'escarcelle de madame Arosteguy depuis de longs mois.

Puis les dossiers ont été étudiés sur un temps long, car l'organisme émetteur du noble sésame - Atout France - a durci ses critères et même la durée du label qui était auparavant de cinq ans et qui a été réduite à trois ans.

Ce qui serait officiellement en cause ? L'état du Spa impérial.

Dans les 142 chambres et suites que compte le Palais, 26 unités n'auraient pas reçu un rafraîchissement récent.

Nous verrons plus loin que ces arguments auraient pu être contrecarrés par des actes dont madame Arosteguy aurait pu et dû être la cheville ouvrière.

Mais faisons tout d'abord, si vous le voulez bien, un court et récent historique.

En 2011 - nous sommes sous le dernier mandat de Didier Borotra -, l'Hôtel du Palais obtient la distinction «Palace» alors même qu'elle vient d'être créée par l'État, sous la direction de «Atout France».

Ils ne sont pas nombreux à pouvoir se vanter d'arborer ce prestige : seuls huit hôtels sont retenus et l'Hôtel du Palais devient le seul établissement de la côte Atlantique à le revendiquer fièrement.

Malgré son état général d'alors qui montrait une fatigue certaine après des années de raccommodage plutôt que de rénovation, malgré sa gestion qui était en ce temps-là municipale et ne bénéficiait donc pas de l'étendue d'un fichier client ou de communication d'un grand groupe, malgré l'état du Spa impérial qui était peu ou prou pareil à celui d'aujourd'hui... malgré tout cela, «Atout France» avait accordé sa confiance à l'institution biarrote.

Entre-temps, un spécialiste de l'hôtellerie - Hyatt - a posé son expertise sur le Palais et pas moins de 80 millions d'euros ont été investis pour lui redonner sa sécurité et son faste.

Lieu central du G7 qui se tient en 2019 à Biarritz, il accueille les grands de ce monde pour des échanges diplomatiques. Ce sera, depuis l'arrivée de Napoléon III et d'Eugénie de Montijo en notre petit port de pêche d'alors, l'événement le plus important que notre ville ait connu.

À analyser ce déclassement, on comprend que ce dossier n'a pas fait l'objet d'une véritable préoccupation de la part de la Majorité précédente, et il faut y lire plusieurs raisons :

1) madame Arosteguy - dont l'obsession d'être reconduite à son fauteuil de maire l'a éloignée de la gestion de sa ville et de ce sujet en particulier. La maire sortante n'aura pas impulsé les travaux du spa, alors qu'à quelques enjambées un concurrent majeur du Palais offre une thalassothérapie. Nous constatons, avec effroi, tous les jours et dans toute la ville, les manquements de celle qui fut maire.

Rappelons que madame Arosteguy était donc tout à la fois maire, présidente de la Socomix de l'Hôtel du Palais et présidente de Biarritz Tourisme, concentrant ainsi sur sa personne les trois casquettes privilégiées pour connaître, avant tout le monde, cette funeste rétrogradation.

Elle ne peut prétendre aujourd'hui n'avoir pas été mise au courant car cela voudrait sinon caractériser un mépris à son encontre.

2) Geneviève Fontaine - la directrice générale de l'Office de Tourisme - a été empêchée, par la personne précitée, d'assurer sa mission dans un cadre paisible et légal. Tout Biarritz le sait maintenant : les pressions aboutissant à son harcèlement ont mené à un sévère burn-out. Il est évident que si elle avait été respectée dans ses fonctions et était donc demeurée présente, cette véritable professionnelle du Tourisme serait probablement montée au créneau chez «Atout France» pour infléchir sur la décision finale.

3) Enfin Richard Tardits - sa démission en février 2025 de la Majorité Arosteguy, et donc de son poste d'élu chargé du Tourisme, a immanquablement créé un vide dans ce secteur qui représente un axe majeur de la vie économique de notre ville.

On le sait, la nomination en mars 2025 du conseiller municipal Éric Quatre Vieux ne témoigne pas d'une politique ambitieuse, mais plutôt d'une petite gestion des affaires courantes jusqu'à la fin du mandat. Sa nouvelle charge n'avait même pas été rajoutée à la liste de ses fonctions sur le site internet de la Ville de Biarritz. C'est dire...

Faut-il donc s'étonner - en l'absence de ces trois pôles défenseurs essentiels de la Ville - que l'Hôtel du Palais se voie dessaisi de son label d'excellence dont l'importance, pour l'activité touristique du Pays Basque tout entier, est primordiale ? Pas vraiment.

Au dernier conseil municipal du 16 avril, madame Arosteguy s'étouffait de voir disparaître son petit siège - qu'elle détenait depuis 2008 - au conseil d'administration de la Socomix du Palais et réclamait : «Y a-t-il des choses à cacher à l'opposition ?». Comique, n'est-ce pas, venant de la part de celle qui durant son mandat n'aura eu de cesse de cacher aux Biarrots et aux élus d'opposition des informations de premier ordre qui leur étaient pourtant dues.

En réponse à cette loufoque question, l'adjointe en charge «des grands projets et de la fondation Biarritz» Nathalie Motsch, lui réplique aimablement : «Alors il n'y a pas de choses à cacher à l'Opposition et vous savez que à la différence de certains qui n'ont pas su jouer le jeu de la transparence, j'en veux pour preuve que nous avons appris en même temps que l'ensemble des Biarrots, que l'Hôtel du Palais avait perdu le label Palace, il me paraît étonnant que ça n'ait pas été porté à la connaissance du conseil d'administration de la Socomix avant. Nous l'avons découvert.».

En connaissance de tout ce qui précède, on peut donc légitimement s'interroger sur la désinvolture d'abord et les cachotteries ensuite de madame Arosteguy et de son camp.

On pouvait aussi s'attendre, face à l'évidence de son incompétence et de son cuisant échec, que madame Arosteguy fasse profil bas. Mais c'était trop espérer.

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