VILLA FAL : TROISIÈME VENTE-DILAPIDATION DU MANDAT AROSTEGUY

Cette vente constitue un des points majeurs du mandat qui ne permettra pas aux Biarrots de reconduire leur confiance à la maire sortante. Une faute politique qui pèsera lourd dans la liste des griefs contre cette actuelle Majorité.

Dans une politique à très courte vue, une cession peut satisfaire car elle permet de renflouer les caisses de manière rapide. Mais dans une politique de bon gestionnaire, la cession d'un bien d'exception est non seulement un mauvais placement, mais aussi une très mauvaise affaire dans la stratégie d'une ville car cela ne lui permet pas d'engager de futurs projets d'ampleur.

Consciente des effets dévastateurs déclenchés sur l'opinion biarrote dès qu'elle révéla sa funeste idée de vendre ce bout d'histoire de la ville, madame Arosteguy agitera longtemps la possibilité de recourir à la formule d'un BEA (Bail Emphytéotique Administratif) sans jamais rendre pratique cette option. Ce n'était en fait qu'un leurre, un de plus.

Cette extravagance inepte de dilapider ce joyau municipal a dû s'appuyer sur une légende, savamment entretenue et largement propagée par la Majorité municipale, pour laisser accroire que la Villa Fal était très dégradée. Occupée par le QG de sécurité pendant la période du G7, elle fut nettoyée de fond en comble par les forces de l'ordre, ce qui nous permit, quelques semaines plus tard, de constater l'étonnant bon état général du lieu. Pas de problèmes structurels, seuls quelques aménagements à remettre au goût du jour étaient à envisager et une adaptation plus ou moins luxueuse selon l'activité à venir.

Laisser à la fois les herbes folles pousser, trois marches bien apparentes cassées et les volets à la peinture écaillée, pour faire ainsi gober aux Biarrots une décrépitude de la bâtisse et du parc, ne fut pas très fair-play. Il est patent que cette fable a été cultivée pour justifier l'invraisemblable aliénation d'un site qui n'aurait jamais dû quitter le patrimoine communal.

Puis arrive ce 30 janvier 2023 où, en conseil municipal, le lauréat à l'achat de la Villa Fal - Hemera Parrou-Duboscq - est dévoilé par madame Arosteguy et son adjointe Maud Cascino.

Retenons que quand le collectionneur Francisco de Yturbe bâtit cette villa au style palladien, il était probablement loin d'imaginer que ce lieu abriterait un jour des bureaux à la location.

Grandeur et décadence pour cette Villa qui développe 1.500m2 et finalement bradée à un privé pour 2 millions d'euros.

Cet abandon de la Villa Fal par la municipalité Arosteguy fut dénoncé par les élus d'opposition, tant de gauche que de centre-droit, chacun d'eux intervenant pour marquer sa ferme désapprobation :

-Guillaume Barucq évoquera une «spoliation du patrimoine» et que «là où vous passez, l’herbe ne repoussera pas», alors qu'il nourrissait le projet ambitieux d'une «Villa Médicis biarrote» qui aurait permis à notre ville de rayonner culturellement.

-Brice Morin, désabusé, avertit : «On cède, pour ne pas dire on se débarrasse, du foncier public à des organismes privés alors qu’on pourrait leur mettre à disposition pour développer leur projet tout en gardant la maîtrise du patrimoine foncier collectif pour les futures générations» et «Souvenons-nous de ceux qui voteront pour la vente de la Villa Fal». Oh que oui !

-Corine Martineau parlera de «grande braderie» et développera que si le but à atteindre était d'en faire des bureaux locatifs, la ville aurait pu rentabiliser à vitesse grand V le lieu, avec un modique investissement. Défendant avec vigueur le patrimoine communal, elle martèle : «La vente précipitée de la Villa Fal a transformé une opportunité municipale en un symbole de l’opportunisme immobilier, laissant échapper une chance unique de promouvoir l’art et la culture au profit d’intérêts financiers.».

-Sébastien Carrère sait l'usage qui sera fait du produit de la vente et alerte  : «une fois que c'est vendu, on va consommer donc le produit de la cession en un an ou 2 budgets ou exercices et ça sera terminé.».

-Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde s'interroge et s'agace : «Quelle brillante idée vous a amenée à envisager le déclassement du domaine public de la Villa Fal ? Ce ne sont pourtant pas des idées et des besoins qui manquent pour imaginer l’implantation de services publics sur notre territoire pour les Biarrots.».

Que les Biarrots sachent que face à la cherté de la côte immobilière, il sera désormais impossible à la Ville de Biarritz d'acquérir une propriété équivalente. Les legs et dons, tels ceux qu'a pu connaître notre ville, sont bien des choses du passé. D'où l'importance d'être très parcimonieux quand il s'agit, pour la ville, de vendre. Les maires ne sont que des passeurs censés transmettre, pas dilapider.

Tous ceux qui connaissent la Villa Fal savent qu'elle ne pouvait accueillir qu'une initiative publique en faveur de la Culture et/de l'Éducation : des bureaux en location n'entrent - évidemment - pas dans aucune de ces deux thématiques.

Alors, la ville - consciente de l'aspect dérisoire de son choix - a «vendu» aux Biarrots un lieu culturel pour «la Mode et le Design» pensant faire avaler la pilule à ces derniers. Nous le verrons, cette mystification d'activité en lien avec «la Mode et le Design» sera très rapidement effacée pour répondre aux préoccupations économiques des propriétaires-exploitants.


Quand, en passant devant la Villa Fal durant la période de travaux, nous avons vu accroché aux grilles un gigantesque panneau engageant des personnes à louer des espaces de «coworking», nous n'avons pas résisté à appeler le numéro affiché.

Car vous pensez bien que nous nous sommes interrogés sur le sens de cette annonce publicitaire publique relative à un lieu censé ne recevoir que des professionnels en lien avec «la Mode et le Design» !

Nous n'avons pas été déçus : la personne en charge des locations des espaces chez Hemera nous a informés, alors que nous lui indiquions être dans une toute autre filière, que «ce n'était pas grave» et que «toute activité est en lien avec la création» en terminant que cela n'est «Pas un critère indispensable». Scandale !

Confirmation de ce que tant de Biarrots soupçonnaient : quand les exploitants tiennent un client, ils ne le lâchent plus !

Depuis lors, Hemera propose aussi la location de ses espaces pour des séminaires, conférences, réunions et réceptions.

Dans le Biarritz Magazine de nov-déc 2024, les Biarrots lisaient un encart qui ressemblait davantage à de la propagande qu'à de la rédaction informationnelle et nous avions à nouveau confirmation qu'«un pôle d’excellence dédié aux entreprises de la mode et du design» allait bientôt ouvrir.

Madame Arosteguy y clame : «Biarritz va ainsi renouer avec son histoire d’amour avec la mode» et qu'«Il était urgent de sauver ce patrimoine emblématique de notre ville».

«Histoire d'amour» voilà qui est flou, pour ce qui est de l'histoire économique... Nous craignons que les faits lui donnent tort. «L'urgence» pour madame Arosteguy n'a pas été de «sauver» la Villa Fal mais bien de la solder. L'histoire retiendra qu'elle aura été la maire qui a vendu la Villa Fal.

Alors non il ne s'agit pas, comme on a pu l'entendre dire par l'adjoint Chazouillères, de «valoriser un patrimoine», mais d'une vulgaire et définitive cession. Il faut un culot assumé pour faire une telle déclaration. La définition de valoriser étant «faire prendre de la valeur à quelque chose», ce mot est à remiser concernant ce triste bazardage.

Au conseil municipal du 7 juillet 2025, Guillaume Barucq a justement interpellé madame Arosteguy : «vous avez inauguré il n'y a pas longtemps la Villa Fal, que pourtant on a vendu, donc je ne sais pas ce que vous faisiez là-bas alors qu'on sait que vous nous avez bradé cette villa (…)». On se demande en effet ce qu'elle pouvait y fêter.

Encore une inauguration biarrote qui s'apparente davantage à un De Profundis qu'à un Youpi de joie.

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