STATIONNEMENT À BIARRITZ : LA COUPE EST PLEINE
Après le dossier de ce matin dédié au stationnement-recharge pour véhicules électriques, voici notre analyse : le stationnement est un des points noirs MAJEURS du mandat Arosteguy.
À la fois discriminatoire au portefeuille, nocif au commerce de proximité, peu en phase avec les besoins des habitants et carrément confiscatoire envers tous les automobilistes, ce sujet aura enflammé Biarrots, locaux et touristes.
En effet, ces trois catégories précitées sont aujourd'hui prises au piège d'une ville qui a utilisé le levier du stationnement pour se remplir les poches, alors que c'est un service qui doit être proposé et non pas un coup de bambou imposé.
Stationnement de voirie ou stationnement en souterrain, nous assistons donc, à Biarritz, à un véritable hold-up au cours du mandat 2020-2026.
Hold-up qui a considérablement modifié le profil des visiteurs du centre-ville où, il faut bien le dire, il est devenu beaucoup plus rare de croiser le Biarrot de quartier, le Biarrot modeste, le Biarrot n'habitant pas le centre-ville.
Face à cela, certains d'entre eux ont choisi le vélo - à condition d'avoir la forme physique, l'âge qui convient, le budget pour s'offrir un vélo électrique et l'envie de souvent subir les intempéries -, alors que d'autres ont basculé sur les deux-roues motorisés.
Et là, il y a un hic. Et quel hic ! Les arceaux à vélo sont pris d'assaut et les places deux-roues en nombre bien insuffisants conduisent leurs propriétaires à se garer bien trop souvent en fraude - sur les trottoirs - gênant la devanture des commerces et le passage des piétons.
Vélos «normaux», vélos électriques, vélos cargos, scooters, motos et voitures : manque plus que des soucoupes volantes et le tableau sera complet.
Les places de stationnement de voitures sont, elles, peu à peu grignotées en faveur des deux-roues ! On rajoute donc du problème au problème, là où une autre approche est à privilégier.
C'est le cas typique d'une politique du stationnement non-réfléchie, improvisée et subie par tous.
Penser la circulation et le stationnement dans une ville ne se fait pas sur un coin de table, entre deux cafés. Cela se médite, avec sérieux, en présence de personnes d'expérience et ayant compétence en la matière.
Quant au touriste, il ne faut pas le considérer comme un cochon de payeur. Visiteur d'un mois, visiteur occasionnel ou visiteur d'un jour, il doit aussi être respecté. Et il faut savoir que ce que l'on ponctionne à celui-ci à l'horodateur, ne sera pas dépensé dans nos commerces et chez nos restaurateurs biarrots. C'est donc un mauvais calcul ourdi par la maire Arosteguy, ainsi qu'un mauvais tour en direction de l'activité commerçante et des indépendants.
Sans oublier les Biarrots «d'avant», ceux que le conseiller municipal d'opposition Brice Morin nomme si justement «les Biarrots des champs» qui subissent la double peine. Ayant été dans l'obligation de quitter leur ville de naissance ou de cœur face à l'impossibilité de se loger, ceux-ci sont encore pénalisés quand ils viennent consommer, se promener ou profiter de leurs plages à Biarritz.
Car c'est ça le tarif préférentiel aux Biarrots : une inégalité envers nos circonvoisins. Il est alors à envisager - à ce prochain mandat - un autre tarif, certes un peu majoré par rapport à celui accordé aux Biarrots, que l'on pourrait appeler «le tarif Agglomération» qui reconnaîtrait certains droits à ceux qui habitent à proximité de Biarritz, sans avoir les moyens d'y vivre.
Il est à regretter cette politique de repli sur soi qui avait déjà été dénoncée en 2023 par le Biarrot Serge Istèque - ancien président de l'Office du Commerce et de l'Artisanat de Biarritz - dans une «lettre ouverte». En effet, lorsque Bayonne a opté pour l'entrée payante aux Fêtes de Bayonne à tous ceux qui ne sont pas Bayonnais, et qu'Anglet a décidé de la gratuité du stationnement pour les Angloys, Serge Istèque avait prévenu que «Le repli de chaque commune sur elle-même serait fatal !». En effet, peut-on encore penser seulement «ville» ? Ne faudrait-il pas penser davantage «agglomération» ?
En cette période d'élections municipales, nous assistons à une course effrénée à qui va distribuer le plus aux Biarrots, faisant fi de cette fraction de non-Biarrots mais habitants de l'agglomération. Alors, certes, ils ne votent parfois plus à Biarritz et ne sont plus à amadouer ou à séduire, mais ils contribuent largement au dynamisme et à l'activité de la ville.
Au cours de la campagne des Municipales de 2020, les Biarrots ont été trompés sur les intentions de la liste Arosteguy.
Alors candidate, madame Arosteguy avait promis la création de deux parkings - à Floquet et à Biarritz-Sud -, la gratuité hors-saison du stationnement tous les mercredis après-midi et tous les jours après 16h30, et enfin d'étendre le maillage des navettes gratuites. C'était une bonne approche et des promesses qui ont séduit, mais nous assistons aujourd'hui à une tout autre réalité.
Sous le mandat Arosteguy, les tarifs de stationnement de voirie et souterrains ont été considérablement augmentés, aucun parking n'a été seulement envisagé et encore moins créé, les gratuités de stationnement en après-midi ont été reléguées aux oubliettes et une grande inégalité entre Biarrots demeure avec des quartiers toujours non-desservis par les navettes gratuites.
Comme si tout ce qui précède ne suffisait pas en termes de renoncements, madame Arosteguy a renouvelé les contrats de gestion avec l'exploitant Indigo, alors que ce dernier a augmenté les tarifs sans améliorer son service, en installant par exemple des WC qui fonctionnent (!), sans assurer l'entretien (peinture et nettoyage), sans instaurer une sécurité tant pour les véhicules que pour les personnes.
Cette décision absurde de reconduire le contrat avec Indigo, alors que le choix d'une régie municipale aurait permis à la Ville de décider de sa politique tarifaire, de revitaliser le commerce de proximité, tout en engrangeant de larges bénéfices, démontre l'amateurisme de madame Arosteguy et de ses comparses.
Se faire de l'argent sur le dos des Biarrots, voilà ce qui intéresse cette Majorité municipale.
Voici les intentions des candidats à la Mairie de Biarritz :
Madame Arosteguy, après avoir racketté pendant tout ce mandat les Biarrots, ose ressortir sa liste de promesses de création d'un parking souterrain, de baisses du prix de stationnement et de renforcer les navettes gratuites, sans indiquer toutefois dans quels secteurs de la ville ! Mais qui peut encore la croire ?! Ses mauvaises actions au cours du mandat sont là et les faits sont têtus.
Guillaume Barucq dit vouloir «remettre totalement à plat la politique du stationnement» en révisant les tarifs et veut instaurer des rues résidentielles avec stationnement gratuit pour les habitants. Il préconise aussi la création de plusieurs - au moins trois - parkings-relais gratuits en périphérie de ville, reliés au centre-ville grâce à des navettes gratuites.
Il dit aussi vouloir renégocier avec l'exploitant Indigo la réservation de places de stationnement en souterrain pour les habitants et les professionnels du centre-ville.
-Serge Blanco veut réguler «l'accès des véhicules au centre-ville en privilégiant les Biarrots» et instaurer «un stationnement plus contraint aux non-Biarrots».
Il envisage «la création de deux nouveaux parcs de stationnement de délestage aux entrées de ville» et souhaite développer l'usage des navettes avec des passages tous les 20 minutes.
Le candidat ne souhaite pas favoriser le stationnement de surface, préférant rendre cet espace aux piétons et aux cyclistes et ambitionne aussi qu'à partir de 2031, la Ville reprenne la gestion des parkings souterrains pour y privilégier le stationnement des résidents. La politique tarifaire serait aussi revue.
-Jean-Baptiste Dussaussois Larralde acterait la sortie du contrat qui lie la Ville à Indigo pour passer les parkings souterrains en gestion municipale avec des tarifs minorés et adaptés aux habitants, commerçants et organisateurs d'événements.
Il indique souhaiter créer un parking-relais à proximité du centre, et s'engage à la création d'un parking silo végétalisé à Floquet et de 1.200 places de stationnement, toujours en silo, à Aguilera et Iraty.
-Ana Ezcurra favorise nettement les mobilités douces, c'est-à-dire la marche à pied et le vélo, les transports en commun avec l'extension de la ligne T1 et un déploiement plus important des navettes gratuites. Pour les automobilistes, elle prévoit des emplacements courte durée devant les commerces, des zones réservées aux résidents et des parkings-relais.
-Richard Tardits déclare vouloir remettre «du bon-sens» et «harmoniser le stationnement résident» là où, aujourd’hui, nous comptons des zones dans lesquelles les tarifs ne sont pas les mêmes pour tous les Biarrots.
Il mettrait en place une «clarification des trois heures gratuites en centre-ville» et se dit en faveur de parkings-relais qui relieraient le centre-ville grâce à des navettes fréquentes et régulières.
Chez la plupart des candidats, on voit l'envie de mettre en place un système qui privilégie le piéton et le cycliste, souvent - il faut bien le dire - au détriment de l'automobiliste.
Une politique écologiste, c'est bien et c'est à l'avantage de notre planète, cela va sans dire. Mais il faut aussi se méfier de ce piège et mener une politique réaliste avec une population biarrote dont la fraction de seniors est supérieure à la moyenne nationale et où la courbe des âges nous indique un vieillissement croissant de la population.
La politique d'inclusion et du handicap oblige nos élus à adapter notre mode de stationnement à cette réalité démographique, mais aussi au relief de notre ville. Sans cela, nous condamnerions ces personnes à rester chez elles et à disparaître du paysage biarrot.
Un travail de fond s'impose donc pour varier les options de déplacement, sans exclure, sans œillères, et sans céder aux phénomènes de mode.
