SOYEZ FAIR-PLAY : RESPECTEZ LE CHOIX DES BIARROTS...

Parfois, dans la vie, il est bon - et même souhaitable - de faire profil bas. Pour soi et pour les autres.

Faire preuve d'humilité, de modestie, c'est aussi démontrer de l'intelligence.

Pourtant, au lendemain du deuxième tour des élections municipales, le camp Arosteguy montre un visage de mauvais perdant qui tranche avec la classe affichée en 2020 par Michel Veunac et ses colistiers à l'annonce de leur défaite.

Depuis la proclamation des résultats, on peut en effet lire sur les réseaux sociaux - tant chez les anciens et nouveaux colistiers de madame Arosteguy que chez ses soutiens et thuriféraires - qu'en élisant Serge Blanco, les Biarrots auraient cédé au «marketing et à l'image», qu'ils auraient voté pour «une illusion», qu'ils auraient succombé à une «désinformation», et même que cette élection serait «encore une victoire masculiniste».

Quant à leur avis sur la sortante, on lira qu'elle a «tant oeuvré pour Biarritz» et mérite des remerciements pour «le travail accompli», qu'elle a eu «l'intérêt commun chevillé au corps», flattant son «ouverture d'esprit», ou encore qu'elle aurait été «critiquée parce que femme».

En bref - selon ces derniers -, le choix exprimé par les Biarrots serait dû non pas à une volonté raisonnée mais à une manipulation. Et leur refus de prolonger pour un second mandat madame Arosteguy traduirait leur incompréhension d'un bilan qui, selon eux, serait pourtant positif.

C'est tout de même fabuleux d'être à ce point dans le déni.

On peut aussi noter, avec un certain effarement, qu'ils sont nombreux dans la majorité sortante à n'avoir pas adressé les félicitations républicaines d'usage au maire élu et son équipe, ni non plus aux élus issus de la liste Biarritz Berri-Nouvelle Vague qui siègeront pendant sept ans dans l'Opposition.

Quant aux autres Biarrots respectables qui ont figuré sur les autres listes, ils ne sont même pas évoqués.

Ainsi, pourtant si prompts à communiquer pour un oui ou pour un non durant toute cette campagne, les candidats et supporters de madame Arosteguy n'auront pas trouvé nécessaire de se soumettre à cet exercice respectueux.

Reste que pour l'équipe de la majorité sortante, ses nouveaux colistiers et ses soutiens qui l'ont accompagnée dans cette périlleuse aventure, l'heure de l'examen de conscience est arrivée.

Il n'est pas bon de ne pas analyser une défaite au risque de reproduire les mêmes erreurs.

Car oui, il y a plusieurs façons de perdre une élection quand on est maire sortant.

On peut avoir déjà rempli plusieurs mandats et avoir lassé par sa longévité politique, on peut être la victime d'une vague nationale plutôt préférable à une autre tendance politique que celle que l'on porte, on peut pâtir d'un concurrent ayant un programme très attractif, on peut souffrir de divisions dans son propre camp, on peut avoir conduit une trop courte ou une mauvaise campagne.

Dans le cas biarrot, ce n'est pas ce qui s'est passé.

Si madame Arosteguy a perdu son siège, ce n'est pas à cause de personnalités clivantes présentes sur sa liste ; il serait injuste de leur faire porter à elles seules le chapeau.

Si madame Arosteguy a perdu son siège, ce n'est pas sur un autre constat des Biarrots éclairés que celui de son bilan.

Un bon nombre de personnes ayant porté la candidature de madame Arosteguy persiste à refuser d'admettre ce bilan. Sont-ils dans le déni ou feignent-ils de ne pas voir les dommages causés ces six années passées ?

Le mandat 2020-2026 a été destructeur pour notre ville, accumulant mauvaises décisions, actes irréversibles et conduites condamnables.

Faut-ils les rappeler ? Gouvernance erratique, gestion contestable des deniers publics, dilapidation du patrimoine, seniors oubliés, agressions verbales envers les élus, discrimination de Biarrots «mal-votants», tarification de stationnement et choix de voies de circulation excluantes, gestion calamiteuse du dossier BOPB, projet de bétonnage à Aguilera, abandon de l'entretien de la ville dans sa globalité (bâtiments communaux, voirie, propreté, bassin de rétention, falaises, végétalisation), absence de politique culturelle abordable, personnel communal malmené, enlaidissement urbain assumé, politique sociale critiquable, sans oublier les cinquante promesses rompues se trouvant dans le programme de 2020.

Quant à la méconnaissance de la maire Arosteguy des lois et des règles qui régissent une ville - en l'occurrence le Code général des collectivités territoriales -, il est invraisemblable qu'à répétition elle se soit fait donner la leçon par les élus de l'Opposition, sous l'oeil candide de ses administratifs tout aussi ignorants qu'elle.

Depuis dimanche, il nous est fait état de nouveaux litiges que madame Arosteguy avait ouverts avec le personnel communal et les Biarrots, entraînant toujours plus de frais d'avocats payés par la municipalité, c'est-à-dire avec nos impôts.

N'existait-il pas un meilleur usage de cet argent public ? Bien évidemment que oui.

Face aux résultats de dimanche, fruits du choix exprimé par les 14.437 électeurs qui se sont déplacés, monsieur le sénateur/conseiller départemental Max Brisson nous livre son ressenti qui sonne comme un ressentiment.

En premier lieu ce ressentiment envers les Biarrots qui n'auraient rien compris, puis un récit idéalisé totalement erroné sur une prétendue bonne gestion des finances et du dossier du Palais par la maire sortante qui aurait aussi remis en état nos crèches, nos écoles et la voirie.

Cherchant en permanence des boucs émissaires, et s’adressant à madame Arosteguy, selon les mots du sénateur biarrot l'ancienne direction du BOPB - qu'il désigne par «la famille Gave» - aurait voulu la «faire plier là où tu rappelais l'intérêt général».

C'est tout de même scandaleux de poursuivre sur cette intoxication intellectuelle, alors qu'il est prouvé que les Gave proposaient de payer la moitié et tout dépassement de la construction du nouveau stade promis en 2020 par la candidate Arosteguy, et qu'ils n'ambitionnaient aucun projet immobilier sur le plateau sportif.

Puis il est fait état de leur positionnement politique qui serait d'«extrême droite». En bloc, toute la famille Gave est étiquetée par le sénateur Brisson comme étant d'«extrême droite», interdisant de fait à chacun de ses membres de disposer de son libre arbitre. Si Charles Gave - père du propriétaire du BOPB Louis-Vincent Gave - ne fait pas mystère d'opinions politiques, il n'en est pas de même pour son fils dont on ne peut affirmer sa tendance. Preuve donc que le BOPB n'a, sous leur gouvernance, jamais fait l'objet d'une instrumentalisation politicienne.

On ne peut hélas affirmer la même chose pour l'actuel propriétaire - monsieur Pierre-Edouard Stérin - que madame Arosteguy et son compagnon George-Philip Chartier se sont empressés de faire venir au BOPB. Cela n'étonne donc pas monsieur Brisson ?

Dans ce post d'étonnantes affirmations se succèdent : que madame Arosteguy aurait un rôle dans la succession de Thierry Malandain (!?), ou encore dans une supposée relance des festivals biarrots. Méconnaissance de ces sujets, ou volonté de duper ?

Sur la question du Logement, on découvre enfin que monsieur Brisson a conscience de la difficulté, à Biarritz, d'assurer la création d'habitat à tarif modéré. On est heureux de l'apprendre. Mais que n'a-t-il tenté, à Paris, pour faire évoluer des règlements imposés par des bureaucrates ? Une telle démarche courageuse serait plus efficace pour créer du logement, plutôt que d'insulter la loi SRU qui tente de loger les 70% de Français éligibles à en relever. Priorités, quand tu nous tiens !

On en arrive maintenant au machisme... ou plutôt à ce qui est qualifié comme tel par le sénateur biarrot. Faut-il vraiment se remémorer - en 2014 - le triste sort réservé par ses soins aux femmes composant la droite locale : Maria Echevarria, Sylvie Durruty, Jocelyne Castaignède ou Corine Martineau, pour n'en citer que quelques-unes ? Non, parlons d'autre chose, n'est-ce pas ? Oui, il vaut mieux.

Enfin l'entendre disserter sur les «intérêts particuliers» est, pour le coup, un plaisir tout «particulier» que nous savourons amusés, quand on sait que son intérêt - toujours «particulier» ! - a grandement été en jeu lors de cette campagne municipale. Inutile là aussi de gloser davantage, mais tout de même... En de telles circonstances, faut oser aller sur ce terrain. Serait-il donc comme madame Arosteguy «qui-ose-tout» ?

La défaite fait partie de la vie démocratique. Elle appelle au respect du choix des électeurs, à la retenue dans l'émotion et au sens des responsabilités.

Tous ces braves gens continuent à s'auto-congratuler d'un bilan que les habitants ont massivement rejeté et ils s'obstinent à se victimiser pour obtenir notre compassion... en pure perte.

Contester ce bilan, c'est remettre en question la légitimité, non seulement de la nouvelle Majorité élue, mais aussi celle de l'Opposition qui représentent plus de 73% des électeurs biarrots.

C'est triste de ne pouvoir avouer son échec.

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