SERRES DE LA MILADY : UN SCANDALE BIARROT SUR PLUSIEURS MANDATS

C'est une histoire digne d'un scénario de film.

Vous savez, de ces films qui dépeignent la petite province avec ses travers, ses copinages, ses arrangements et ses notables. Un peu comme les Chabrol qui brossent le portrait d'une petite bourgeoisie qui tourne mal. La petite province, avec tout ce qu'elle compte comme apparences maintenues et intrigues malsaines.

Ce dossier des Serres de la Milady est, de prime abord, d'une simplicité confondante : le propriétaire d'un terrain à Biarritz souhaite vendre. Deux hectares constructibles exposés sud et situés dans un secteur stratégique de la ville - avenue de la Milady -, branchés sur tous les réseaux, à la fois à proximité du centre-ville, des plages et desservis par les transports en commun.

Simple et rapide ! D'ailleurs les acquéreurs se presseront en nombre devant cette aubaine... depuis 20 ans déjà. Oui, 20 ans !

Pour autant, leur propriétaire - Christian Gélos - ne souhaite pas les céder pour qu'il y soit construit n'importe quoi ! Pour lui, l'enjeu ne se réduit pas à une banale transaction financière - et on peut aisément le comprendre. C'est en 1857, en plein Second Empire, que cette famille de paysagistes choisit les rives de l'étang Barchalot - aujourd'hui disparu - pour y installer ses structures (serres, pépinières, écuries, forge...) et ses valeureux jardiniers qui furent jusqu'à 250 ! Depuis lors, ces installations témoignent de la présence continue et de l'enracinement de la famille Gélos dans ce quartier depuis plus d'un siècle et demi.

Christian Gélos et ses filles souhaitent donc que ces deux hectares soient mis à disposition d'un beau projet qui servira à la communauté biarrote.

Monsieur Gélos sera sollicité pour des projets : il dira «NON» à une piscine à vagues, il dira «NON» à une maison du sport, il dira «NON» à un centre commercial. Pour lui - et sa volonté doit être respectée - ce ne sont pas de beaux projets qui répondent à l'intérêt général et à ses aspirations pour cette ville de Biarritz qu'il aime tant.

En 2013 Christian Gélos décède, le jour même de l'ouverture de l'enquête publique destinée à exproprier ses terrains pour les transformer en équipements sportifs ; ses filles reprennent le flambeau et poursuivent la vente des terrains. Bien malgré elles, elles seront entraînées dans un tourbillon administratif aussi opaque qu'interminable et qui bloquera successivement chacun de leurs projets et chacun de leurs acquéreurs.

Nous avons - pour une meilleure compréhension - choisi d'accompagner ce texte par des planches chronologiques qui révèlent, sur ce dossier, un échec successif des trois derniers maires à faire de ce foncier une valeur ajoutée pour notre commune. Nous vous invitons à les lire avec attention.

Cette longue énumération révèle comment au fil des ans, à coups d’arrêtés, de modifications incessantes du PLU et de blocages difficiles à comprendre, cette famille d'horticulteurs a vu son droit le plus élémentaire - celui de décider du devenir de son propre bien - progressivement confisqué.

Face aux décisions des élus et aux obstacles administratifs répétés, les «filles Gélos» ont engagé un véritable combat pour défendre la vision et les desiderata de feu leur père quant au devenir de cette terre rare.

Procédures et expertises s'enchaînent désormais dans une spirale judiciaire aussi coûteuse qu'anormale, révélatrice d'un acharnement qui contraint les héritières à se battre, année après année, simplement pour faire reconnaître leurs droits et rester libres de donner à leur bien une destination conforme à l'intérêt du plus grand nombre.

Quant à la valeur vénale de ces deux hectares, parlons-en ! Même si les propriétaires n'ont jamais cherché à s'aligner sur les prix les plus élevés pratiqués dans le quartier, peut-on pour autant leur reprocher de refuser de brader leur bien, surtout pour des projets qui, à leur sens, n'ont aucun sens !?

Plusieurs transactions réalisées dans le secteur devraient normalement permettre d'établir, sans difficulté, la valeur foncière du quartier. Mais curieusement ces références, qualifiées par un juge «d'intéressantes», sont systématiquement écartées lors de la fixation de la valeur des terrains...

Ainsi, sur l'avenue de la Milady, à quelques dizaines de mètres seulement des Serres - sur le trottoir d’en face - le terrain qui accueillait autrefois le magasin E. Leclerc a été vendu pour plus de 1.000 € le m2 et a obtenu en 2019 son permis de construire.

Mais nous faisons face à une famille à qui la Ville, puis l'EPFL (Établissement Public Foncier Local) veut imposer son prix, au mépris de l'estimation pourtant déjà très basse des Domaines, au mépris de la côte immobilière, au mépris des ventes de biens similaires réalisées à proximité, au mépris des offres reçues par la famille Gélos.

Mais ce n'est pas ça le droit de préemption ! Du moment où les Gélos ont trouvé des acquéreurs, ces organismes publics sont dans l'obligation de préempter au MÊME prix et aux MÊMES conditions.

Pourquoi donc assiste-t-on à de tels agissements ?

On devine l'exaspération des propriétaires à qui l'on demande d’accepter une cession inférieure au cinquième de sa valeur, à l'Agglomération, via l'EPFL.

D'ailleurs, si cette valorisation était validée, se poserait dès lors la question de la valeur de tous les biens des Biarrots alentour.

On finit par comprendre qu'ici, depuis plus de vingt ans, beaucoup d'efforts sont déployés pour amener ces propriétaires à se résoudre à vendre aux pouvoirs publics à petit prix. Il semblerait que la famille Gélos, dont l'histoire est intimement liée à celle du paysage de la Côte Basque, soit ciblée.

Déjà en 1935, la Ville de Biarritz avait voulu s'emparer des Serres de la Milady dans le cadre de l'Affaire du plan d'extension de la Ville. Sous l'ère Borotra, ce sont 2 hectares de terres agricoles - les pépinières implantées à Beaurivage - qui ont été acquis par expropriation au nom de l'utilité publique et de la noble ambition de construire des logements sociaux. L'intention était louable. La réalisation, un peu plus nuancée : un hectare fut effectivement consacré à des logements sociaux... tandis que le reste - soit un hectare - fut finalement revendu à un promoteur immobilier pour la construction de logements privés.

Une curieuse conception de «l'utilité publique», qui aurait pu, à elle seule, mettre à rude épreuve la patience de cette famille d'horticulteurs, laquelle avait déjà consenti à la Ville - pour le franc symbolique, à l'époque - la cession de la rue Labordotte, afin de désengorger le quartier. Aucun recours ne fut pourtant engagé contre cette manœuvre, dont les conséquences auraient pu être lourdes.

La famille s'était simplement attachée à récupérer par voie judiciaire les centaines de mètres carrés sur lesquels l'aménageur de ce projet de logements avait quelque peu «débordé» dans le périmètre de ses travaux. Une démarche somme toute légitime... qui eut cependant pour conséquence assez singulière de voir cette parcelle, pourtant étrangère à la procédure d'expropriation, promptement classée inconstructible par nos édiles. Une coïncidence administrative qui n'aura échappé à personne.

L'épisode, à l'époque, était resté discret. Une élégance des Gélos qui, manifestement, n'a pas toujours été payée de retour.

Personne n'aura été à la hauteur de l'enjeu stratégique de ces terrains. Que de choses aurions-nous pu imaginer en ces lieux ! Tant de porteurs de projets fiables, présentés par la famille Gélos, ont été évincés pour des réalisations pourtant utiles : une résidence intergénérationnelle, une résidence en co-living pour les saisonniers, les étudiants, les actifs de passage ou les familles en transit, une crèche, un pôle médical, un pôle artistique, un groupement scolaire, un centre de formation, un jardin botanique...

À l'heure où il si important de sauvegarder l'avenir foncier de notre ville, il est invraisemblable que la maire Arosteguy n'ait pas sauté sur l'occasion pour acquérir ce sensationnel espace. Mais, direz-vous, que peut-on attendre d'une maire qui aura tant dilapidé le patrimoine communal : Villa Sion, Villa Fal, Auberge de Jeunesse, locaux de la Police municipale, parcelle de la Chapelle Impériale...

Les propriétaires des Serres de la Milady, eux subissent ce harcèlement depuis tant d'années.

Mais ils ne céderont ni aux pressions, ni aux menaces !

Menaces de fonctionnaires servant d'intermédiaires, menaces d'élus qui attendent que la famille se lasse pour récupérer à vil prix l'ensemble, menaces d'un promoteur qui attend sagement et qui a verrouillé la chose pour qu'aucun autre promoteur ne puisse s'y intéresser...

Tout cela n'est pas beau à voir, et pendant ce temps tant de projets restent en jachère, ne trouvant une issue positive faute d'espaces municipaux.

Sur cette dernière unité foncière de choix, il n'y a pas d'intention spéculative de la part des propriétaires. Seulement l'envie qu'en cet emplacement stratégique s'érige une infrastructure d'avenir qui ne soit ni une fantaisie inutile - nous aurons l'occasion de vous parler cet après-midi du projet «Ocean Start» -, ni un gouffre financier pour les deniers publics.

Nous n'approuvons pas cette situation, ni que la famille Gélos soit dans l'impossibilité de régler une succession.

Est-ce cela le droit de propriété en France ? Se voir systématiquement bloqué à coups d'arrêtés, d'interdictions, de lubies administratives, de mises de bâtons dans les roues politiques pour ne pas être autorisé à disposer d'un bien ?

Nous le disons haut et fort à tous les candidats à la Mairie de Biarritz : ce dossier n'a que trop traîné et le prochain maire se devra de soutenir les propriétaires dans leur quête de solutions équitables et profitables aux Biarrots...C'est une question d'honneur, de respect et de responsabilité vis à vis des Biarrots.




 









Posts les plus consultés de ce blog

JEAN-BAPTISTE DUSSAUSSOIS-LARRALDE : UN HOMME NEUF, CANDIDAT À LA MAIRIE DE BIARRITZ

MACHINATIONS ET TRUQUERIES À BIARRITZ TOURISME : RÉVÉLATIONS SURPRENANTES

ALGUE TOXIQUE : MISE EN DANGER DE LA POPULATION