OPACITÉ VERSUS TRANSPARENCE : ET SI LA NOUVELLE MAJORITÉ MONTRAIT L'EXEMPLE ?
Lorsque l'on se remémore le mandat 2020-2026 de la Majorité Arosteguy, on se dit qu'il est véritablement indispensable, pour la Majorité nouvellement élue, de changer de manière de gouverner. Cela ne passe évidemment pas par de seules bonnes intentions mais par des actes. Et il est d'ores et déjà facile de passer à l'acte en ce qui concerne l'information que l'on met à la disposition des Biarrots. La transparence ne doit pas seulement être un argument de communication en période électorale : elle doit se concrétiser par des initiatives claires.
Cette information ne doit pas se réduire à annoncer sur le Biarritz Magazine, sur les réseaux sociaux, ou le site internet de la Ville, la tenue de tel festival ou de telle action municipale.
Non, cette information doit engager les habitants à mieux prendre connaissance des dossiers municipaux pour savoir de quelle manière se déroulent les discussions qui mènent aux décisions adoptées.
Pour cela, les Biarrots ont la possibilité d'assister aux conseils municipaux, sur place en Mairie de Biarritz, ou bien en les visionnant en direct ou en retransmission en se connectant sur le site de la Ville. Pour mémoire, la première fois que la Ville de Biarritz a assuré le filmage des conseils municipaux date de 2014, lorsque Michel Veunac est élu maire. Cet acte important a considérablement modifié la perception des habitants qui ont, pour beaucoup d'entre eux, découvert les rouages d'une telle assemblée.
Faut-il s'en réjouir ? Oui, plutôt deux fois qu'une, car des habitants plus éclairés font des électeurs plus avertis.
À l'arrivée de madame Arosteguy et de sa Majorité aux affaires en 2020, les Biarrots étaient en droit d'espérer une nouvelle initiative forte, témoignant du respect envers eux : celle de permettre, en amont de chaque conseil municipal, la lecture de l'ordre du jour avec communication détaillée des délibérations prévues ainsi que de leurs annexes. Nous précisons bien AVANT les conseils municipaux, pas APRÈS lorsque les délibérations sont votées et que les carottes sont cuites.
Ce vœu s'est noyé dans le lot des nombreuses demandes exprimées et laissées sans réponse durant ces six années passées. Sans surprise.
Mais alors que s'installent un nouveau maire et de nouveaux élus, renaît un nouvel espoir chez les Biarrots.
L'espoir que les dossiers leur soient proposés à lecture, non pas seulement sur demande écrite, mais qu'ils soient consultables au plus grand nombre sur le site internet de la Ville de Biarritz, AVANT la tenue des conseils municipaux.
Alors, le citoyen indifférent pourrait dire «à quoi ça sert ?» d'avoir accès à des documents techniques.
Nous allons expliquer à ce sceptique imaginaire qu'il lui serait permis de connaître les détails d'un projet qui peut se réaliser à proximité de son habitation, qu'il pourrait consulter quelle subvention est versée à l'association qu'il fréquente, qu'il saurait quels travaux ont été réalisés dans l'école où il souhaite scolariser son enfant, quelle orientation est donnée au budget communal, quelles modifications urbanistiques touchent à son quartier, quelle est la politique du logement qui est appliquée, etc, etc...
Le mandat Arosteguy aura tellement entouré de mystère et d'opacité les dossiers de l'Hôtel du Palais, celui du bétonnage d'Aguilera, ou encore ceux liés aux dilapidations de notre patrimoine communal - pour ne citer que quelques exemples -, que les Biarrots ont aujourd'hui les nerfs à vif et nous disent vouloir être renseignés différemment, via une communication résolument volontaire de la nouvelle Majorité municipale.
C'est un véritable souhait qu'expriment les Biarrots.
Plusieurs candidats à ces dernières Municipales l'ont d'ailleurs compris et l'ont inscrit, noir sur blanc, dans leur programme :
-Jean-Baptiste Dussaussois Larralde avançait la «mise en place de réunions régulières et d'une page internet pour assurer la transparence sur les enjeux de la ville et sa gestion financière»,
-Ana Ezcurra, elle, célébrait une «gouvernance partagée». Sa liste Biarritz Berri, qui plaçait en page 4 de son programme le «gouverner autrement», accordait sans doute le plus d'importance à ce sujet en activant «une approche méthodologique exigeante qui conjugue association du plus grand nombre et efficacité opérationnelle. La démocratie ne s’arrête pas au vote, elle se vit au quotidien.». Une ambition «de faire de Biarritz une ville où les Biarrots participent réellement aux décisions, où la transparence est la règle» et de «garantir une information claire, accessible et transparente pour permettre à chacun de comprendre et de contrôler l’action municipale» était aussi revendiquée,
-Guillaume Barucq portait la volonté de «transparence et gouvernance exemplaire pour Biarritz»,
Les programmes de Serge Blanco et Richard Tardits ne développaient pas cette thématique à l'écrit, mais cela ne signifie qu'ils n'y accordent pas d'importance.
Quant à madame Arosteguy, sa gouvernance a suffi à nous faire comprendre ses notions sur la question de la transparence en politique.
Cette demande de partage de l'information est tellement peu absurde qu'elle est un droit. Et oui !
L'article L2121-26 du Code général des collectivités territoriales (CGCT) stipule que «Toute personne peut consulter et obtenir copie des délibérations, budget, etc.».
Quant au Code des relations entre le public et l'administration (CRPA), celui-ci préconise que «Les administrations sont tenues de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande.».
Alors, démocratie participative certes, écoute des Biarrots certes, considération des élus d'opposition certes, conseils de quartiers certes : tout est à mettre en place, et le travail à accomplir est colossal. Pas un Biarrot ne l'ignore.
Mais l'accès à des documents communaux ne doit pas être obtenu grâce à l'amabilité d'un conseiller municipal d'opposition. Il se doit d'être donné à tous afin de permettre à notre Ville de devenir exemplaire en matière d'éthique, de restaurer la confiance avec ses citoyens, tout en attestant d'une probité et d'un sens des responsabilités.
Le premier conseil municipal de ce mandat n'a pas permis cette transparence, pénalisant de nombreux Biarrots.
Espérons qu'il s'agisse là d'une omission due à la période d'apprentissage de la nouvelle équipe et de la somme de pratiques dont elle doit s'instruire, sans parler de l'héritage des trop nombreux dossiers laissés depuis longtemps en jachère par la maire sortante.
Espérons aussi que cette lacune sera rapidement réparée pour le prochain conseil du 16 avril !
