LES ROUGES AUX PORTES DE LA MAIRIE DE BIARRITZ... SELON L'AROSTEGUYSPHÈRE
Il est toujours intéressant de voir une ficelle sortir tous les six ans du tiroir. Une ficelle qui se fait un peu vieille, avouons-le. Usée, tellement usée, que l'on dirait - si elle était un peu plus épaisse - que l'on a un peu trop tiré sur la corde.
Cette vieille ficelle cache aussi une vieille rengaine qui nous explique toutes les calamités qui atteindront Biarritz si - nous les citons - par «malheur» ou «désastre» les Biarrots avaient la curieuse idée de voter pour un candidat de gauche.
La gôoooche ! Vous rendez-vous compte ? Quelle horreur !
Alors, entendons-nous bien : à écouter et à lire ces fanatiques, TOUS les candidats faisant face à madame Arosteguy, et qui de fait présentent un danger pour le maintien de sa liste au second tour, seraient d'épouvantables gauchistes-extrémistes, le couteau entre les dents. Ce qui prête à rire - il faut bien le dire - quand on connaît les opinions de certains des protagonistes ayant une place de choix dans lesdites listes...
-Madame Ezcurra serait une redoutable cycliste, ayant des accointances douteuses avec des écologistes-LFistes.
-Monsieur Dussaussois-Larralde serait un expropriateur de biens immobiliers.
-Monsieur Blanco compterait de dangereux Basques dans ses rangs et réquisitionnerait les logements.
-Monsieur Barucq serait un fervent défenseur de la nature DONC de gauche, DONC TOUS ceux qui l'accompagnent le sont aussi.
-Quant à messieurs Tardits et Fournier, ils sont littéralement oubliés par la meute arostéguienne qui doit les considérer pour du menu fretin.
On nous a déjà fait le coup en 2014, lorsqu'au second tour des Municipales Michel Veunac (allié aux candidats Guy Lafite et Guillaume Barucq) affrontait un Max Brisson (allié aux candidats Jean-Benoît Saint-Cricq et Richard Tardits).
Que n'avions-nous entendu ? «Les rouges entrent à la mairie de Biarritz !» s'égosillait le candidat même et ses troupes qui avaient travaillé des années durant, sans mot dire, avec une liste de coalition - et donc la gauche - conduite par Didier Borotra !
À ce propos, nous attendons toujours que les chars de Mao Tse-Toung entrent dans Biarritz ! Ça tarde...
Aujourd'hui, des termes surprenants, mais qui ont un air de déjà-vu, sont utilisés par la garde rapprochée de madame Arosteguy envers des personnes que l'on nous présente comme de terrifiants mangeurs d'enfants : «des escrologistes», «tous de gauche», «des séparatistes», «des gauchistes», «des verts dehors, rouge dedans», «des anarchistes», «des écolos-gauchistes», «des syndicalistes», «ils font de l'infiltration», «ce sont des gauchos», «ils ont coulé les autres villes», «ah, les gauchards» «ils avancent masqués», «ils vont réquisitionner», «les bobos-woke», «des tas de radicaux», «des populistes», «des abrutis de gauche», la liste est longue...
Lecteurs, vous constaterez que toutes ces dénominations sont censées être insultantes envers une fraction de Biarrots et retirer l'envie aux électeurs d'envisager seulement de choisir l'un des quatre challengers à la maire sortante.
Comme si être de gauche était une maladie, et que ceux qui en sont atteints sont des maléfiques contagieux. On applaudit à cet esprit d'ouverture. Vraiment.
Le plus marrant de l'affaire c'est que la mini-meute arosteguienne pense discréditer les listes des candidats Barucq, Blanco, Dussaussois Larralde et Ezcurra en usant de ces qualificatifs.
Comme si nous, Biarrots, pouvions être assez bêtes pour gober de telles inepties...
Comme si d'aussi absurdes allégations pouvaient semer le moindre intérêt chez les électeurs...
Comme si les Biarrots étaient tous de droite...
Comme si les Biarrots n'avaient pas connaissance de la moralité et de la valeur de bien de ces personnes composant ces listes...
Comme s'il était interdit de se revendiquer d'une sensibilité de gauche...
Comme si, en 2026, cela voulait dire quelque chose d'être de gauche ou de droite...
Comme si cela démontrait d'une intelligence de vouloir essentialiser les personnes...
Alors certes, «tout ce qui est excessif est insignifiant», et on ne peut accorder de véritable considération à des propos qui oublient constamment de revenir sur le fond de la question : le contenu des programmes !
Des anathèmes. Nous n'assistons qu'à cela depuis le début de cette courte campagne de la part de l'arosteguysphère. Faut-il y lire une fragilité à défendre son bilan et pouvoir argumenter son propre programme ? Hum hum...
Est-ce une truquerie pour laisser imaginer aux Biarrots distraits que la liste Arosteguy est la SEULE de droite, la SEULE dans laquelle on peut retrouver des personnalités issues de la droite ?
Ce n'est pas sérieux. Mais ça a le mérite de démontrer - si cela était encore nécessaire ! - de quelle manière la Majorité Arosteguy a managé le mandat sortant : tout ce qui ne me ressemble pas, tout ce qui n'est pas de mon bord, tout ce qui n'est pas de droite, tout ce qui pourrait s'apparenter à être à peine teinté de rose, est exclu.
Mais qui donc trouve intérêt à faire s'immiscer la politique nationale dans notre bonne ville ?
Peut-on véritablement mener une politique partisane quand on dirige une ville de 25.000 habitants ?
Cela paraît aussi primaire que contre-productif. Cela révèle aussi un regard posé sur les événements, sur les personnes et sur les situations, qui est toujours perçu au travers d'un prisme, d'un prisme politique, d'un prisme de droite en l'espèce.
Il est aberrant, pour remporter la confiance des Biarrots et dégommer les candidats Barucq, Blanco, Dussaussois Larralde et Ezcurra, d'avoir recours à ces désignations. Cette façon de vouloir diaboliser ces candidats n'est ni saine, ni pertinente.
Encore une fois, pourquoi ne pas comparer programme contre programme... et évidemment critiquer si besoin est ? Mais en restant sur le fond.
Jamais le fond n'est abordé, encore moins le bilan de la sortante. Et si on parlait d'autre chose ?
En attendant, lors du débat organisé par Ici Pays Basque le 15 février dernier, madame Arosteguy a vanté Alain Rousset qui a été «le seul» à lui venir en aide sur le dossier de l'Hôtel du Palais. Rappelons que monsieur Alain Rousset - président de la Région Nouvelle-Aquitaine - est, lui, adhérent du Parti Socialiste depuis 1973...
À n'en pas douter, il appréciera de voir ses amis de gauche traités de la sorte par la galaxie arosteguienne.
Mais ce n'est pas fini.
Dans un court extrait de M6 Infos du 18 février dernier, les téléspectateurs ont pu mesurer la passion soudaine de madame Arosteguy - peut-on vraiment y croire ? - pour l'univers de la Gauche.
La voilà qui prend la parole pour tacler le candidat Blanco : «Serge, c'est vrai que c'est l'homme du passé, mais c'est aussi l'homme du passif».
Des nostalgiques du mitterrandisme se trahissent-ils dans le clan Arosteguy ? Qui a trouvé bon de souffler dans l'oreille de la candidate Arosteguy la formule bien connue que François Mitterrand assène à Valéry Giscard d'Estaing en 1981, lors du débat de l'entre-deux tours ?
Laissons donc la mini-meute s'embourber dans des inepties qu'ils veulent transformer en insultes mais qui ridiculisent leurs émissaires.
En vérité, la mini-meute préférerait-elle une élection avec une seule candidate ?
Oui, laissons-les entre eux : pendant ce temps, cinq candidats proposent, composent et pensent l'avenir de Biarritz.
Pour atteindre la corde sensible de madame Arosteguy et de ses troupes, faisons appel à une sage parole de Nicolas Sarkozy qui devrait tous nous accorder: «La République, ce n'est pas la droite, ce n'est pas la gauche, ce sont tous les Français.».
