LA HONTE DES TOILETTES PUBLIQUES À BIARRITZ
Devoir ouvrir ici ce sujet démontre à quel point nous en sommes arrivés à Biarritz.
Même cette nécessité vitale n'est pas respectée : c'est consternant.
En notre ville, accéder à des sanitaires publics relève souvent de l'impossible car ils sont régulièrement hors service, fermés au public, pas adaptés aux personnes à mobilité réduite, ont de trop longues files d'attente ou sont dans un tel état de saleté et de délabrement qu'il serait déraisonnable, sur le plan hygiénique, d'y avoir recours.
Et ça, c'est dans le meilleur des cas... c'est-à-dire quand les toilettes existent !
Ce n'est pas raisonnable qu'une ville de 25.000 habitants ne fasse pas l'objet d'un maillage de toilettes publiques gratuites en bon état, propres et sûres.
Nous vous faisons grâce de photos reçues de nos lecteurs qui démontrent un coupable laisser-aller dans leur entretien et leur propreté.
Cela interroge. Les élus composant la majorité municipale vivent-ils dans la même ville que nous ? Ne prennent-ils pas le pouls de notre ville au quotidien ? Ou foulent-ils seulement les trottoirs biarrots au moment des campagnes électorales ?
À constater la situation, la réponse vient aisément.
Alors même que notre Biarritz a une tradition d'accueil et se retrouve donc très périodiquement largement augmentée dans sa fréquentation, nous constatons des toilettes qui ne sont en adéquation ni avec un public très nombreux ni avec le niveau de standing auquel notre ville aspire.
Alors même que notre ville déploie des moyens pour accueillir plus - toujours plus - de touristes ou de simples visiteurs d'un seul jour, il paraît invraisemblable que cela ne soit pas assorti de plus de bancs, de fontaines d'eau potable et de toilettes publiques.
Comment comprendre que ces services essentiels soient ainsi délaissés ? Ce n'est pas sérieux ni pour la santé publique, ni pour l'image de marque de notre ville.
Aujourd'hui, il est demandé aux bars, restaurants et cafés de suppléer ce manque municipal. Ce n'est ni juste ni gérable pour les responsables de ces établissements, encore moins en période de forte affluence.
En centre-ville et à proximité des plages - pendant l'été et lors des vacances scolaires - ces espaces ne devraient être à disposition du public que sous présence et surveillance humaines afin d’éviter les dégradations dues au grand passage, au trafic illicite et à l'inévitable vandalisme.
Nous sommes encore au regret de dire que la promesse de campagne de 2020 de madame Arosteguy - en page 6 de son programme - d'«Aménager de nouvelles toilettes publiques, régulièrement et efficacement entretenues» n'a pas été suivie d'effet. C'est invraisemblable de se dédire à ce point : pas de création de toilettes publiques, pas d'entretien ni régulier, ni efficace.
Voir ainsi figurer dans le nouveau programme 2026 de madame Arosteguy - en page 8 - la promesse d'«Installer des toilettes publiques automatiques dans l'ensemble de la Ville» apparaît comme une provocation envers les Biarrots.
Ce que l'on dit et ce que l'on fait nous définit : encore une fois, entre les paroles et les actes, le décalage est grand chez madame Arosteguy.
Depuis 2022, à grand renfort de communication, sur des flyers, sur ses réseaux sociaux, sur des panneaux d'affichage, la Ville lance des alertes sur un certain nombre de sujets : quasi-nudité en centre-ville, déjections canines, tapage nocturne, déchets jetés dans la nature et... l'interdiction d'uriner dans l'espace public.
Cette campagne de sensibilisation intitulée «Je respecte Biarritz» est censée appeler à la fois les locaux et les visiteurs à la mesure, mais aucune véritable sanction n'est infligée en cas de non-respect.
Pour cette campagne davantage à vocation publicitaire que de salubrité publique, la Ville a aussi réalisé une vidéo-montage d'un goût particulièrement douteux où l'on voit un individu uriner contre un mur et une fillette de 7 ou 8 huit ans qui s'en offusque. L'utilisation de l'innocence d'une enfant pour ce type de communiqué est plus que discutable.
Cherchant à se déculpabiliser du fait que la ville soit sale ou que les riverains d'établissements faisant du bruit ne puissent trouver le sommeil, madame Arosteguy et sa Majorité pointent du doigt les impolis.
Cette méthode systématique de la maire sortante de renvoyer la faute sur autrui ne résout en rien les effets subis par les habitants de notre ville. Quid des solutions apportées ?
Dans ses dépliants préparés par des communicants professionnels, on peut lire que «Pour une ville saine, sécurisée et respectée, j'adopte les bonnes pratiques», ou encore «J'utilise les toilettes publiques car il est interdit d'uriner sur la voie publique».
Tout cela est très bien, mais qu'en est-il vraiment ? Une fois que l'on pose le sujet, que l'on désigne le fautif, a-t-on réglé la source du problème ? Bien sûr que non.
Alors, on laisse accroire que le problème va être résolu à coup d'affiches et de flyers, mais on se retrouve avec une Majorité qui ne cherche pas à améliorer la situation notamment en créant des toilettes publiques qui permettraient d'éviter que certains malpolis se soulagent dans l'espace public.
«Je respecte Biarritz sera le mot d'ordre que chacun doit appliquer dans son quotidien si l'on souhaite préserver un site unique et privilégié.», dixit Maider Arosteguy.
Et elle, est-ce qu'elle respecte Biarritz et les Biarrots en menant la politique de l'inaction ?
En n'offrant pas un accueil digne, accessible à tous, et propre, on peut hélas dire que ni Biarritz, ni les Biarrots ne sont respectés.
Or, c'est un sujet majeur.
Dans un sondage IFOP réalisé pour Diogène France, les sondeurs ont dénombré que «66% des Français jugent difficile l'accès aux toilettes publiques dans leur commune».
«l'accès» ! Là aussi, quel échec pour la Ville de Biarritz ! L'accès des toilettes publiques aux personnes à mobilité réduite et à celles porteuses d'un handicap est rarement possible dans les WC existants.
Quand on rajoute cette difficulté d'accéder aux toilettes à celle de stationner, aux navettes gratuites mal réparties sur le territoire biarrot, aux trottoirs mal ou pas entretenus, aux bancs inexistants sur certains secteurs... cela équivaut à une invitation à rester chez soi pour toute une fraction de la population.
Il faudra bien qu'une étude approfondie soit engagée lors du prochain mandat, et que soit dressé un état des lieux sur le sort des personnes âgées et les personnes à mobilité réduite dans notre ville.
C'est capital pour mener à bien une véritable politique des Seniors, du Handicap : l'Inclusion et non l'exclusion.
Il serait un tort de n'envisager la présence de toilettes publiques que sur des axes touristiques tels les plages et le centre-ville. Là aussi, un meilleur équilibre doit s'opérer entre tous les quartiers de la ville. Car des promeneurs, il en existe dans tous les quartiers : ceux qui marchent à proximité de leur domicile sont aussi en droit d'espérer des WC publics.
Cette thématique a été soulevée à intervalles réguliers par les conseillers municipaux d'opposition au cours de ce mandat, sans qu'elle ait pu trouver une écoute dans la Majorité. Une fois de plus.
