FRESQUE À BEAURIVAGE : DES RECTIFICATIONS S'IMPOSENT FACE AUX IMPRÉCISIONS
Quand on narre un conte à un enfant, on peut - si l'on a l'âme romancière - l'enjoliver, l'améliorer, le modifier à sa fantaisie au cours du récit.
Mais quand on est le seul quotidien de presse à couvrir le Pays Basque - en l'occurrence Sud-Ouest - il est à regretter que la vérité des faits et des choses ne soit pas davantage un point cardinal.
Dans l'édition du 20 février de ce grand régional, un article consacré à la fresque Beaurivage contient de graves approximations qui ont pour objet de faire naître chez les lecteurs des ambiguïtés, là où il n'en existe pas. Alors un droit de réponse s'impose.
Mais, avant, permettez-nous de vous rappeler l'affaire en question : madame X achète une maison en 2020, y réalise des travaux de grande ampleur sur une durée de deux ans. C'est sa résidence principale, mais pour assumer son lourd prêt bancaire elle loue de temps à autre son bien en saisonnier et fait ainsi connaître à ses visiteurs notre art de vivre.
Rapidement, madame X constate de graves infiltrations d'eau dans le mur porteur de la façade Nord de son habitation, infiltrations qui sont directement liées à l'absence totale d'entretien et d'étanchéité du jardin municipal et des fresques municipales.
Les années passant et trois expertises plus tard, le constat est navrant :
-un bien impossible à louer,
-donc un crédit impossible à honorer,
-un bien invendable en l'état,
-une mère de famille avec deux enfants qui a dû condamner certaines pièces de sa maison devenues inhabitables,
-des frais d'expertise et avocats,
-et, au final, un lourd préjudice moral, sanitaire et financier.
«Allo, allo en mairie ?» : un peu d'intérêt, un peu de compassion pour ces Biarrots ? Non, vraiment pas ?
Reprenons donc ensemble les passages équivoques de l'article de Sud-Ouest :
-Sud-Ouest : «Pourquoi la fresque murale de Beaurivage est toujours en place ?».
Quelle curieuse formulation de cette question ! Elle semble remettre en cause le maintien de la fresque, et par là-même son existence. Pourquoi donc ne serait-elle pas «en place» ? Bizarre.
-Sud-Ouest : «Le 5 mai 2025, Maider Arosteguy annonçait la réfection de la fresque du rond-point Lichtenberger à l'automne dernier mais le ravalement des façades est bloqué par des remontées d'humidité».
NON, cette affirmation est fausse ! Le ravalement des façades n'est pas bloqué par les remontées d'humidité. Le ravalement est bloqué par le fait que madame Arosteguy et son intermédiaire - le directeur général des services Stéphane Rochon - ne veulent pas admettre la responsabilité pleine et entière de la Ville de Biarritz, due à son absence d'entretien des jardins - ainsi que l'ont pourtant écrit trois cabinets d'expertise. C'est ce déni des conclusions des différents experts qui explique, sans fondement, la non-prise en charge du dossier et le statu-quo de la situation.
-Sud-Ouest : «Dans sa réponse la maire, Maider Arosteguy indiquait que des défauts d’étanchéité, soulevés par les propriétaires riverains avaient engendré des retards.».
Encore une fois, ces retards sont imputables à la seule mauvaise volonté de la maire qui ne veut pas - pour des raisons incompréhensibles - faire face aux responsabilités de la Ville, établies par les experts, d'entretenir l'espace public. Cette affaire, qui n'a que trop traîné, engendre des dommages gravissimes qui vont requérir des frais payés par l'argent public beaucoup plus élevés que si, comme il se doit, un entretien régulier avait été assuré par la Ville.
-Sud-Ouest : «Elle [Maider Arosteguy] énumérait ensuite un calendrier pour les travaux avec des relevés et diagnostics dans la foulée, qui seraient suivis d'une présentation du projet de fresque aux copropriétaires puis, à l'automne 2025 : installation d'échafaudages, préparation des façades et peinture de la fresque durant trois semaines, en octobre de la même année.».
Cette énumération était bien un leurre pour laisser accroire aux Biarrots que la situation avait été traitée dans les règles. Or, à l'évidence et aujourd'hui on le sait, cela n'a PAS été le cas. Face à cette impéritie, qui peut donc envisager que l'argent public soit dilapidé à recouvrir un gigantesque mur par une coûteuse fresque, si au préalable les soubassements et le mur n'ont pas été traités et déshumidifiés ? Qui donc pourrait seulement envisager de peindre sur un mur trempé ?! Pas les experts dépêchés sur place, ça c'est sûr ! Ni, d'ailleurs, toute personne douée d'un minimum de raison.
-Sud-Ouest : la coopérative lyonnaise CitéCréation doit «réaliser une nouvelle fresque avec une thématique renouvelée : la devise de Biarritz "J'ai pour moi les vents, les astres et la mer"».
Il est regrettable, alors que madame la journaliste est allée s'enquérir auprès de la Mairie de la réponse qu'elle souhaitait donner à l'infortunée propriétaire, qu'elle ne lui ait pas demandé pourquoi le projet artistique retenu par la Ville n'avait pas fait l'objet de concertation ou d'information, tant auprès de la population qu'en conseil de quartier. Pourquoi la maire a-t-elle caché aux Biarrots son intention d'effacer les champions Pascal Ondarts et Serge Blanco de la façade ? Un peu gênée aux entournures ?
-Sud-Ouest : «Parallèlement, les services municipaux ont tenté de faire avancer le projet en proposant aux riverains de signer une nouvelle convention d'occupation de leur mur. Ce document conditionne le lancement de la phase de conception graphique par les artistes et doit être paraphé par tous les propriétaires. Problème : l'une d'entre eux refuse de signer.».
Et bien OUI, cette propriétaire refuse de signer car la Ville ne veut pas remplir sa part du contrat : faire les TRAVAUX que les trois experts préconisent, pas du bricolage du dimanche ou de la cosmétique de chenapan. Et cela, AVANT de recouvrir la fresque, qui sera à la pleine charge des Biarrots.
-Sud-Ouest : «La propriétaire en question a rejoint l'équipe de Guillaume Barucq. "Cela n'a rien à voir avec le fait que je n'ai pas signé la convention", insiste-t-elle.».
En effet, qu'est-ce que cela apporte au sujet en question ? Lui serait-il interdit, en plus, de s'engager pour sa ville ? Alors même qu'elle fait partie de son conseil de quartier depuis tout un mandat ? Pourquoi évoquer cet aspect-là ? Qui a intérêt à cela ?
-Sud-Ouest : la propriétaire qui refuse de signer s'exprime «En fait, le mur de ma maison côté jardin est gorgé d'humidité, à cause du jardin. C'est la responsabilité de la Ville. Avant de payer mon ravalement de façade, il faut arrêter ces remontées capillaires. Une fresque ne tiendrait pas sur un mur détérioré. J'assumerai mon ravalement quand le mur sera sain. La fresque, elle, appartient aux Biarrots. Elle est réalisée avec de l'argent public. Cela n'a pas de sens de signer une convention tant que le mur sera dans cet état !».
Question de bon-sens, n'est-ce pas ? Et ça ne fait pas de la propriétaire une empêcheuse de tourner en rond. N'en déplaise aux apparences que la Mairie souhaite maintenir et au récit qu'elle veut faire accréditer.
-Sud-Ouest : «Après plusieurs expertises, des travaux ont été réalisés et se sont révélés inefficaces aux dires du dernier expert conjoint entre les deux parties, qui conseille une intervention bien plus lourde : le montant serait d'environ 150.000 euros.».
Une seule question s'impose : Qu'attend la ville, depuis TROIS ANS, pour faire correctement les travaux ? Que les successeurs de cette majorité payent pour son incurie ? Comme ils devront le faire pour rénover les écoles, la Mairie, le CCAS, le Casino municipal, le Bellevue, la passerelle du rocher de la Vierge, Javalquinto, la piscine municipale, les piliers du Port Vieux, le stade Léon Larribau, le Jardin Public, la liste est interminable...
1.450.000 millions d'euros pour une pelouse synthétique du BOPB ou encore 1.305.000 millions d'euros pour le Festival Nouvelle Vague. Voilà les priorités de ce mandat.
Pendant ce temps, les Biarrots voient leur ville se dégrader et attendent toujours un entretien digne de ce nom. À force de choix dispendieux et déconnectés des réalités quotidiennes, c'est la confiance des habitants qui s'effrite. Les Biarrots méritent mieux que des opérations coûteuses et mal hiérarchisées. Ils méritent une gestion responsable, tournée vers leur cadre de vie.
-Sud-Ouest : «L'expert a préconisé des travaux tant à la charge de la Ville que de la propriétaire, fait savoir la municipalité biarrote, en précisant qu'elle missionnera dans les meilleurs délais, au regard de la contrainte publique, un maître d'œuvre sur le dossier et a adressé un courrier en ce sens à l'avocat-médiateur de la propriétaire. La missive n'est pas encore arrivée à destination.».
Alors là c'est le pompon ! La Mairie indique qu'elle «missionnera dans les meilleurs délais» un maître d'œuvre. C'est une mauvaise blague ? Ou encore une promesse du style, demain on rase gratis ?
Quant à ce courrier... il aurait été utile que la journaliste en demande lecture pour s'assurer qu'il existe bel et bien, parce qu'il n'a toujours pas été reçu par l'intéressée. L'on va certainement nous expliquer que le facteur tarde à faire le chemin entre la Mairie et le quartier Beaurivage...
Il serait aussi bon d'expliquer que ce n'est pas un gentil courrier qui est envoyé par la gentille mairie à la méchante dame qui ne veut pas signer et au méchant avocat-médiateur qui cherche des poux sur les œufs. Que la réalité, c'est bien qu'un avocat de la Ville - celui embauché récemment en mairie ou bien un cabinet indépendant - a rédigé un courrier qu'il a adressé à son confrère, conseil de madame X.
C'est curieux cette façon qu'a madame Arosteguy de tout conflictualiser : les cabinets d'avocats doivent s'en frotter les mains... les contribuables biarrots beaucoup moins.
Nous assistons ici à une inversion accusatoire classique et récurrente chez madame Arosteguy. Mais qui n'a, à Biarritz, maintenant déjoué ce qui s'apparente à une seconde nature chez elle ?

