AUBERGE DE JEUNESSE : PREMIÈRE VENTE-DILAPIDATION DU MANDAT AROSTEGUY
Nous sommes au tout début du mandat Arosteguy : l'empreinte d'un mandat destructeur est engagée.
Presque concomitamment à la dilapidation de la Villa Sion, se déroulait le désengagement de la Ville de Biarritz pour l'Auberge de Jeunesse dont la mission était, depuis 1998, de proposer un site d'hébergement - à prix très modéré - pour des personnes ne disposant pas des moyens de profiter de l'hôtellerie classique.
Puis un jour - et selon un scénario qui allait être monnaie courante tout au long de cette mandature - les élus d'opposition ont ouvert leur journal et découvert l'intention de madame Arosteguy de mettre fin au contrat qui liait cette structure à la Ville. Décision prise sans concertation, sans prévenir.
-Conseil municipal du 18 novembre 2020 : ulcéré par cette mise au pied du mur d'un fait accompli, l'élu d'opposition Brice Morin prend la parole pour dénoncer la méthode.
Il apprend ainsi à l'assemblée présente qu'une lettre recommandée, stipulant une décision municipale de ne pas reconduire le bail, avait été reçue par les responsables de l'Auberge de Jeunesse. Un mois avant la fin dudit bail, les deux salariés qui y travaillent à l'année - les effectifs étant augmentés pendant la saison - encaissent cette nouvelle, «alors même qu'ils ont déjà projeté l'année 2021», comme le précise Brice Morin.
Si à l'époque cette nouvelle a surpris de très nombreux Biarrots, il est certain qu'ils ne soupçonnait alors pas que cette manière d'opérer de la maire caractérisait le début d'un cycle infernal d'une gouvernance rigide, fermée à toute forme d'écoute et de concertation et très éloignée des préoccupations et des besoins de ses administrés.
L'élu Morin avait alors averti que la «co-construction» mise en avant par madame Arosteguy n'était qu'un leurre, de belles paroles pas suivies d'effet. Il avait bien vu, car cette stratégie allait devenir une habitude sur tous les sujets concernant notre cité.
L'élue Lysiann Brao s'était, elle, étonnée que la maire ne fasse pas appel aux connaissances - héritées de leur expérience - des deux salariés de l'Auberge de Jeunesse. Elle avait, dès ce moment-là, alerté sur le fait qu'aucun projet n'étant élaboré, la structure serait donc vouée à demeurer fermée au public, et cela pendant de très longs mois. Cette prévision s'est hélas vérifiée.
En attente d'un projet aux contours clairs, entre décembre 2020 et septembre 2024, personne n'y aura été logé, ni pour de l'hébergement d'urgence, ni pour l'hébergement hivernal des sans-abri. Idem pour les étudiants et les saisonniers qui ne se sont pas vu proposer ce bâtiment pour s'y loger.
Madame Brao avait imaginé une nouvelle approche à donner au site : «Je pense que l'on peut faire du multi-usages dans cet endroit qui est quand même magnifique autour du social et aussi autour du Tourisme écologique, mais le faire de manière concertée.».
Madame Arosteguy avait alors, fort irrévérencieusement, répondu à Lysiann Brao : «C'est bien de faire des projets... mais avec l'argent des autres.».
Dommage qu'elle n'ait pas retenu cette maxime pour se l'appliquer à elle-même. Cela l'aurait dissuadée de laisser vivre de mauvais réflexes et les finances de la Ville s'en seraient mieux portées : subventions très contestables, voyages à tire-larigot, dépenses opaques aux factures non-fournies, sont à intégrer au triste bilan de ce mandat.
-Conseil municipal du 24 septembre 2021 : alors qu'une délibération pour l'appel à projets est déjà lancée, plusieurs élus demandent que des clauses de garanties soient ajoutées au contrat de cession afin de préserver la pérennité de la vocation du site à fournir du logement accessible.
Car il est tout à fait envisageable que l'acquéreur de ce foncier fasse - pour des raisons évidentes de culbute immobilière - un déclassement du logement social. Pour faire face à cet éventuel cas de figure et le rendre impossible, il était indispensable qu'une clause de retour pour la Ville soit insérée à l’acte de vente, ainsi qu'une clause anti-spéculation sur une durée de 15 ans.
À plusieurs reprises, lors de conseils municipaux, les élus d'opposition ont formulé cette réclamation à madame Arosteguy, sans que celle-ci ne donne une suite concrète à leur demande. Pourquoi ?!
-Conseil municipal du 23 juin 2022, le couperet tombe : l'acquéreur Vilogia offre d’acquérir l’Auberge de Jeunesse pour 2.130.000€.
Rappelons que les Domaines avaient fixé la valeur vénale de l’ensemble (terrain + immeuble) à 2.265.000 € !
Au lieu de demander à Vilogia d'au moins s'aligner sur cette très faible estimation, madame Arosteguy lui concède, en sus, une moins-value de 135.000 €. Moins-value que la Ville tentera de justifier par la réalisation future de 100 % de logements locatifs sociaux.
La Ville vend donc l'Auberge de Jeunesse à 2.130.000€, prix dérisoire compte tenu du foncier de 6.500m2 sur lequel la propriété est construite, sans parler de l'important bâti de 2.000m2.
Rapportons-nous alors au prix du mètre-carré pour un terrain constructible à Biarritz : la moyenne étant de 1.386€, la vertigineuse somme de 9.000.000€ serait le montant qui pourrait être demandé. Alors, évidemment, l'aspect social du projet engage la Ville à faire un effort, mais pourquoi donc se dessaisir ainsi de ce patrimoine stratégique ?
À nouveau, lors de ce conseil Brice Morin est revenu sur ce non-sens pour la Ville de se défaire de ce bien communal, reprochant à madame Arosteguy de ne pas plutôt opter pour un bail emphytéotique. Incroyable mais vrai, même l'acquéreur Vilogia avait pourtant proposé cette option ! Elle ne sera pas retenue par la Ville, actant ainsi une mauvaise décision.
L'élu d'opposition Sébastien Carrère avait pour sa part également émis l'option du bail emphytéotique, mais aussi celle du bail rénovation qui aurait permis à la ville de conserver son foncier sans délier bourse pour sa rénovation.
Lysiann Brao voit clair : «Une fois vendu, nous n'avons plus la main sur ce qui va se passer.».
Il s'agit d'une phrase clé qui vient d'être prononcée : nous n'avons plus la main sur la destinée de ce foncier. Quelle grave responsabilité.
L'ancienne Auberge de Jeunesse - rebaptisée «Résidence Aintzira» par Vilogia - accueille désormais pour du locatif les jeunes actifs de 18 à 30 ans, les étudiants et les saisonniers. Si nous entendons le besoin en logement - pour les saisonniers - des professionnels du Tourisme, nous regrettons que ce secteur ait été privilégié au détriment des familles candidates au logement à l'année.
Encore une fois, la dichotomie entre une politique qui remet le Tourisme au centre des préoccupations, là où il faudrait permettre au maximum d'habitants du Pays Basque de se loger.
Pourquoi avoir bradé cet espace foncier à des intérêts privés ?
Pourquoi ne pas avoir basculé une partie de l'offre de logements prévue à Aguilera, sur cet espace qui ne demandait qu'à accueillir des familles ?
Lamentable.
