AN AMERICAN IN BIARRITZ : RICHARD TARDITS DÉVOILE SES INTENTIONS
Communication soignée, paroles directes et explications simples : à n'en pas douter, le long séjour américain de Richard Tardits lui a laissé des traces. Celle, par exemple, d'aller droit au but, sans chercher les fioritures de langage si propres à la vieille Europe.
Énergique. C'est avec ce mot que l'on pourrait définir l'homme.
Efficace. C'est avec ce mot que l'on pourrait décrire les propositions déployées dans le programme de «Biarritz d'Abord».
Ce slogan en rappelle d'ailleurs un autre, le «America First» inventé par le président américain Woodrow Wilson (1856-1924), au moment de la Première Guerre mondiale.
Candidat en tête de liste aux Municipales de 2014 où il arrive en cinquième position (10,68%), il fusionnera au second tour avec le candidat Max Brisson. Puis, aux Municipales de 2020, il se lance dès le premier tour derrière la candidate Arosteguy. La suite, on la connaît : il est nommé «Adjoint au Tourisme», mais déçu du mode de gouvernance sans partage de madame Arosteguy et de ses renoncements de promesses de campagne, il décide en début d'année 2025 de démissionner. Il s'explique en ces termes : «Je quitte la majorité municipale, non par calcul, mais parce que je ne peux plus cautionner des décisions contraires à ma vision de l'intérêt général.».
Bien que nous regrettons le caractère tardif de ce départ, alors que beaucoup d'actions préjudiciables à la ville avaient déjà été à déplorer, sa prise de distance de la sphère Arosteguy est tout de même louable.
La liste de Richard Tardits a pris un tournant en cette fin de campagne, lorsque le candidat officiel du Rassemblement National - Michel Fournier - a renoncé à porter sa propre liste. Ce dernier a finalement rejoint le Biarrot Tardits et figure dorénavant en septième place. Il est aussi à noter le retour du candidat pour le Front National aux Municipales de 2014 Frank Perrin qui, lui, occupe la quinzième place. Monsieur Fournier a apporté 20% de ses forces vives à celles de Richard Tardits et dit partager avec lui «nombre de valeurs profondes centrées sur un développement harmonieux de notre ville par une recherche et action permanente de bien-être des Biarrots».
Monsieur Tardits semble avoir entendu les reproches qu'adressent les citoyens biarrots à la maire sortante quand il affirme : «Je ne vous promets pas tout. Je vous promets la vérité, la méthode et la transparence. Je serai un maire qui explique, qui décide, qui protège les habitants permanents et qui rend des comptes.».
Venons-en au programme !
En bon Américain, il ne se contente pas de paroles qui s'envolent au gré des vents, mais assure à ceux qui le lisent qu'il souscrit un «contrat» avec les Biarrots.
Nous avons relevé quelques axes majeurs que nous vous présentons ici :
GOUVERNANCE :
Conscient que l'autoritarisme est un très vilain défaut pour un maire, Richard Tardits s'engage à une «transparence totale et engagements vérifiables», des «conseils municipaux plus fréquents», des «réunions publiques régulières», la «publication des contrats majeurs» et un «bilan annuel du programme».
LOGEMENT :
C'est un sujet qui enflamme les passions.
Le candidat dit vouloir privilégier «la préemption systématique pour renforcer le réservoir foncier communal» et «Réserver le foncier public au logement permanent, aux écoles et aux services essentiels», ou encore «Utiliser des outils anti-spéculation : BRS, baux longs, clauses anti-Airbnb».
Face à la fois aux nombreuses contraintes qui empêchent la construction de logements sur notre commune et à la forte amende à laquelle la Ville doit se soumettre, monsieur Tardits veut envisager une nouvelle manière de décompter les logements relevant du social en constituant «un collectif national de maires pour porter l'application de la loi SRU à l'échelle des communautés d'agglomération».
AGUILERA
-Richard Tardits veut y «préserver l'âme de Biarritz» en rénovant «les équipements sportifs existants et installer de nouveaux équipements répondant aux besoins actuels».
Il dit vouloir «construire une activité durable toute l'année» en faisant «de Biarritz une référence européenne de la préparation sportive».
Il veut aussi créer sur le plateau Aguilera - en lieu et place des immeubles de Robert Alday - un équipement de surf, avec vagues artificielles, qui serait financé par des investisseurs privés, sans argent des impôts locaux.
CITÉ DE L'OCÉAN :
Monsieur Tardits veut une nouvelle destination de ce site avec «un modèle économique à remettre à plat». Pour mener à bien son projet, il propose d'arrêter l'activité actuelle pour la remplacer par un «centre de remise en forme», et a prévu que sa gestion soit confiée à un groupe privé.
Il préconise aussi un «bassin nordique de 8 lignes entre le bâtiment et la mer».
HÔTEL DU PALAIS :
Un des points de son désaccord avec la maire sortante, le candidat veut établir «deux scénarios chiffrés : maintien ou vente du foncier bâti et non bâti», et dit qu'il consultera «les Biarrots sous 45 jours par le biais d'un référendum».
LITTORAL & EAUX DE BAIGNADE :
Il ne renonce pas à permettre que la Côte des Basques et la Milady soit enfin reliées par une promenade, et préconise la création d'une piscine naturelle - avec de l'eau de mer - à la Milady.
Pour mieux suivre ces dossiers ô combien importants pour Biarritz, il milite pour que se forme un «comité littoral réunissant habitants, associations, commerçants, experts».
Monsieur Tardits veut aussi «cartographier et publier les zones de ruissellement à risque et programmer, par secteur, des bassins de rétention capables d'absorber les volumes générés lors des épisodes pluvieux intenses».
MOBILITÉS ET STATIONNEMENT :
Sujet d'énervement et d'incompréhension pour les habitants, Richard Tardits veut une «harmonisation complète du stationnement résident» et une «clarification des trois heures gratuites en centre-ville» tout en renforçant les parkings relais avec «des navettes identifiables et régulières».
JEUNESSE, ÉCOLES, TRILINGUISME :
Le candidat s'engage à un «diagnostic public de chaque école» avec un «plan de rénovation priorisé» et souhaite le «développement du trilinguisme : anglais, basque, espagnol».
CULTURE ET PATRIMOINE :
Il compte faire une «étude transparente de la Villa Natacha» pour y installer un «pôle d’art moderne» ou encore aménager un «parcours culturel dans la ville».
PORT DES PÊCHEURS :
Monsieur Tardits regrette que ce quartier se soit endormi et veut le faire revivre grâce à des activités variées dont la création d'un «club de pirogues polynésiennes» pour redynamiser ce site si biarrot.
Voilà donc, à grandes enjambées, le programme de «Biarritz d'Abord».
«Notre ville mérite mieux que des promesses» : ces mots sont prononcés par Richard Tardits.
