ACCÈS POUR TOUS À LA CULTURE À BIARRITZ : ÉTAT DES LIEUX DU MANDAT AROSTEGUY
Alors qu'en coulisses se dessine l'avenir de Biarritz, il apparaît important de prendre un peu de distance pour rappeler ici toute la considération qu'il faut apporter aux Arts et à la Culture.
Qu'est-ce qui relève de la Culture ?
Qu'est-ce qui relève de l'Événementiel ?
Qu'est-ce qui relève du Public ?
Qu'est-ce qui relève du Privé ?
Il est nécessaire, avant d'aborder le sujet, de bien le définir.
La Culture englobe plusieurs Arts, qu'ils soient visuels, sonores, narratifs ou dits du Spectacle : la Peinture et la Sculpture, la Musique et le Chant, la Littérature, la Danse, l'Architecture, le Cirque, le Cinéma, la Photographie et le Théâtre.
Ces Arts font appel à nos sens et à notre sensibilité individuelle. Ils sont indispensables au développement et à l'épanouissement individuels, ainsi qu'à une meilleure connaissance du monde.
L'Événementiel, lui, est l'activité liée à la conception, l'organisation et la gestion d'événements auxquels un public est proposé de participer, moyennant paiement.
La Culture est donc l'expression d'un Art, là où l'Événementiel en est son exploitation commerciale.
Aujourd'hui, à Biarritz, trois points sont à noter :
1) la frontière floue que certains veulent instaurer en fourguant dans la catégorie Culture ce qui n'y appartient pas,
2) la délégation, donc la privatisation de l'exploitation Culture par des professionnels, menant à la privation de l'accès à la Culture pour tous,
3) la délocalisation des activités culturelles qui existaient précédemment sous pavillon municipal.
-Commençons par le point 1.
Non, TOUT n'est pas Culture. Cette rubrique s'est enrichie d'arts neufs, tels que le Cinéma et la Photographie, mais ne peut ni ne doit accueillir tout et n'importe quoi.
Dans le programme des Municipales de 2020, madame Arosteguy a mélangé, sur la même page, l'«Animation», la «Culture» et le «Commerce» ; c'est très révélateur du futur mandat qu'elle nous réservait. Au sujet de la Culture, elle s'en remettait déjà aux organisateurs privés et associatifs. Ses engagements de créer, sous responsabilité municipale, un «festival de la Diaspora Basque», «un salon du livre», «l'été un cinéma en plein air à la Cité de l'Océan», ou encore la création de la «Fondation Biarritz», ont été purement et simplement oubliés. AUCUNE de ces belles promesses n'a été tenue. Et elles n'ont PAS été réitérées dans son programme de 2026 !
-Venons-en au point 2.
Depuis un certain nombre d'années, des organisateurs de spectacles louent des espaces municipaux pour y organiser des concerts, des pièces de théâtre, des spectacles de stand-up et autres attractions.
En parallèle, des festivals existent dans des domaines différents - même si certains ont hélas disparu.
Il s'agit bien d'organisations privées, au cours desquelles ces exploitants doivent assurer un rendement suffisant pour payer les artistes, payer les sites d'accueil, payer le matériel, et accessoirement rétribuer leur société d'exploitation.
Nous sommes donc face à un business, avec tout ce que cela englobe. Ces organisateurs sont les bienvenus à Biarritz car ils apportent des revenus réguliers à Biarritz Tourisme qui assure la gestion des sites d'accueil (Gare du Midi, Casino municipal, Bellevue, etc), MAIS cela ne devrait pas dispenser la Ville de Biarritz d'agir de son côté pour conduire sa politique culturelle, plutôt que de s'en remettre intégralement à ces privés.
Car une Ville a le devoir de montrer de l'Art sous toutes ses formes, dans tous les quartiers, d'en assurer la diffusion dans toute la population et d'ainsi permettre sa découverte à ceux qui, de prime abord, ne seraient pas amateurs/clients/consommateurs de Culture.
Vous constatez que la démarche a un effet bien différent entre celui qui paye - et qui a les moyens de payer - et celui à qui on apporte directement de la Culture, sans frein de revenus ou de milieu.
Quant au choix de ce qui est diffusé par des opérateurs privés, ceux-ci - très logiquement et on ne saurait le leur reprocher - se concentrent sur des artistes qui ont peu de risque de n'être pas rémunérateurs. Alors qu'une ville peut financer des projets de démonstration culturelle, et ainsi proposer des activités gratuites ou à un prix très symbolique, de type Pass à 1€.
Le constat est donc simple : à Biarritz, la programmation culturelle est dictée non pas par une volonté municipale, mais par l'activité commerciale de sociétés de spectacles.
Si certains ont intérêt à entretenir la confusion, d'autres ont bien perçu la duperie.
-Enfin le point 3.
Bayonne mène une activité culturelle dense et a permis tout dernièrement les réouvertures du Musée Bonnat-Helleu et de la Médiathèque, Anglet a créé le Centre d'Art Contemporain et agrandit actuellement sa Médiathèque, Saint-Jean-de-Luz a érigé le Centre Culturel Peyuco Duhart, pour ne citer que quelques exemples marqueurs.
Ces réalisations majeures s'opposent à l'inertie du mandat biarrot, d'ailleurs assumée par madame Arosteguy qui a délocalisé et remis l'ambition culturelle à ses collègues-maires.
Ceci est à l'inverse de l'ambition municipale menée jusqu'en 2020, lorsque Biarritz se positionnait comme le phare du Pays Basque tout entier.
Les cessions de la Villa Sion, la Villa Fal, l'Auberge de Jeunesse et les locaux de la Police municipale ont largement grevé la possibilité, dans le futur, de créer un espace réservé aux Arts. Ces sites auraient pu accueillir de beaux projets et remplacer l'indisponibilité de la Crypte Sainte-Eugénie, mais de mauvaises décisions ont été prises et impacteront l'action culturelle à l'avenir.
Dans le même temps, les bâtiments municipaux tels que le Bellevue, le Casino municipal et la Halle d'Iraty sont sous gestion de Biarritz Tourisme et prêtés avec grande parcimonie aux artistes : cette contrainte devra aussi être reconsidérée par les nouveaux élus en Mairie de Biarritz et une renégociation du contrat qui lie la Ville et la structure Biarritz Tourisme est certainement à prévoir pour reprendre la main sur notre ambition culturelle.
Quant à la Villa Natacha, dont il est évident qu'elle est actuellement sous-exploitée, nul doute que la nouvelle Majorité saura lui rendre et sa splendeur et sa mission d'outil au service de la Culture.
Les Biarrots, impatients de redécouvrir une action culturelle de qualité et de proximité, attendent. Plus que six jours !
