UN DÉRAPAGE QUI EN DIT LONG SUR LES PRATIQUES DE LA MAIRE AROSTEGUY
En mairie, une résolution d’un problème ou une aide administrative, est-elle un moyen - pour le maire - d'acheter une voix ?
Quand un citoyen fait une démarche dans l'Hôtel de Ville - tel que renouveler sa carte d'identité ou faire son passeport, inscrire son enfant dans un établissement scolaire, déposer une demande de permis de construire, se marier, obtenir une aide auprès du CCAS - une mission d'accompagnement, indispensable pour les Biarrots, est confiée aux agents communaux.
Mais remplir ce rôle, serait-ce une manière de s'assurer un électorat ?
Une demande d'aide est-elle une faveur accordée ?
Attention, il faut bien réfléchir à ces questions parce qu'il s'agirait d'un détournement même du principe de service public.
Tant le personnel communal que les usagers ne peuvent bénéficier d'une faveur ni subir un traitement discriminatoire au prétexte qu'ils seraient connus, ou désignés, comme étant bien-votants ou mal-votants.
Il est toujours bon de rappeler qu'aucune distinction, de quelque ordre qu'elle soit, ne saurait être tolérée.
Mais ce message qu'a diffusé sur Instagram le compte officiel de campagne de madame Arosteguy - et dont la grave portée nous laisse deviner qu'il a été écrit de la «plume» même de la candidate - révèle une réponse de sa/leur part qui permet d'envisager la chose comme possible.
En effet, à la suite d'une publication qui rend compte de l'inauguration du local de campagne de la candidate Arosteguy, un Biarrot poste un message et s'interroge à voix haute : «Perso je ne sais pas pour qui voter aujourd'hui».
Le compte maider.arosteguy lui répond : «Ça pourrait être pour une candidate qui vous a aidé quand vous lui avez demandé...» (sic).
Une manière, pas très subtile, de dire : «Je t'ai aidé, mais en retour je veux m'assurer ton soutien effectif dans les urnes...».
C'est parfaitement choquant. C'est une pression intolérable envers cet électeur qui se sent ainsi observé, pointé du doigt, surveillé, jusqu'à ce que soit laissé entendre qu'il est un ingrat. Par la réponse de la maire, il est porté à la connaissance de tous la vie privée de ce Biarrot qu'il ne nous regarde pas de connaître. Et surtout, cela porte un nom : la corruption électorale.
Madame Arosteguy ne se cache même pas. Elle ne s'embarrasse pas de l'intermédiaire d'un soutien pour souffler dans l'oreille de ce Biarrot hésitant. Non, non ! Sa réplique coercitive voire comminatoire est revendiquée sans gêne aucune, publiquement et au plein jour.
Mais nous espérons n'être pas, en France, dans une république bananière et que certaines règles qui existent se doivent encore d'être respectées.
Par exemple, il est strictement interdit à tout candidat d'acheter une voix en donnant de l'argent, en promettant un avantage - tel qu'un emploi ou un logement - en cas de victoire et... de faire pression sur une personne que les circonstances auraient conduite à être aidée par un maire, un adjoint ou les services municipaux.
Chercher à obtenir une suffrage de la manière précitée peut donner lieu à des poursuites judiciaires : amende, peine de prison, inéligibilité et même annulation du scrutin.
Chercher à influencer l'électeur dont le vote doit rester libre et secret, c'est un abus de pouvoir.
Quand un service public remplit sa mission auprès d'un habitant, cela ne peut EN AUCUN CAS être revendiqué par la Majorité municipale en place comme étant une faveur accordée qui doit donc donner lieu à une contrepartie, de quelque nature, par son bénéficiaire.
Que cela soit bien limpide.
Dans un texte que Sauvegarder Biarritz a fait paraître le 26 décembre dernier et qui avait été intitulé «Le Biarritz des petits copains», nous revenions sur les cas de quelques personnes qui ont, au vu et au su de tous, joui de largesses municipales. Emplois, subventions, attributions, espaces publics, invitations... Ces traitements spéciaux entretiennent une amitié, un cercle politique, ou obéissent à des «placements» répondant à des calculs stratégiques d'avenir.
Et pourtant, une mairie, un maire, un élu, un agent communal doit s'imposer ce que l'on appelle un «devoir de probité» pour s'exonérer de tout soupçon de passe-droit ou d'impartialité.
Alors, on le sait, les notions de service public, d'intérêt général et de neutralité n'auront pas été des principes dont l'inviolabilité aura été respectée au cours de ce mandat.
Et quand on se fait une autre idée de l'engagement citoyen et électif, cette irrévérence dérange fortement.
Ce dérapage du camp Arosteguy sidère donc : une pierre de plus à ajouter à son lourd passif.
