SIX CANDIDATS QUI S'EXPRIMENT FACE À UNE MAIRE SORTANTE QUI CHERCHE À TROMPER SON MONDE

Jean-Yves Viollier a été le premier à le dire dans un post du 15 février dernier : le débat qui s'est déroulé en présence des six têtes de listes biarrotes face à la maire sortante, ce dimanche passé au Théâtre municipal et animé par Ici Pays Basque, fut «de belle tenue».

De chacune d'elles, nous avons en effet pu apprécier l'engagement et la sensibilité pour que soient rendues ses couleurs à notre cité balnéaire, sévèrement malmenée depuis six ans.

Nous avons retrouvé, tels qu'en eux-mêmes, les candidats que nous connaissions déjà, eu égard à leurs mandats passés ou récents :

-Guillaume Barucq, qui prône une concorde et confirme ainsi son caractère consensuel

-Jean-Baptiste Dussaussois Larralde, avec son pragmatisme fondé sur une expérience dans l’Opposition lors du mandat qui s'achève, et une analyse éclairée de l'état des lieux de notre ville

-Richard Tardits, avec un sens pratique et un raisonnement économique qui trahissent sa parenthèse de vie aux États-Unis.

Trois autres personnalités locales, qui ne sont pas tout à fait inconnues mais que nous n'avions pas eu l'occasion de voir évoluer dans la sphère politique, ont, elles, surpris par leur prestation :

-Serge Blanco, qui a montré sa volonté de réformer Biarritz dont il a porté fièrement les couleurs

-Michel Fournier, l'ancien soutien de la candidate Arosteguy en 2020 pour laquelle il avait alors fait campagne et de laquelle il s'est écarté à cause de son projet de bétonnisation du plateau Aguilera qui sacrifie l'expansion des activités sportives biarrotes

-Ana Ezcurra, dont les interventions mordantes ont parfois permis de remettre l'église au centre du village lors de ce meeting, notamment après les propos et autres affirmations mensongères de la mairesse sortante Arosteguy.

De fait, n'ayant qu'à saluer l'exercice auquel se sont soumis tous ces 6 challengers à madame Arosteguy, nous allons nous focaliser sur les infox et approximations de cette dernière.

Comment peut-on débiter tant de contre-vérités, face à des candidats qui peuvent immédiatement démentir et deux interviewers qui ne sont pas venus les mains dans les poches et ont prouvé leur maîtrise des sujets évoqués ?

Est-ce de la rouerie ou cela relève-t-il d'une pathologie ? La ficelle est tellement grosse à chaque fois, que la question se pose ? Ça se soigne docteur ? Ce réflexe à mentir n'est-il pas un vice incontrôlable chez cette personne ?

Nous allons partager avec vous quelques passages, dans le désordre, qui nous ont fait sursauter de notre fauteuil :

-Madame Arosteguy renvoie son bonjour aux journalistes... en basque : «Egun On !». Cela nous rappelle «Egun on, bele jauna» - Bonjour monsieur le corbeau -, de la fable de Lafontaine Le Corbeau et le Renard en basque - Belea eta axeria - qui se termine par, en français, «Apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute.».

Démagogie de circonstances d'une maire qui a annulé une exposition d'objets d'art populaire basque en disant : «la culture basque, basta !»...

-La maire sortante, consciente de son piteux bilan, évoque immédiatement - telles des circonstances atténuantes - les confinements dus au Covid et revendique un «mandat de l'équilibre», jetant en pâture et à la va-vite des chiffres inaudibles et accusant ses prédécesseurs de lui avoir légué une ville sous-entretenue pendant des décennies.

Elle se flatte d'avoir organisé de nombreux rendez-vous, des réunions et des conseils de quartiers - autant d'initiatives hors sujet et dont on pourrait débattre de la stérilité. Car en six années, disons-le, madame Arosteguy n'aura donné lieu à aucune rénovation majeure d'école, ni de bâtiments publics, ni des trottoirs, ni de la voirie : elle n'aura rien fait.

-Quant à «l'équilibre» évoqué par madame Arosteguy, Jean-Baptiste Dussaussois Larralde y a réagi en précisant que les charges de personnel communal ont augmenté de manière drastique lors de ce mandat, et que ce sont la vente de la quasi-totalité du foncier municipal et la redevance de 10 millions d'euros perçue lors du renouvellement de la gestion des parkings par Indigo, qui permettent à la maire sortante de donner une illusion de comptes bien gérés.

-Tentant de contrebalancer son bilan, madame Arosteguy brandit le classement de Biarritz en tant que «villes et villages où il fait bon vivre» assurant qu’elle n'avait rien demandé pour un tel label.

Jean-Baptiste Dussaussois Larralde se voit alors contraint de dénoncer cette supercherie, arguant que le contribuable biarrot aura acheté 15.000 euros la participation volontaire de madame Arosteguy à ce pseudo-concours, duquel les villes qui ne paient pas sont exclues et ne peuvent donc être lauréates...

-Puis vite interpellée sur son incapacité durant son mandat à se montrer inventive pour créer du logement, notamment en récupérant des logements vacants, madame Arosteguy n'a pas craint de répliquer que c'était ce qu'elle faisait depuis un an et demi, et d'ajouter qu'une telle accusation démontrait une méconnaissance des mécanismes existants - comprendre par ses adversaires.

Propos que la candidate de Biarritz Berri Ana Ezcurra n'a pu laisser passer en rappelant, à juste titre, que «madame Arosteguy n'a pas produit du tout de logement au cours de son mandat, sinon des logements votés par la mandature précédente de Michel Veunac»...

-Le sujet de Aguilera et du projet d'urbanisation de madame Arosteguy a vite était ouvert. Jouant sur une ambiguïté entre son projet de bétonnage qu’elle considère comme acté, et la situation actuelle du plateau, Madame Arosteguy a assuré les journalistes qu'il n'y aurait pas de «nouvelles» constructions sur cette plaine ; mais elle sera vite recadrée puisque ce sont bien des logements qu'elle compte y construire en lieu et place de ce sanctuaire sportif biarrot.

-Chacun à leur manière, les opposants à madame Arosteguy démontreront que le développement sportif qu'elle prétend vouloir à Aguilera est irréaliste eu égard à son projet Alday. En effet, la piste d'athlétisme, la piscine, les bâtiments : tout cela ne peut rentrer dans le périmètre d'Aguilera, au point que Guillaume Barucq s'interroge de savoir si elle a prévu de faire plonger les gens depuis les balcons des immeubles.

-Richard Tardits met, lui, un autre mensonge de la candidate Arosteguy en exergue : «On ne contrôle pas les logements avec la loi SRU, donc promettre des logements sociaux aux Biarrots, à Aguilera, est un mensonge.».

-Telle une enfant gâtée qui tape des pieds lors d'un accès de frustration, madame Arosteguy a néanmoins martelé que son projet Aguilera était «déjà passé» - comprendre validé -, prétendant une concertation avec les Biarrots, ce que contestera avec raison et une saine fermeté Ana Ezcurra.

-Puis feignant d'ignorer les recours pendants, madame Arosteguy ira même jusqu'à affirmer que celui déposé par Jean-Baptiste Dussaussois Larralde avait été rejeté.

L'occasion pour ce dernier de démentir : «Madame Arosteguy multiplie les mensonges, mon recours est toujours en cours». Cette fausse affirmation de madame Arosteguy sera vite réfutée par Guillaume Barucq qui insiste pour dire que «rien n'est fait» et que le recours qu'il a lui aussi déposé devant le Tribunal Administratif pour dénoncer l'irruption d'un promoteur immobilier en plein conseil municipal - incident déjà considéré comme irrégulier dans un courrier du préfet - est toujours en cours.

-Sur la mobilité, «l'équipe précédente n'a rien fait», selon Maider Arosteguy. Alors que chacun sait que c'est lui qui a créé les navettes.

«Michel Veunac appréciera», lui lance Michel Fournier.

-Michel Fournier, qui lors de sa précédente campagne a soutenu et aidé Maider Arosteguy qu'il décrit comme une «amie», se verra refuser ce qualificatif par l'intéressée qui lui rétorque : «On n'a jamais été amis» : ingratitude, quand tu nous tiens..!

-Les chiffres de l'Hôtel du Palais : Hyatt dit «tout va bien !».

Quels sont-ils ? : Une «absence de transparence», dénonce Jean-Baptiste Dussaussois Larralde, tout comme la facture du voyage de la maire et sa cour à Santa Cruz, qu'il a réclamée mais confirme n'avoir toujours pas reçue !

«10 millions d’euros», c'est le chiffre lâché par madame Arosteguy.

«De perte ou de bénéfice» interroge Richard Tardits, ajoutant qu'en 2024 le palace biarrot accusait un déficit de 12 millions d'euros ! Silence radio de madame Arosteguy qui a pourtant su interrompre ses interlocuteurs tout au long du meeting...

-Le lien trop ténu entre l'Hôtel du Palais et les Biarrots a été déploré par Ana Ezcurra, qui a fait un comparatif avec l'Hôtel Maria-Cristina de Saint-Sébastien qui a hébergé des personnes affectés par le Covid lors de la pandémie.

Voulant se mettre au même niveau que Saint-Sébastien, madame Arosteguy lui réplique en revendiquant que par le passé notre fleuron biarrot a aussi hébergé des blessés pendant la Grande guerre de 1914...

Sauf que c'était voilà plus de cent ans avant son mandat et que - nous l'en informons - l'ancienne demeure des empereurs n'était pas encore propriété de la ville qu'il l'a acquis en 1956 sous l'ère Guy Petit...

-Débat ouvert sur Pierre-Édouard Stérin : investissement politique ou sportif ? Car «ce club ne sera pas en équilibre financier jusqu'à 2032», précise Richard Tardits.

La personnalité ultraconservatrice de l'homme d'affaires dérange [NDLR : il est opposé à l'avortement et à ce que la femme travaille], mais madame Arosteguy, pour qui l'argent n'a manifestement pas d'odeur, assène «que les Biarrots s'en foutent», avant d'être démontée par Ana Ezcurra qui vient contester ce propos aussi vulgaire, opportuniste, que mensonger.

Au terme de ce meeting, les journalistes ont opportunément interpellé les candidats Barucq et Arosteguy pour connaître les ralliements possibles des listes entre les deux tours.

L'occasion pour Sauvegarder Biarritz de prendre confirmation, au travers de sa réponse, que Guillaume Barucq pourrait faire fusion avec la liste Arosteguy, puisqu'il ne s'est montré explicite et sans ambiguïté que sur son non-ralliement avec la liste RN de Michel Fournier, lequel, depuis lors, s'est retiré de la course.

[NDLR: nous rappelons notre publication du 15 janvier dernier ; nous avions interrogé les candidats sur leur possible ralliement à madame Arosteguy au second tour : Michel Fournier, Ana Ezccurra et Jean-Baptiste Dussaussois Larralde ont fermement exprimé qu'ils ne se fusionneraient pas à Maider Arosteguy au second tour, pour Richard Tardits «il y a très peu de chance», et Serge Blanco ne s'est pas exprimé à ce propos.]

Quant à madame Arosteguy, au cas où elle serait réélue, elle tient à rassurer les Biarrots : sa priorité sera de «continuer à m'occuper du quotidien des Biarrots, les loger, les protéger, continuer à rénover les écoles, continuer à permettre d'avoir des mobilités, du stationnement moins cher, mieux maillé, continuer surtout à avoir une ville très équilibrée sur le sport, sur la culture, on n'a pas parlé de culture, c'est vraiment dommage...».

De quoi se frotter nos oreilles après un tel feu d'artifice. Si elle était réélue, elle «continuera» à faire comme avant, c'est-à-dire : RIEN !

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