PERSONNEL COMMUNAL HARCELÉ : DES MAUVAISES PRATIQUES EN MAIRIE DE BIARRITZ
Les témoignages se suivent et se ressemblent.
Et à vrai dire, ils nous inquiètent.
Ils nous inquiètent car ils sont les récits de faits, mais surtout de personnes brisées.
Brisées petits bouts par petits bouts, insidieusement, silencieusement, méthodiquement.
Mais, au fait, de qui parle-t-on ? Du personnel communal.
Personnel communal : cela sonne comme un groupe informe. Mais ce sont des femmes et des hommes, des personnes douées de sensibilité et de sentiments.
Voyez-vous, beaucoup de choses auront, au cours de ce mandat choqué les Biarrots.
Les dilapidations, les passe-droits, l'irrespect envers l'Opposition, la mauvaise gestion des finances, le mépris des habitants, la négligence envers nos aînés, le renoncement à la Culture pour tous, le mauvais goût et la saleté de la ville, le prix prohibitif du stationnement, on en passe, et des meilleures. Mais demeurera une colère, de même que ne pourront s'éteindre les souffrances infligées envers tant de personnes qui ont travaillé ou travaillent encore à la Ville de Biarritz.
Des personnes atteintes par de profondes blessures après avoir subi, pour certaines le placard, pour d'autres un incessant harcèlement. Des personnes qui ont recours aux somnifères pour pouvoir dormir la nuit, des personnes qui endurent des dépressions. Et des familles entières douloureusement affectées, impuissantes pour aider leur femme, leur fils, leur mère, leur frère ; car un mal-être impacte toute la cellule familiale.
Alors y aura-t-il, parmi nos lecteurs, des Biarrots qui s'élèveront face à ces mauvais comportements que madame Arosteguy et son cabinet ont imposés au personnel communal ?
Nous en recevons des récits d'employés qui sont partis, mais aussi d'autres qui sont restés, coûte que coûte, vaille que vaille. Ils tiennent bon et attendent, eux aussi, le départ de ceux que bien des Biarrots nomment les malfaisants.
Ce qualificatif n'est pas une impression ou une opposition politique. C'est une réaction à une somme de malveillantes manœuvres qui ont moralement détruit des agents qui n'avaient pourtant rien à se reprocher.
L'une de ces Biarrots malmenés nous a demandé de parler pour raconter, certes ce qui lui est arrivé, mais aussi pour représenter toutes celles et ceux qui ne peuvent pas encore s'exprimer publiquement.
Elle, elle a choisi de partir. Et oui, prendre la fuite alors que son dossier démontrait son innocence... mais commençons par le début.
Madame X. avait tout pour être heureuse. Arrivée à Biarritz avec son mari voilà plus de vingt ans pour y rejoindre une partie de la famille, elle ne peut que se satisfaire des parcours accomplis de leurs enfants, et de son activité professionnelle où elle est respectée, tant par ses collègues que par ceux qui jouissent des services de son métier qu'elle aime et où elle se sent utile.
Treize ans : pendant treize ans, elle travaille pour la Ville de Biarritz. Nous respecterons son anonymat et n'exposerons pas ici dans quel secteur d'activité elle exerçait sa mission.
Comme au cœur de tout service, il y a une hiérarchie.
L'employée A, qui est référente, donne ses indications aux employés B (notre témoin madame X.) et C.
Tout est bien huilée, l'ambiance est bonne entre collègues, tout va pour le mieux pendant plusieurs années.
Puis, la responsable du service - l'employée A - est victime d'un accident du travail qui la contraint à se mettre en arrêt. Elle ne réintégrera pas son poste.
Ce poste s'étant libéré, il est aisément pensable que pour la fluidité du service c'est l'employée B qui sera désignée pour occuper les mêmes fonctions : elle connaît bien son métier puisqu'elle l'exerce depuis plus de trente ans. Il serait logique de faire confiance à son expérience, dans l'intérêt des usagers.
Mais contre toute attente, la mairie de Biarritz nomme une personne - qui n'est ni l'employée B ni l'employé C. Nous l'appellerons donc madame Y.
Il est vite découvert que cette dame a été mutée dans ce service par la directrice des ressources humaines, suite à des problèmes d'entente avec l'ensemble des collègues de l'ancienne structure de laquelle elle a été déplacée.
Bien que devenue la nouvelle référente, madame Y. n'est pourtant pas formée à son nouveau travail et semble rencontrer des difficultés à s'adapter, à appréhender l'étendue de sa charge et les responsabilités qui lui sont demandées. C'est un travail très technique où plusieurs qualités sont requises pour accomplir avec professionnalisme son travail.
Notre témoin - madame X. - va alors, sans rechigner, lui enseigner la totalité de sa mission. Peine perdue, madame Y. n'y arrive pas si bien que madame X. se trouve en devoir de la suppléer pour que soit maintenu le bon fonctionnement du service.
Pendant deux ans, subsiste ce déséquilibre qui mène à d'inévitables tensions, car quand une personne fait le travail de deux... ça peut créer des étincelles.
Puis un matin de mars 2025, alors que madame X. s'apprête à aller travailler, elle reçoit un SMS lui indiquant qu'elle doit se rendre de toute urgence en Mairie. Madame X. répond que cela est ennuyeux, son absence au travail allant forcément nuire à ses collègues et demande si ce déplacement peut-être décalé un peu plus tard dans la journée. Il lui est répondu - toujours par voie de SMS - qu'il s'agit bien d'une convocation immédiate : «C'est un ordre.» (sic).
Sur place, en mairie, la directrice des ressources humaines - madame Céline Briganti - lui fait part d'un dépôt de plainte contre elle de madame Y. pour «harcèlement».
Madame X. est ébranlée : elle a fait son travail, elle a fait celui de la référente, elle n'a jamais eu de problème sur son lieu de travail - fût-il d'ordre professionnel ou d'humeur - et elle se retrouverait accusée de harceler sa collègue ?!
Madame X. décide d'informer, par courrier, la maire Arosteguy de cette injustice : cette dernière argue de «la procédure en cours» et s'en lave les mains.
C’est à tort que Madame Arosteguy a réagi ainsi, car un maire qui s'implique dans le bon fonctionnement des services, c'est avant tout un maire qui s'assure de l'état de santé de ses agents, qu'un bon esprit de camaraderie règne parmi eux, dans l'intérêt même de la municipalité.
Avril 2025 : incroyable mais vrai, madame X. est convoquée en conseil de discipline. Accompagnée par son syndicat - la CFDT -, elle donne des preuves tangibles de sa bonne foi au travers de témoignages écrits d'anciens et actuels collègues et des usagers.
Le Tribunal Administratif donne son avis qui est pleinement en faveur de madame X. : elle est blanchie. Mais, il faut le savoir, cet avis n'est pas contraignant pour la Mairie qui conserve la prérogative de le suivre ou pas.
L'issue de cette triste affaire est celle-ci : la directrice des ressources humaines indique à madame X. que sa nouvelle mission sera d'«aller balayer les rues de Biarritz». Oui, vous avez bien lu, madame X. est déchargée de toute responsabilité envers madame Y. et rétablie dans son honneur, mais il lui est néanmoins indiqué qu'elle sera cantonnier aux premières heures du jour.
Madame X. s'émeut de cette sanction qui n'a pas lieu d'être puisqu’elle est lavée de tout soupçon : il lui est répondu qu'«elle est titulaire de son grade mais pas de son poste».
Dans cette mise à pied est à relever une grave anomalie dans la procédure des ressources humaines : l'employé C n'a jamais été reçu pour donner son point de vue et son témoignage sur la situation. Seule la version de madame Y a été retenue. Pourquoi ?
Quant à madame X, elle a, de son côté, porté plainte à la Police pour «diffamation et harcèlement» contre madame Y, cette dernière faisant même des photos de madame X à son insu ! Cette plainte n'a donné lieu à aucune suite, aucun rappel à l'ordre, aucun avertissement.
Bilan : 9 mois de dépression. C'est le prix de l'humiliation subie.
Madame X. est reconnue par cinq médecins différents comme étant au bout du rouleau de ce mauvais procès et de l'acharnement exercé contre elle.
Entre alors en jeu Anne Pinatel - adjointe à la Culture, à l'Euskara, aux Anciens combattants et aux Ressources Humaines - qui lui assure que son arrêt «n'est pas un accident du travail».
Il est regrettable, et même coupable, que madame Pinatel exprime ainsi sa méconnaissance du droit français qui reconnaît qu'une dépression, liée au travail, est bien - sur preuves médicales - considérée comme un accident du travail.
Eu égard au nombre de cas similaires qui se sont accumulés en Mairie de Biarritz, cette information aurait dû lui parvenir avant. Cela aurait pu la dispenser de rajouter davantage de détresse à celle d'une victime.
Nous vous l'avons dit en début de texte ; madame X. a démissionné.
Elle a choisi la liberté plutôt que la soumission. Elle a choisi de fuir ce climat malsain.
Mais elle ne tolère pas que son histoire passe sous silence.
Depuis février 2024, Sauvegarder Biarritz informe les Biarrots de dérives, de manquements et de mauvaises décisions. Mais nous étions loin d'imaginer être un jour les dépositaires de tant de doléances, de tant de confidences, de tant de confiance de la part des Biarrots victimes de maltraitances à leur travail au sein de la municipalité.
Nous savons que nous avons fait œuvre utile, ne serait-ce que pour permettre à des personnes qui auraient, sans le support de notre parole libre, été piétinées et invisibilisées.
Formons le vœu que Justice leur soit rendue.
