MIRACLE ÉLECTORAL : BIARRITZ DÉCOUVRE LE BALAI À UN MOIS DU SCRUTIN
À Biarritz, la propreté arrive juste à temps pour voter. Voulant probablement singer l'opération de communication de Rachida Dati, qui en décembre dernier s'était mise en scène en train de ramasser les poubelles avec les éboueurs et assurait aux riverains «Avec moi, Paris sera propre» - en référence à la maire sortante Anne Hidalgo qui fait l'unanimité des Parisiens sur la saleté de leur Ville -, la candidate Arosteguy lance à son tour sa campagne de propreté dans la cité biarrote... à un mois des élections municipales.
À ceci près de différent d'avec l'actuelle ministre de la Culture à laquelle l'on pourrait accorder le bénéfice du doute sur la tenue de sa promesse, c'est que madame Arosteguy vient d'occuper le fauteuil de maire de la cité impériale. Un long - trop long, au goût de nombreux Biarrots - mandat de six années durant lesquelles la saleté aura été visible au détour de chaque rue de notre ville, où des nuisibles ont investi des habitations biarrotes, dans l'indifférence générale dans la majorité Arosteguy.
Devenu le bureau des pleurs, aussi bien de ceux lassés de l'affligeant spectacle de poubelles débordantes à toute heure de la journée, avec souvent des effluves déplaisantes pour notre appendice nasal, que ceux qui ont vu s'inviter chez eux rats et cafards, conséquences d'un défaut d'entretien - notamment des égouts -, lors de publications passées nous avions alerté la Ville sur ses manquements... mais en pure perte.
Des plaintes ont aussi été formulées par courrier à la mairie ou auprès de «Allo madame le maire».
Sans effet !
Il est consternant de constater le mépris, la désinvolture ou tout simplement l'incapacité de la maire à avoir géré cette question de salubrité et d'hygiène publiques.
Au lieu d'y remédier sine die par une action structurelle, celle-ci a cherché à se dédouaner dans un post, incriminant d'abord l'agglomération qui selon elle tardait à fournir des containers plus grands, puis à se défausser en accusant «des incivilités, ou plutôt des porcs qui ne respectent rien» et de poursuivre «Notre belle ville n'est pas une déchèterie à ciel ouvert...», même si cela y ressemble bigrement.
Ce commentaire illustre une réaction à la Ponce Pilate, car à tout problème existe une solution, à condition de vouloir la trouver et donc de la rechercher.
Il n'est donc pas loyal, et encore moins opérant, d'incriminer les autres pour fuir ses responsabilités.
Alors et surtout que ce qui aura heurté nos yeux durant ces six années passées, ce sont en particulier les poubelles - bien municipales - en particulier celles aux abords de la Grande-Plage, sur le promenoir où déambulent des milliers de touristes. Biarritz, «Cité impériale» dites-vous ? Hum...
Alors après avoir été interpellée durant tout son mandat sur la saleté de la ville, les poubelles débordantes, la présence de rats et de cafards, sans obtenir d'elle un remède, la maire de Biarritz lance une «opération propreté» et vient d'embaucher huit agents d'entretien, à un mois des élections, pour sa com' : 8 cantonniers contre 6 ans d'inaction !
Ce qui choque et interroge, ce n'est pas l'embauche en soi de ces huit agents, qui serait salutaire, mais c'est le timing de cette embauche : un nettoyage de printemps... en plein calendrier électoral !
Pourquoi cette mesure n'a-t-elle pas été prise plus tôt, alors que les problèmes étaient connus depuis des années ?
Pourquoi maintenant et pas avant ?
Il s'agit de manière grossière d'une gestion opportuniste, d'une mesure ponctuelle pour servir une communication électorale, plutôt qu'une politique publique.
Ces embauches ne sont d'ailleurs pas pérennes, mais pour une durée temporaire limitée à trois mois. Trois petits tours et puis s'en vont. Juste le temps de saupoudrer de la poudre de perlimpinpin aux Biarrots ; ah oui !, ceux que dame Arosteguy appelle «nigauds».
Lors du vote du budget a-t-on vu la maire prévoir une rallonge de l'enveloppe «entretien et propreté» pour l'avenir ? NON ?
Lors du vote du budget l'a-t-on vue initier un plan global de dératisation et de collecte de poubelles plus fréquente ? NON PLUS !
Lors du vote du budget l'a-t-on vue mettre en place un nettoyage au karcher des abords de cafés ? TOUJOURS NON !
Cette prétendue prise de conscience tardive est une maladresse de plus du camp arosteguien... qui, il est vrai, n'a plus de directeur de campagne !
Attention que cette embauche ne se transforme en embuche et que ce coup de balai électoral ne se retourne contre madame Arosteguy...
