LE DRÔLE D'ENTOURAGE DE DAME AROSTEGUY

Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es.

Quand on est le premier magistrat d'une ville, on est hélas contraint de faire le pointilleux, le délicat sur ses fréquentations. Ce n'est pas marrant, mais c'est comme ça. Car il ne s'agit plus simplement de préserver sa réputation - fut-elle bonne ou mauvaise - mais de protéger sa fonction et l'image de la ville que l'on véhicule.

Si l'on n'est pas exigeant pour soi-même, il convient tout de même de l'être pour la dignité de la fonction que l'on sert.

«Au village sans prétention, j'ai mauvaise réputation.» : c'est ainsi que de surprenantes mais vérifiables et vérifiées informations nous sont parvenues quant aux accointances de la personne qui se revendique depuis 2020 maire de Biarritz.

Dans ce curieux pot-pourri nous retrouvons un «spécialiste» de la période russo-biarrote, qui se dit «passeur d'âme» sur son temps libre et promet de communiquer avec des défunts dans l'au-delà. Oui, oui. Ce n'est pas terminé : l'individu pratique aussi du «désenvoûtement à distance et le nettoyage énergétique des personnes et des lieux». On baigne en pleine dinguerie : à se taper la tête contre les murs.

Il nous a été donné d'entendre qu'un élu de la majorité s'est bagarré - sur fond d'une sombre histoire d'argent - avec un associé de bar, et n'avait rien trouvé de mieux que de lui mordre les parties intimes. Il ne manquait plus que ça : un cannibale en conseil municipal ! Et grossier avec ça. Encore un film bien glauque. Cela témoigne d'une douceur de miel de cet individu anthropophage à ses heures.

Puis nous avons le reluqueur de jeunes femmes, celui qui aime à se pendre au cou de petites minettes qui ont le tiers de son âge. Ça fait bon genre ça aussi. Et puis ça ne se cache pas, ça pose - coupe à la main, rire gras et chaîne en or -, heureux de cette fausse jeunesse retrouvée. Remarquez, le Polichinelle a le mérite de la franchise de ses sentiments : il est franc, franc-maçon même.

Vient ensuite le candidat raté, car devenu inéligible, et qui a laissé un champ de ruines dans sa ville d'Île-de-France. Vous savez, celui qui est parti plus vite que prévu : pas mauvais bougre, mais les soirées en boîtes, les filles, tout ça, ça tourne la tête et on ne sait plus ce que l'on fait. Quelques photos de prises, euh... prises sur le vif, et il faut préparer son baluchon et partir se faire oublier dans un ailleurs lointain. Allo tonton, pourquoi tu tousses ? Depuis, tous toussent en mairie de Biarritz.

Faudra pas oublier celle qui vient de l'Est. Oui, celle qui a œuvré activement pour que se tienne, à Biarritz, un étonnant congrès aéronautique de sociétés russes - sans que cela ne semble déranger quiconque dans la Majorité municipale - avant que des salariés avisés opposent leur catégorique veto. Celle qui à peine les valises posées en France sait magnifiquement s'assurer une place stratégique dans une mairie, en conseil municipal : si ça peut servir des intérêts, espérons qu'ils soient français ou du moins que sa fidélité soit plurielle.

Quant à l'autre russophone du conseil, la dépressive chronique, la muette qui prend ses commandements chez le patron à la maison et qui préférerait s'occuper de ses navets dans son potager, Biarritz retiendra d'elle son «Russian Film Festival» organisé par la Fédération de Russie, et ses manigances pour faire venir les ballets de Saint-Petersbourg par l'entremise d'un agent sulfureux. Tout cela pendant que le courageux militant anti-dictature russe Vladimir Ossetchkine qui réside à Biarritz dit «Je vis caché, pour rester en vie», lui qui a échappé à plusieurs tentatives d'attentat.

Quant à l'omniprésent mari de la dépressive - celui qui donne son avis que personne ne sollicite ni ne daigne considérer - sait délier bourse au moment des campagnes municipales pour s'acheter une bonne - et même deux ! - places éligibles sur la liste. En témoignage de foi et d'hommage, ce vassal se plaît à adouber de fausses informations de surcroît calomnieuses sur des tiers... Ça occupe !

Et puis apparaît la «wannabe» influenceuse de village, la mytho de la toile : celle qui est venue, qui est partie, qui est revenue, qui est repartie, qui est revenue et qui, après l'impossibilité de conserver un emploi dans le privé, tente - après tant de zigzags - et en ultime recours, l'aventure politique. Certains lui ont dit que ça pouvait rapporter gros, très gros, si on sait se servir utilement du carnet d'adresses du paternel. En attendant, les reels et les photos donnent matière à rire aux Biarrots. C'est déjà ça.

Peut-on résister d'évoquer celui à qui l'on peut tout demander, même l'impossible ? Le fumeur du préau de la mairie aux chaussures qui rebiquent, l'homme qui confond métier et engagement politique. L'homme de main qui prend ses ordres de la tour d'ivoire et répand la terreur partout où il passe. Celui qui sait que ce n'est pas légal mais qui ne s'encombre pas de ces détails. Un ordre c'est un ordre et puis, elle l'a dit, «le boss c'est moi !». Faut s'exécuter sans discuter, sans ça c'est retour au supermarché entre les bocaux de petits pois et le Paic citron.

Faudrait pas oublier les vidés du bocal, les derniers de la classe, les pas rapides du cervelet, les ânes bâtés, ceux qui sont du genre à secouer la tête quand on leur tend un éventail : ces chargés d'oripeaux qui se sont trouvés enfin une mission où ils croient être utiles à la Nation française. Ces manipulés consentants, ces groupies pathétiques - qui en redemandent malgré les humiliations passées et présentes - se prennent la flotte dans le pif pour tendre aux passants des flyers que ceux-ci refusent. Ils usent leurs semelles à remplir les boîtes aux lettres, ils se font des varices sur la place des Halles à attendre la gentille petite dame qui n'osera pas leur refuser leur Pravda.

En vérité peut-on leur en vouloir, ils ne sont recyclables dans aucun autre camp biarrot : qui voudrait s'encombrer de ces insignifiants, de ces fayots falots ?

Et puis il y a le compagnon surnommé dans le milieu de la Droite «la patate chaude», celui que l'on croit de prime abord être une bonne recrue et qui s'avère à chaque fois être un encombrant. L'importun se refile de ville en ville et d'agglomération en département, jusqu'à ce que la cocotte minute explose à nouveau. Ce personnage pervers se vante de faire des fiches sur tout le monde et, comme un aveu d’impuissance et d’échec, ne craint pas de se comporter en falsificateur de la vérité, ni en faussaire de la réalité des activités et de la vie de tiers, si ces artifices aux émanations fétides pouvaient être de nature à assurer la survie de sa complice. Avec son langage de charretier - pas étonnant qu'il se complaise dans la scatologie - ce supplétif ne connaît rien au devoir de réserve ; ça ce sont des règles pour la piétaille. Pas pour lui, voyons.

Le cowboy-réac aux chaussettes rouges voudrait bien faire de la politique, mais deux choses lui pèsent : un passé... compliqué et un courage défaillant. Alors il agite son pantin pour tenter d'oublier ses échecs successifs et se donner l'impression d'exister. Le mentor joue l'oreillette pendant les conseils municipaux, mais n'est pas spin doctor qui veut ! Et puis quand l'élève part en sucette...

Enfin. Que du beau monde.

Outre l'opacité, l'entre-soi, les arrangements avec le ciel et les lois, il faut aussi compter avec un certain nombre d'olibrius de la galaxie, qui ridiculisent la fonction de maire et engagent la réputation d'une ville tout entière.

C'est quelque chose la réputation. C'est ce qui permet de marcher la tête haute, en sachant que l'on a su faire du bien à sa communauté, que l'on a la conscience propre, que l'on n'a plus rien à prouver ni à soi ni aux autres.

Ça compte pour ceux qui ont un certain sens moral.

Une réputation ce n'est pas une promesse de campagne. C'est la matérialité des actions d'un être et de son parcours. Ça ne se maquille pas, ça ne s'achète pas. Et dans une petite ville ça ne s'invente pas grâce à une agence de communication.

Mais pour d’autres, peu importe les moyens seule compte la fin. Alors, s'il faut piétiner des amis sur son passage, qu'importe ! S'il faut renoncer à sa probité, tant pis si on y trouve son compte ! S'il faut ranger au placard sa vertu, soit !

Goethe disait que «Le respect de nous-même est la règle de notre moralité». Et au fond, c'est cela avant tout : se respecter soi, respecter son nom, ceux qui l'ont porté avant nous et ceux qui le porteront demain. Ce respect des valeurs morales, qui guident la manière avec laquelle nous agissons envers d'autres et les choix que nous faisons, nous définit durablement.

Ils auront voulu éviter la défaite au prix du déshonneur. Ils auront la défaite et le déshonneur.

Posts les plus consultés de ce blog

JEAN-BAPTISTE DUSSAUSSOIS-LARRALDE : UN HOMME NEUF, CANDIDAT À LA MAIRIE DE BIARRITZ

ALGUE TOXIQUE : MISE EN DANGER DE LA POPULATION

POLITIQUE PARTOUT : QUAND UN FESTIVAL S'ÉGARE DE SA MISSION