ENCORE UN DÉRAPAGE DE MAX BRISSON : PROVOCATION OU ÉLECTORALISME ?
C'est terrible, pour un élu, de se couper de ceux qu'il est censé représenter. Vous savez, ces gens qui votent... oui, le peuple. Nous tous, quoi.
Il y a une formule que tout élu convoque au soir de sa victoire : celle de dire qu'il est l'élu et le représentant de tous, même de ceux qui n'ont pas voté pour lui. Si cette phrase peut paraître un peu primaire, elle est nécessaire pour poser des bases solides entre tous.
À l'évidence, le sénateur biarrot Max Brisson n'a, lui, pas fait sienne cette règle d'or.
«JE NE RECEVRAI PAS L’ASSOCIATION ALDA.
Je regrette vos méthodes d'action. Les intrusions répétées dans des propriétés privées, les occupations de locaux, voire les tentatives d'intimidation, ne sont pas acceptables. Je ne peux pas accepter qu'une association se substitue à la justice, et encore moins qu'elle livre des noms à la vindicte populaire, ce qui est indigne du débat démocratique.»
Sous ce titre, et dans un post complètement à contre-courant de ce que le terrain révèle au quotidien aux yeux de nous tous, le sénateur Brisson choisit plutôt d'attaquer une association - Alda - dont l'action, le travail et les réflexions menés par ses bénévoles a permis des avancées significatives sur la grave question du Logement en Pays Basque.
Au lieu de rendre hommage à des citoyens qui contribuent à accompagner d'autres citoyens qui seraient autrement livrés à eux-mêmes, monsieur Brisson adopte la porte fermée.
Cette porte n'est pas seulement fermée, mais claquée à la figure de tous ceux qui militent au sein d'Alda. Elle l'est aussi à ceux qui financent, à ceux qui approuvent et à ceux qui parlent autour d'eux de cette salutaire initiative. Ce sont aussi ces militants de l'ombre qui ont porté Alda à être bien plus qu'une association, mais un porte-parole du «je veux pouvoir vivre ici, là où je suis né, là où je me plais, là où je suis».
Alda n'est plus simplement une association : elle est porteuse d'idéaux et de valeurs, d'éthique et d'humanité.
Mais tout cela est balayé d'un revers de main par monsieur Brisson qui déploie une stratégie politicienne et pense - à tort - complaire à une partie de son électorat en ayant des mots durs envers Alda : il n'a décidément rien compris.
Car ce sujet du logement, ou plutôt du mal-logement ou du pas-de-logement-du-tout, est tellement généralisé qu'il n'y a pas d'idéologie de gauche ou de droite à faire valoir. Ce n'est pas une affaire de parti, de camp ou de tendance, car plus personne n'échappe à la difficulté de se loger au Pays Basque, en particulier sur la côte.
-Quand un couple qui travaille, avec deux enfants, ne peut se loger malgré des revenus confortables, quelle importance qu'ils soient de gauche ou de droite ?
-Quand une mère qui élève seule ses trois enfants se retrouve dans un logement insalubre, sa supposée appartenance politique change-t-elle quelque chose à son affaire ?
-Quand un homme de 75 ans se trouve piégé à signer un bail illégal, doit-il revendiquer être titulaire de la carte d'un parti en particulier ?
Mais Monsieur Brisson, lui, préfère encore et toujours politiser ce sujet du Logement. Pourquoi ?
Est-ce justement pour opportunément fuir ce débat démocratique ?
A-t-il peur d'être mis face à ses contradictions ?
Jadis farouchement opposé à l'augmentation de la taxe sur les résidences secondaires jusqu'à ce que la pression populaire lui enjoigne à changer d'avis, craint-il que ce positionnement lui soit reproché ?
En usant de cette porte claquée qui ferme toute possibilité de dialogue, Max Brisson croit n'avoir pas à répondre de ses actes. Il se trompe et nous le regrettons sincèrement.
Être un élu de la République force au respect de ses contradicteurs : ce n'est pas un choix, c'est un devoir. Sa fonction l'oblige au dialogue et à l'échange - qu'il le veuille ou non - avec des interlocuteurs sur des questions pour lesquelles il éprouve ou pas un intérêt.
Il ne lui est pas demandé d'aimer, d'apprécier ou de partir en vacances avec les personnes qui animent Alda. Il lui est demandé, dans le cadre de sa mission d'élu rémunéré par la République, d'entretenir des rapports cordiaux avec tous, donc y compris avec l'association Alda.
L'association Alda a répondu à monsieur Brisson dans un texte intitulé «Max Brisson ne recevra pas Alda mais fera-t-il quelque chose pour le droit au logement ?», en rappelant les actions qu’elle a initiées et qui ont permis une prise de conscience collective de l'ampleur du problème.
Elle rappelle aussi que «Alda a déjà été reçue par plusieurs préfets, deux ministres du Logement (Pascal Vergriete et Guillaume Kasbarian), ou leur cabinet (Valérie Létard)...», conférant à ces bénévoles une véritable légitimité, même parmi les instances parisiennes.
«Indigne» : reprenant le vocable utilisé par monsieur Brisson, l'association dit que «ce qui est indigne, pour Alda, ce sont les conditions de vie et de logement de milliers de personnes au Pays Basque et l'impunité de propriétaires voyous.».
Pour ces bénévoles «Il faut agir pour le droit au logement en s'attaquant aux pratiques frauduleuses, pas aux associations qui les dénoncent.».
Comment peut-on montrer du doigt ceux qui ont le courage de s'élever face à des fraudeurs dont certains ont été reconnus comme tels et condamnés par la justice française ?
Mais au-delà de ce buzz qu'il a sciemment voulu créer, le sénateur Brisson souligne involontairement le problème de l'élu qui refuse de peser de tout son poids pour faire évoluer la réglementation, face au défi subi par les locaux de pouvoir vivre et se loger ici, au Pays Basque.
C'est un point clé. En l'absence de toute action volontariste de ceux qui portent notre parole à Paris où se joue notre avenir, la seule option pacifique reste la voie associative composée de personnes issues de la société civile.
Alors, est-ce que les coups de menton de monsieur Brisson servent la liste qu'il a décidé de soutenir au prochain scrutin ? Pas certain.
Pourtant, celui que Biarritz désigne comme le candidat-à-tout, est déjà en carence d'affection dans une grande partie de la liste Arosteguy. Il est à craindre pour celle-ci que cette rivalité que monsieur Brisson engage avec Alda soit encore un point qui vienne déséquilibrer une liste qui n'a pas le vent en poupe auprès des Biarrots.
Avec du recul, on peut comprendre qu'en 2014 l'opinion populaire ait jugé Max Brisson inapte à diriger notre ville. Il n'a, dès lors, eu de cesse de tenter d'entrer à nouveau par la petite porte dans la maison Mairie.
Qui ne se souvient, en 2020, du travail acharné qu'il a livré pour le candidat aux Municipales Didier Guillaume, avant que ce dernier renonce ? Face à sa défection, monsieur Brisson avait, au dernier moment, soutenu timidement la candidature Arosteguy, tandis que cette dernière, rancunière, lançait à l'encan ne pas vouloir «s'encombrer» de lui sur sa liste.
Aujourd'hui, la pression opérée sur la maire sortante pour intégrer sa descendance - faute de quoi.. ? - l'oblige à se montrer un arosteguien heureux et convaincu. Ainsi va la vie !
Celui qui rejette aujourd'hui le dialogue avec Alda manque un rendez-vous avec l'histoire... ce qui est bien cocasse pour quelqu'un qui a été - il y a certes longtemps - professeur d'Histoire.

