DÉBAT TÉLÉVISÉ AU BELLEVUE : AROSTEGUY LA LANTERNE ROUGE

Un nouveau meeting s'est déroulé en huis clos en présence des six candidats aux Municipales restés en course, Monsieur Michel Fournier ayant rallié la liste de Richard Tardits.

À l'inverse du précédent débat organisé par Ici Pays Basque, cette nouvelle confrontation nous est parue un peu fade, sans doute du fait que les interviewers de TVPI, Sud-Ouest, TV7 et Public Sénat, avaient choisi de revenir sur les thèmes déjà débattus grâce à leurs confrères Odile Faure et Yves Tusseau, nous donnant donc un sentiment de déjà-vu.

Les réponses aux questions déjà posées ont été sans surprise, il n'est donc pas utile de les rappeler ici.

Néanmoins, cette rencontre aura eu le mérite de confirmer la bonne ou mauvaise impression que l'on avait pu avoir lors de la première, et de constater que la plus décevante fut encore madame Arosteguy qui semblait avoir avalé un verre de vinaigre juste avant sa prestation, les yeux rivés sur ses notes... mais à côté de ses pompes.

Privilège de maire sortante, focalisons-nous justement sur sa prestation. 

Sauvegarder Biarritz s'amuse toujours de voir madame Arosteguy se proclamer grande conseillère de chefs d'entreprise sur son programme de campagne, ou lors de ces débats pour les Municipales.

Dans cette affirmation, la maire sortante se présente comme une sorte de stratège pour entrepreneurs, une architecte de décisions majeures, une experte en arcanes juridiques et stratégiques qui gouvernent leurs décisions.

Tout cela serait estimable si le contenu de ses propos - dénué de rigueur, de précision et de maîtrise de certaines  notions - ne venait mettre sérieusement en doute ce CV flatteur qui ressemble davantage à un leurre. Car s'il est certes aisé de se dire experte, les mots, eux, finissent par dire le contraire.

Conseiller des dirigeants impose une responsabilité particulière : celle de manier les mots avec la même exactitude que les concepts qu'ils désignent. C'est sur cette cohérence que la crédibilité se construit, sinon c'est une mystification de la part de celle qui accroche fièrement le ruban rouge de la légion d'honneur au revers de sa veste - pas encore électorale -, sans doute pour que cette distinction vienne berner ceux qui ne sont pas en capacité d'évaluer par eux-mêmes ses aptitudes.

Ainsi, il est toujours fascinant d'observer avec quelle assurance certains esprits se parent d'une autorité que le temps ne leur a jamais donné d'acquérir. Car il est assez gonflé de prétendre éclairer des décideurs quand on confond les termes «préemption» et «réquisition» ; cela ne relève pas d'un simple lapsus, pas plus que d'une nuance subtile : le premier concerne un droit d'acquisition prioritaire encadré, le second un pouvoir d'autorité autrement plus contraignant. Passer ainsi, avec la légèreté d’un saut à l'élastique, du droit fondamental de priorité à l’exercice autoritaire de la contrainte, pose question.

Cette confusion - qui ne peut être une approximation - a obligé Jean-Baptiste Dussaussois Larralde à réagir. Parce que ce n'est pas la première fois que madame Arosteguy propage une supposée intention du fringant candidat de réquisitionner les logements vacants biarrots. Comme nous ne pouvons imaginer que c'est à dessein et pour lui nuire qu'elle dispense une telle contre-vérité - elle et son compagnon qui, comme chacun sait, déplorent les coups-bas de la campagne - nous considérons donc que la maire sortante ne maîtrise ni les notions juridiques, ni le vocabulaire français.

À propos de ses approximations sémantiques, nous avions déjà eu à entendre madame Arosteguy, lors d'un conseil municipal, assimiler «privilèges» et «privautés». Cette autre confusion relève du même aplomb : transformer un avantage ou une faveur, à des manières trop hardies ou des gestes audacieux voire inconvenants... Métamorphoser le sens des mots illustre peut-être un esprit inventif de la maire sortante mais, hélas, la créativité ne remplace pas la compétence.

Confusion du sens des mots donc, mais aussi confusion des faits : madame Arosteguy s'est encore autorisée à affirmer que le recours déposé par monsieur Dussaussois Larralde avait été rejeté, ce que l'intéressé a dû, une fois encore, contester.

D'ailleurs, le candidat Dussaussois Larralde semble être l'élu de son coeur pour être sa cible : il est vrai que l'ancien conseiller municipal d'opposition surprend favorablement les Biarrots par le caractère incisif de ses répliques que ne laissait pas présager sa tête d'ange, et par la qualité de son discours qui prouve une totale connaissance des sujets.

Nous avons retrouvé cette même précision dans les interventions de madame Ezcurra et son programme.

Il est d'ailleurs remarquable que ces deux candidats précités, avec messieurs Tardits et Barucq, ont été les seuls à intervenir sans papier.

Monsieur Tardits a montré une aisance dans son expression et a exposé des axes d'actions qui semblent réfléchies ; interpellant la maire sortante, monsieur Barucq a abandonné son ton consensuel pour lui adresser quelques piques dont il n'était pas coutumier.

Des idées et des informations bien moins claires chez madame Arosteguy, aggravées par un usage très imparfait de la langue de Molière. En particulier lorsqu'il s'agit des pronoms relatifs, ces modestes outils charnières de la pensée qui relient les idées entre elles sont malmenés ; les accorder correctement n'est pas une coquetterie grammaticale mais un minimum requis pour produire un raisonnement qui tienne debout. Lorsqu'ils vacillent, c'est toute la phrase qui s'effondre et de fait, avec elle, la crédibilité de celle qui la prononce. Lequel, lesquels, laquelle, etc...

Ils structurent la pensée autant que la phrase, de sorte que leur mauvais accord trahit une approximation peu compatible avec l'exigence que requiert le conseil de haut niveau.

Alors quand on affirme accompagner des dirigeants pour lesquels la précision n'est pas un accessoire, parler avec un vocabulaire précis et parler en respectant les règles grammaticales, ce sont des outils de base pour prétendre guider des chefs d’entreprise qui ont besoin d'analyses solides, pas d'à-peu-près lexicaux. 

Un professionnalisme ne se décrète pas ; il se construit. Mot après mot. Accord après accord. Concept après concept. Et s'il est permis d’ignorer, il l'est moins de pontifier sur ce que l'on ne maîtrise pas, même si l'autorité proclamée dispense parfois, aux yeux de certains, de donner les gages qui fondent pourtant toute crédibilité durable.

Conseiller suppose moins de parler haut que de penser juste. À défaut, on ne peut pas conseiller, on improvise. Et l'improvisation lexicale n'a jamais constitué une stratégie.

Sinon, il ne reste qu'une posture. Et les postures ne résistent généralement pas longtemps à la première question sérieuse et elles se traduisent souvent par une imposture.

Face à ce spectacle désolant, il en est un autre : celui des serviles soutiens de madame Arosteguy qui jouent les intermédiaires sur un compte Facebook crapuleux - qui n'existe qu'au seul service de cette dernière. En se compromettant à s'exprimer sur ce support abject pour insulter les candidats et leurs colistiers qui osent se présenter face à la maire sortante au bilan lamentable, ils souillent la démocratie. Quel manque de dignité...

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