CORRUPTION D'ÉLECTEURS : À BIARRITZ, LE RACOLAGE N'A PLUS DE LIMITE
Il n'est pas inutile, en préambule à ce texte, de définir ce qu'est véritablement la corruption électorale.
Voici donc : la corruption électorale, c'est lorsqu'un élu ou un candidat offre de l'argent, des promesses d'emploi, des avantages ou des biens, en échange d'un vote ou d'un soutien électoral.
Cette précision faite, passons maintenant au sujet qui nous préoccupe : les cadeaux de fin d'année faits aux personnes âgées enregistrées au CCAS (Centre Communal d'Action Sociale).
Nous ne pouvons qu'approuver l'idée d'apporter un peu de joie à des Biarrots souvent isolés et parfois aux ressources limitées. Qui pourrait leur contester ce plaisir ?
Mais ce coup-ci, il s'agit d'autre chose. Envoyer un cadeau de Noël aux seniors à la fin du mois de février et... à moins d'un mois avant les élections municipales : c'est gros, très gros, trop gros.
C'est une grossière manière d'enjôler des personnes vulnérables à voter pour une certaine liste qui n'est autre que celle de madame Arosteguy.
Alors, vous pourrez dire à juste titre, qu'est-ce qui nous fait dire cela ?
Une petite carte jointe à la boîte de chocolats de chez Miremont (35€ la boîte chez le commerçant en question), sur laquelle on peut lire «Madame le Maire de Biarritz, Présidente du CCAS et le Centre Communal d'Action Sociale vous présentent leurs meilleurs vœux.».
Il n'est pas fait état d'un don de la Ville de Biarritz ou du conseil municipal de Biarritz. Non, non.
On aurait pu joindre aussi le personnel communal ou encore les habitants de Biarritz, puisque ce sont leurs impôts qui financent cette action... Non, non, toujours pas.
Seule madame Arosteguy a le privilège de figurer en généreuse donatrice, délaissant même sa Majorité et l'adjoint référent. Chacun pour soi et Dieu pour tous.
On savait madame Arosteguy fâchée avec le Code Général des Collectivités Territoriales, il faut maintenant rajouter à cela le Code électoral dont elle ignore - ou feint d'ignorer ? - le contenu.
L'article L106 du Code électoral préconise que «Quiconque, par des dons ou libéralités en argent ou en nature, par des promesses de libéralités, de faveurs, d'emplois publics ou privés ou d'autres avantages particuliers, faits en vue d'influencer le vote d'un ou de plusieurs électeurs aura obtenu ou tenté d'obtenir leur suffrage, soit directement, soit par l'entremise d'un tiers, quiconque, par les mêmes moyens, aura déterminé ou tenté de déterminer un ou plusieurs d'entre eux à s'abstenir, sera puni de deux ans d'emprisonnement et d'une amende de 15 000 euros.
Seront punis des mêmes peines ceux qui auront agréé ou sollicité les mêmes dons, libéralités ou promesses.».
Quant au Conseil d'État, il juge que : «Toute manœuvre consistant à offrir des avantages matériels en vue d'influencer un vote constitue une pression sur l'électeur.». Et que parmi ces manœuvres interdites sont cités les «dons alimentaires ciblés en échange d'un soutien».
Dans le cas où il est établi qu'une altération de la sincérité du scrutin a bien eu lieu, le Conseil d'État peut et a déjà annulé des élections municipales lorsque des dons en nature ont été distribués juste avant le scrutin, que l'écart de voix était très faible, ou encore si les bénéficiaires étaient clairement identifiés comme électeurs.
Revenons à Biarritz.
Et si nous parlions du ciblage ? Nous assistons ici à une flagrante volonté de circonvenir une fraction de la population. Une fraction d'habitants dont la fragilité oblige tout interlocuteur à un comportement mesuré et que l'on ne saurait - par probité morale - chercher à embobiner.
Probité ? Moralité ? À n'en pas douter, des mots qui n'ont pas trouvé leur chemin vers la Mairie de Biarritz.
Qui s'élèvera contre ces mauvaises pratiques que l'éthique réprouve et que la loi condamne ?
Faudra-t-il encore entendre les mêmes questions posées aux candidats lors des débats ? Toujours les mêmes sujets : le Logement, l'Hôtel du Palais, Aguilera, la présence de Pierre-Édouard Stérin au BOPB... et rien que ceux-là ? Est-ce bien sérieux ?
N'y aura-t-il donc aucun support de presse pour poser les questions qui dérangent, et sortir des éléments de langage rodés ?
S'agit-il, de leur part, d'une méconnaissance des sujets ayant trait à Biarritz et surtout des thématiques auxquelles les Biarrots s'intéressent ?
Il est naturel que les candidats à la Mairie de Biarritz se déploient, entre autres points, sur leurs intentions à propos du Logement, de Hôtel du Palais, d'Aguilera ou sur Pierre-Édouard Stérin.
Mais il semblerait que certains professionnels de la presse se trompent sur les véritables préoccupations des Biarrots. Et chez Sauvegarder Biarritz, une forme de sondage informel s'opère.
Parmi leurs priorités, caracole en tête la volonté qu'arrive aux manettes une majorité connaissant la définition des mots vertu et transparence dans les affaires publiques.
Exactement le contraire des agissements que nous révélons ce jour !
Quant aux litigieux chocolats, une question demeure : était-ce des boîtes périmées de Noël gardées dans les caves de la Mairie jusqu'à la fatidique date de la fin février ?
