BIARRITZ : UN CERTAIN ART DU GIROUETTISME AU CŒUR DU PARTI HORIZONS

L'inconstance, en politique, est certainement ce qu'il y a de plus navrant dans ce bas monde.

Qui a dit, en juillet 2016, en parlant d'Emmanuel Macron : «Je ne crois pas du tout à ses chances», tout en étant «assez souvent d’accord avec lui» ?

Qui a dit, en janvier 2017 : «Macron, qui n'assume rien mais promet tout, avec la fougue d'un conquérant juvénile et le cynisme d'un vieux routier» ?

Qui a dit, en janvier 2017, du candidat Macron qu'il est un «tribun adepte d’un populisme désinvolte» ?

C'est le même qui dit de ce dernier qu'il est «sans réel programme ni réelle équipe» et qui oppose le «Macron des discours» au «Macron des actes».

Qui a été nommé - par le Président Macron - Premier Ministre en mai 2017 et a dit qu'il «appréciait la vision de Macron» ?

Qui a dit, en 2022 - lors de la campagne des Présidentielles - que son soutien au président sortant était «complet» ?

Qui a dit, en octobre 2025 : «J’ai beaucoup de respect pour le président de la République mais je ne lui dois rien» ?

Si vous répondez : Édouard Philippe ! C'est que vous avez gagné !

À y regarder de plus près, est-ce vraiment si surprenant ces volte-faces ?

L'ancien Premier ministre havrais a d'abord milité au Parti Socialiste, puis il change radicalement de crèmerie et rejoint le RPR avant que celui-ci devienne l'UMP, et enfin intègre les LR. Puis, quand ça commence à sentir le roussi pour François Fillon, monsieur Philippe se met en retrait pour rejoindre Emmanuel Macron. Après l'affaire des gilets jaunes et la période de la pandémie Covid, Édouard Philippe repart dans ses pénates et crée alors le parti Horizons. Respirons un instant, tout ceci donne le tournis.

Il ne lui reste désormais qu'à rejoindre les rangs de l'extrême-gauche - à laquelle il fait déjà quelques clins d'œil - et ceux de l'extrême-droite, et l'on pourra dire qu'il aura connu, de l'intérieur, tout l'échiquier politique.

Lorsqu'en octobre 2021 le parti Horizons voit le jour, certains Français - et même des Biarrots ! - ont cru dans ce mouvement. Et puis, pour paraphraser l'ancien premier ministre, entre les discours et les actes, et bien... le réel a vite rattrapé les belles paroles.

Celui qui connaît Édouard Philippe depuis presque vingt ans - Jacques-Emmanuel Saulnier - devient le délégué municipal local à Biarritz pour le parti Horizons.

Dans un premier temps, le groupe s'organise, se constitue des adhérents et une volonté d'action.

Puis arrive la nomination d'une déléguée départementale Horizons - madame Sylvie Meyzenc - qui est aussi adjointe à la Ville de Bayonne et conseillère départementale. Il est à noter que cette délégation n'aura pas fait l'objet d'un débat ni d'une élection, puisqu'elle est «nommée» par le Bureau national. Comme quoi, même les partis les plus neufs peuvent revêtir les travers des partis les plus anciens.

C'est que le débat n'est pas le fort de la cellule locale d'Horizons : la conseillère municipale d'opposition Corine Martineau comprend rapidement que la démocratie horizonienne consiste à participer à des réunions, sans pouvoir infléchir. Ayant déjà quitté pour ces mêmes raisons le parti Les Républicains, celle-ci prend ses distances avec ce mode de gouvernance qu’elle désapprouve.

À Biarritz, issu des rangs de l'Opposition, on y retrouve aussi Jean-Baptiste Dussaussois Larralde qui fera preuve de davantage de patience.

C'est que du travail, il y en a ! Alors que les autres villes de la Côte Basque ont, elles, des maires qui remplissent leurs missions et qui repartent logiquement pour un nouveau mandat, Horizons réfléchit à désigner, à Biarritz, une nouvelle tête de liste pour porter ses couleurs.

Les Biarrots se trouvant autour de la table des discussions conviennent que la maire Arosteguy et sa Majorité sont à la dérive et ne peuvent assurer la continuité. Monsieur Saulnier - accessoirement aussi Biarrot - fait partie de ceux-là, qui trouvent le costume de madame Arosteguy trop grand pour elle.

Aujourd'hui, ce même Jacques-Emmanuel Saulnier vire casaque, se pâme en parlant de la candidate Arosteguy en ces termes : «un bilan, un projet, une expérience, une légitimité», et lui apporte le soutien du parti Horizons.

«Rien n'égale le zèle d'un converti», nous dit le Québécois Albert Brie : on peut ici confirmer cette sage parole.

Mais à vrai dire, ce girouettisme n'est que le mimétisme de ce qu'est Édouard Philippe et qui désole tant de Français qui ne font plus confiance aux hommes et aux femmes politiques.

Le citoyen éclairé peut, tout de même, se poser quelques questions :

1) Comment, alors, comprendre que le compte officiel Facebook de Horizons Pyrénées-Atlantiques publie, en juin 2025, un article sur la déclaration de candidature du conseiller municipal d'Opposition Jean-Baptiste Dussaussois Larralde et lui apporte ainsi son soutien ? Et que ce post en faveur du candidat Dussaussois Larralde n'a pas, depuis le ralliement de monsieur Saulnier à Arosteguy, fait l'objet d'un effacement ?

2) Comment expliquer que ce même compte Facebook ne publie RIEN sur le revirement de Jacques-Emmanuel Saulnier et de Horizons au profit de la candidature de madame Arosteguy ?

3) Les adhérents du parti Horizons ont-il été appelés au vote pour choisir le candidat à soutenir à Biarritz, ou bien cette décision s'est-elle déterminée ailleurs, avec une poignée de messieurs, à Paris ou au Havre ?

Jean-Baptiste Dussaussois Larralde s'est, pour sa part, distancié de ce parti à la suite de graves divergences sur les positionnements et les prises de parole publiques d'Édouard Philippe.

Le candidat Dussaussois Larralde n'a jamais fait secrète son intention de mener une bataille, non pas au service d'une politique nationale mais seulement au service des Biarrots, et le prouve par la composition de son groupe qui compte des personnes issues de la gauche, du centre et de la droite.

Sauvegarder Biarritz a recueilli le témoignage d'un adhérent de chez Horizons - le Biarrot Patrice Blouin : «Cette décision [le soutien du parti à la candidate Arosteguy] nous a échappé à nous, adhérents locaux. Il nous a été imposé une décision parisienne et la volonté d'Édouard Philippe de soutenir aux Municipales les maires sortants portant l'étiquette Les Républicains.».

Ce militant Horizons explique ne pas comprendre que ce positionnement parisien leur soit imposé à Biarritz, sans débat ni vote au niveau local : «on aurait au moins souhaité une neutralité au premier tour, avec un soutien au second tour».

Il s'insurge fortement contre cette méthode qui ne laisse pas aux territoires la possibilité de décider pour leur avenir, «alors même que Biarritz semble déjà devenir la banlieue de Paris», faisant progressivement perdre à notre ville son identité et maintenant même sa détermination politique.

Il est à noter que dans leur majorité les adhérents biarrots ne suivront pas la consigne de leur représentant monsieur Saulnier, et porteront leur confiance sur monsieur Dussaussois Larralde.

Comme quoi, les renoncements et les manigances d'arrière-boutiques ne servent à rien, car les électeurs sont LIBRES. Voilà, voilà.

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