PERSONNEL COMMUNAL : DES CITOYENS DE SECONDE ZONE À BIARRITZ ?
À l'heure où se déroule cette campagne électorale, il est de bon aloi que chaque Biarrot s'informe sur les candidats et la vision qu'ils développent pour notre ville.
S'informer, cela passe par la lecture des réseaux sociaux, par les voies classiques de la Presse locale (écrite et orale), par le cercle amical et familial, par les réunions publiques organisées par les candidats, pour ne citer que quelques moyens de renseignement.
Après s'être informé, il faut que l'électeur choisisse : choisir selon plusieurs points qu'il hiérarchisera et qui relèvent pour certains de la réflexion, pour d'autres de l'émotion. Programmes argumentés, combats antérieurs portés par ceux qui participent aux listes, sympathie ou amitié envers un candidat, soutien à une sensibilité politique, une compétence reconnue d'un candidat et de sa liste, certitude pour un projet innovant majeur. Les motivations sont, nous le voyons, aussi diverses que variées.
Les employés communaux habitant Biarritz sont eux aussi appelés aux urnes les 15 et 22 mars prochains. Parfois davantage sensibilisés et même informés que le citoyen lambda aux sujets relevant du municipal, il est souhaitable qu'ils puissent s'exprimer en tant que citoyens libres et égaux.
Mais aujourd'hui une pression dérangeante est ourdie par une hiérarchie dont la paranoïa prend des formes inquiétantes.
Averti, par l'intermédiaire d'un tiers, du courrier que nous joignons à ce post, Sauvegarder Biarritz est ulcéré d'en lire le contenu.
Est-il nécessaire de rappeler que tous les Biarrots ont pu constater dans quelle mesure le cabinet de la maire travaille pleinement et activement à la réélection de madame Arosteguy sur le temps de TOUS les Biarrots ?
Faut-il se souvenir que le chef de cabinet Bertrand Lavielle a usé de son téléphone professionnel pour rameuter militants et sympathisants Les Républicains (LR) avant un conseil municipal pour s'assurer un public complaisant, qu'à cinq mois de la fin du mandat madame Arosteguy a établi une jauge de trente personnes et ainsi privatisé la mairie au profit d'un clan ?
Doit-on réitérer ici qu'une employée communale a été convoquée en conseil de discipline pour avoir liké un de nos posts et celui d'une conseillère municipale d'opposition ?
Est-ce indispensable d'énumérer les noms de ceux faisant partie du premier cercle de madame Arosteguy qui ne sont pas élus mais bien salariés de la mairie de Biarritz et dont les publications sur leurs réseaux sociaux ne laissent aucun doute sur leur ardente participation à un certain parti ? Mais qui oserait pourtant leur dénier le droit d'avoir des idées et de les exprimer ? Certainement pas Sauvegarder Biarritz qui prône la liberté d'opinion et la liberté d'expression et en réclame la stricte application pour tous.
Mais ce sont ces personnes qui ont l'outrecuidance de rappeler au «devoir de réserve» les agents communaux et les fonctionnaires ?
Ceux-là mêmes qui ont été nommés grâce à leur appartenance et engagement politique et qui bafouent toute bienséante et obligatoire neutralité se feraient les chantres d'une supposée «retenue» ?
Car dans ce message adressé par la hiérarchie municipale, il n'est pas question de demander aux fonctionnaires et agents communaux de faire montre d'une réserve sur le plan religieux ou syndical. Non, il s'agit de les museler sur le plan politique. Il n'y a que ça qui les intéresse.
Ces Biarrots savent bien quels sont leurs devoirs, leurs obligations et le principe de droit qui régit le cadre dans lequel les personnes travaillant dans la fonction publique ont l'obligation d'évoluer.
Alors, à quel réflexe cet avertissement répond-il, à deux mois des élections ? À de l'intimidation ? À de la dissuasion ? À de la surveillance ?
Cette contrainte, cette obligation de silence qui leur est exigée semble être un commandement à tous ceux qui, en Français libres, choisiraient de participer aux Municipales de 2026 en tant que candidat, colistier ou soutien à une liste concurrente de celle de madame Arosteguy. C'est particulièrement dérangeant car cela place chaque fonctionnaire, chaque agent communal qui souhaite s'engager, sous une sorte de loupe grossissante.
Que fait-il ? Que dit-il ? Qu'écrit-il ? Que pense-t-il ?
Nous revenons ici vers la dérive orwellienne que nous dénoncions dans un post en décembre dernier avec, en apothéose, l'espionnage de ce qui relève de la sphère privée et de la liberté de pensée.
Car si l'on reprend les consignes édictées dans ce message, nous y percevons un certain flou qui laisse une interprétation libre à la sensibilité de chacun de déterminer ce qui relève «de la prudence» ou encore «de la vigilance».
D'autant plus si cette hiérarchie, qui se place en juge, détecte un danger pour sa maire sortante, en l'occurrence aussi candidate. Des leviers - tels que le blâme ou l'avertissement - sont à sa disposition et forment un pernicieux chantage.
Tout ceci n'encourage pas les personnes travaillant pour la Ville à s'engager pour l'intérêt général et le bien de leur commune. Cela constitue une inquiétante inégalité morale.
Mais, nous l'affirmons ici de manière limpide à tous ces travailleurs : vous avez le droit de soutenir un candidat, vous avez le droit de participer à une liste candidate, vous avez le droit d'adhérer à un parti politique, car vous n'êtes pas des sous-citoyens et vous ne devez pas vous laisser menacer par des personnes qui n'ont pas, elles, respecté leurs propres obligations.

