JEAN-BAPTISTE DUSSAUSSOIS LARRALDE : LA VISION D'UN BIARROT RESPONSABLE

La répartition du budget municipal de 2026 s'est, en partie, réalisée au cours du dernier conseil du mandat, le 15 décembre dernier.

S'il est obligatoire, pour assurer la légalité des délibérations prévues à l’ordre du jour, de faire voter l'assemblée d’élus présente, l'issue, on la connaît toujours : une Majorité qui vote en masse «POUR» faisant ainsi forcément passer ses volontés, face à une Opposition davantage dubitative sur les choix opérés mais dont le trop petit nombre de voix exprimées ne permet pas d'inflexion à la politique conduite par la maire.

En prime à ce déséquilibre, les élus de l'Opposition doivent parfois s’accommoder de confusions de genres que d’aucuns qualifieraient de retorses, en tout cas pas innocentes. Ainsi, pour voter l’octroi de subventions municipales à des associations biarrotes, une seule délibération pour un mélange de bénéficiaires des plus curieux : Culture, Sport Amateur, Sport professionnel et Œuvres Sociales. Le peu de cohérence de cet assemblage complique forcément le débat.

Pour l'élu d'opposition Jean-Baptiste Dussaussois Larralde, l'espace temps qu reste à la Majorité sortante jusqu'aux Municipales ne correspond pas à la politique de subventions imposée par celle-ci : «Un point qui me semble assez important et qui peut-être manque un peu de logique. Une année c'est douze mois. La fin de votre mandat - il reste deux mois et demi à partir du 1er janvier, on parle - effectivement comme le disait mon collègue Guillaume Barucq - ici d'une délibération qui englobe deux millions d'euros de subvention. Sur l'exercice 2024, c'est - vous le savez bien - c'est cinq millions d'euros de subventions qui ont été versés aux associations. Il m'aurait donc semblé logique, finalement, de ramener au prorata du nombre de mois restants, - 2,5 - arrondissons à 3 -, c'est-à-dire 25% de ce budget, 25% des cinq millions pour permettre aux associations de pouvoir évidemment vivre, comprendre ce battement avec un éventuel changement de municipalité.».

En effet, quelle sera la liberté d'action permise à la nouvelle Majorité, si une grande partie du budget dévolu aux associations a déjà été distribuée, donc dépensée, par l'actuelle Majorité ?

Cette manœuvre des élus de la Majorité revêt un caractère confiscatoire qui pose problème à l'élu Dussaussois Larralde : «Alors que là, on atteint les plus de 40% de subventions, donc finalement pour la prochaine mandature, pour la prochaine majorité, ça va être un petit peu compliqué parce que, d'ores et déjà, l'année aura été recommencée avec 25% de son temps et 40% de son budget. Donc là je trouve que, finalement, ça manque quand même un petit peu de bon sens.».

Faut-il aider les associations en aide directe au moyen de subventions, ou serait-il judicieux de les accompagner autrement, par le biais d'infrastructures dignes de ce nom ?

C'est un sujet qui ne peut plus être mis de côté et qui devra donner lieu à l'énoncé d'objectifs clairs, dès le lendemain de l'élection municipale.

La perspective réfléchie de Jean-Baptiste Dussaussois Larralde est la suivante : «Et quand on donne des subventions à des structures privées, évidemment vous avez parlé du sujet du BOPB avec la nécessité d'avoir des infrastructures... moi je pense qu'il vaut mieux s'endetter, faire des prêts sur des infrastructures, que s'endetter sur la consommation !».

Aider, accompagner autant qu'on le peut, OUI. Subventionner sans regard aucun sur les comptes, NON. Il semblerait que beaucoup de Biarrots réagissent de la sorte, face à une situation qui manque de clarté.

Monsieur Dussaussois Larralde réagit : «Et c'est un petit peu ce que l'on est en train de faire : de continuer à donner des subventions sans pour autant préciser des conventions d'objectifs et notamment - vous le savez très bien - la convention d'objectifs avec le BOPB, qu'il y ait un minimum de transparence dans les comptes. On l'a vu en juin dernier, on a du avancer, voter - ce n'est pas avancer, c'est verser, pardon ! - 250.000€ de subvention supplémentaire au BOPB, parce que nous n'avions pas mis de convention d'objectifs, d’équilibrage des comptes de la structure et je pense que l'on devrait rentrer, a minima, dans une discussion saine avec ces structures qui reçoivent des subventions parce qu'effectivement il faut aider le club. Il y a d'autres possibilités pour les aider que de verser une subvention. Comme vous l'avez dit, finalement on les maintient sous perfusion. Mais finalement, c'est un peu ce que je vois dans l'ensemble de ces subventions... on n'a pas de convention d'objectifs et notamment pour le BO.».

Jean-Baptiste Dussaussois Larralde poursuit : «Sur le sujet de la Culture, on parle d'un festival, mais il faut aussi se poser la question - et vous l'avez dit - de la Culture pour les Biarrots. Parce ce que vous dites finalement c'est plus un festival, un événement pour le Tourisme que pour les Biarrots. C'est ce que vous venez de dire. Moi, je suis un petit peu embêté la-dessus.».

L'élu d'opposition tape dans le mille. La Ville s'intéresse davantage à participer à la course effrénée vers toujours plus de Tourisme - tout en faisant mine de déplorer le sur-tourisme -, qu'à mener une action culturelle en faveur des Biarrots. Il y a là un sujet grave quant à l'usage des impôts de ces Biarrots.

Monsieur Dussaussois Larralde ne lâche rien : «Qu'il y ait des retombées économiques, ça me va bien ; après quelles sont les retombées économiques directes pour la ville ? À mon avis pas grand chose, pour l'économie locale c'est intéressant, mais il faut penser la Culture pour les Biarrots. Et donc, un événement culturel qui doit être fait pour les Biarrots ! (...) Vous opposez trop le tourisme aux Biarrots».

Madame Arosteguy s'enfonce dans des explications : «Nous avons trouvé quand nous sommes arrivés aux affaires que les sommes très importantes qui étaient dépensées sur la Culture devaient bien sûr être à destination de la population locale mais devaient également rayonner à l'extérieur. Et donc il était important, dès le départ, d'avoir un festival qui soit à la fois tourné pour les Biarrots, vers les Biarrots mais également que ça puisse être un tourisme qui permette de remplir les hôtels et les restaurants à une période extrêmement creuse puisque je vous le rappelle, la première industrie locale - et je le regrette, je travaille à la diversification de cette industrie - reste l'industrie du tourisme.».

Elle travaille tellement à cette diversification qu'elle rajoute une monnaie dans la machine du Tourisme ! L'Art de dire exactement l'inverse de ce qu'elle fait en pratique !

Jean-Baptiste Dussaussois Larralde n'est pas piégé : «Je voulais du coup vous apprendre que les Biarrots, eux, ne voient pas du tout du même œil que vous venez de le préciser, l'organisation de certains événements. Je pense aussi que les Biarrots sont très surpris - et notamment les commerçants - d'apprendre que le mois de juin est une période creuse (...)».

L'adjoint délégué, entre autres au Commerce, aux Animations commerciales et à l'Animation de la ville et aux fêtes patronales, Fabrice-Sébastien Bach, en remet une couche : «Le mois de juin est un mois qui est très creux. La saison, comme chaque année commence après le 10 juillet, donc il nous a été demandé, tout au long de cette mandature, de remplir le mois de juin avec des animations, des événements qualitatifs pour justement faire venir les touristes et en même temps proposer aux Biarrots des animations et... et des... des événements tels que le festival du cinéma ou autres qui sont en mesure de nous apporter autant de plaisir, d'abord pour les Biarrots et ensuite pour les touristes.».

Tout ceci nous apprend que, pour ces gens-là, la Culture est un faire-valoir - madame Arosteguy aurait pu dire un attrape-nigauds (!) - pour faire «venir les touristes».

Nous qui pensions que la Culture servait à élargir notre perspective sur la vie et le monde, à améliorer notre créativité et notre imagination, à contribuer à la connaissance, à l'épanouissement et à l'émancipation individuels... Nous n'avions rien compris.

Avec cette Majorité, la Culture à Biarritz serait réduite à être un vulgaire produit commercial ?

Une programmation culturelle stratégique pour augmenter le chiffre d'affaires de boutiquiers ?

Nous ne partageons décidément pas la même vision pour notre Ville.

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