SUBVENTION MUNICIPALE AU CLUB PRO BOPB : QUID DU BON USAGE DE L'ARGENT PUBLIC ?

Le débat, à Biarritz, est le même depuis longtemps : faut-il ou ne faut-il pas subventionner un club de sport professionnel ?

Cela relève-t-il d'une mission publique et est-ce normal que l'argent public serve à cela ?

Ou faut-il envisager un autre mode opératoire pour ne pas priver le club de cette indispensable manne, tout en ne grevant pas le budget de la Ville ?

Parlons d'abord d'un club Amateur - le Biarritz Olympique Omnisports - qui est une association (loi 1901 à but non lucratif) qui regroupe onze sections et quasiment 3.000 licenciés.

Alors quand pour l'année 2025 le Biarritz Olympique Omnisports perçoit 322.500€ de subvention de la Ville de Biarritz, on comprend que cette somme sera bénéfique au bien-être et au loisir d'un nombre important de personnes... et c'est tant mieux.

Au dernier conseil municipal du mandat - le 15 décembre dernier -, un premier acompte de 150.000€ a été voté pour le budget 2026 de l'association, et un complément suivra dans quelques mois.

Cette association favorise la pratique du sport pour tous, contribue à préserver la santé physique, développe le lien social et participe au dynamisme de la collectivité : son utilité n'est donc plus à démontrer.

Qui pourrait remettre en question le versement d'argent public à ces sportifs amateurs ?

Évidemment personne.

Et l'élu d'opposition Guillaume Barucq le dit avec constance, depuis plusieurs années : sa perception de l'usage de l'argent public n'est pas la même quand il s'agit de le dépenser pour des sportifs Amateurs ou des sportifs Professionnels.

Le sportif Amateur pratique pour son plaisir et ne perçoit pas de salaire, le sportif Professionnel, lui, en fait son métier et est rémunéré. Les deux ne répondent pas forcément aux mêmes statuts et obligations, que ce soit à Biarritz ou ailleurs.

En cette fin de mandat, l'élu Barucq - qui est aussi candidat aux Municipales - souhaite davantage de débat dans l'attribution de ces subventions : «Madame le maire, je sais bien que c'est bientôt Noël mais là, vous nous demandez de voter plus de deux millions d'acompte de subvention d'un bloc comme ça, et c'est vrai que dans le cadre d'une bonne gestion et pour prendre de bonne résolutions à l'avance pour 2026 et donc pour le prochain conseil municipal, moi je vous proposerais bien de voter à part toute subvention supérieure à 50.000, voire à 100.000€, parce qu'il me semble que dans le lot il y a quand même des discussions à avoir.

Même si vous nous avez joint des conventions d'objectifs et que l'on ne verse pas cet argent à la tête du client, mais moi il me semble que voilà chacune de ces subventions qui sont quand même d'un montant assez important pour certaines méritent d'être discutées.».

Mais ce sont deux subventions - le BOPB et le Festival de cinéma Nouvelles Vagues - qui interpellent tout particulièrement monsieur Barucq, : «Alors autant, bien sûr, les œuvres sociales ou sportives amateur, on sera tous d'accord pour dire que ça fait partie de nos missions de la ville et que l'on doit, bien sûr, les financer à la hauteur de leurs besoins, mais dans ce lot-là il y a toujours une subvention, donc même un acompte de subvention à une société sportive privée que vous connaissez bien... qui est le Biarritz Olympique Pays Basque, et moi depuis douze ans que je suis dans ce conseil municipal, j'ai l'impression que l'on n'a toujours pas avancé sur ce dossier.».

OUI, le Social, le Sport Amateur et nous pourrions ajouter l'Éducation et la Culture devraient être les priorités absolues en termes de subventions publiques.

Et de poursuivre : «C'est-à-dire que l'on doit, depuis des années et des années et des années, donner une autonomie financière à ce club via un super-stade qui permettrait notamment d'organiser des événements et qui permettrait au club de s'autofinancer mais, chaque année finalement, vous le maintenez sous perfusion. J’avais parlé de dépendance toxique qui fait que chaque fin d'année on se retrouve avec ce mélodrame de rajouter, de remettre au pot, en catastrophe !»

Alors là, il s'agit en effet d'un axe très important de l'intervention de Guillaume Barucq : il faut absolument donner les moyens au BOPB de prendre son indépendance financière par le biais d'espaces que le club pourra monnayer et dont il empochera les locations.

Madame Arosteguy avait, semble-t-il, compris cette nécessité lorsqu'en 2020 elle faisait campagne pour cette formule. Sitôt élue, elle s'est dédite et a contribué chaque année au versement d'argent public au club Pro, SANS initier le projet du «super-stade» - comme l'appelle monsieur Barucq. Encore une patate chaude refilée à ses successeurs !

L'élu Barucq conclut sur le BOPB : «Donc moi, comme je le dis depuis douze ans, je ne vais pas changer de discours. À l'heure où l'on a justement de gros investissements à faire, je crois qu'il va falloir se recentrer sur les investissements principaux et se dire que l'on ne pourra pas financer indéfiniment un club sportif privé.».

Guillaume Barucq voit loin : «On aura les mêmes réflexions sur l'Hôtel du Palais - c'est un autre sujet - et également sur les festivals de cinéma.».

À n'en pas douter, le prochain mandat demandera du sérieux, beaucoup de travail et une gestion rigoureuse pour rattraper le retard pris ces six dernières années dans notre ville.

«Donc voilà madame le maire, on mélange beaucoup de choses dans cette délibération : le social, le sportif amateur, les festivals de cinéma et donc le sport professionnel qui, à, mon avis, ne relève pas de notre compétence municipale.»

Il aurait, en effet, été souhaitable de scinder en plusieurs délibérations ces subventions car si l'on peut admettre le versement utile à une entité, on peut pourtant être plus dubitatif quant à une autre.

Ces questions de priorités auront souvent été au cœur du problème biarrot depuis l'élection de 2020.

Madame Arosteguy répond à Guillaume Barucq : «Je suis plutôt d'accord avec vous sur le côté rugby professionnel. Ça fait douze ans qu'on n'a pas tranché la question parce qu'en fait le ticket pour que le BOPB ait son indépendance financière, c'est trente millions d'euros. Donc, je ne sais pas si vous vous les avez mais, au jour d'aujourd'hui, on n'a pas trente millions d'euros à donner à un club sportif professionnel pour qu'il ait son indépendance. Donc, effectivement, ça fait déjà plus de quinze ans que ce club est dépendant, est en permanence à la tétée de l'argent public. Et effectivement, ça fait des années et des années que de majorité en majorité on se transmet le poupon, le bébé, en espérant que la majorité suivante résolve le problème. Pour l'instant il n'est pas résolu, il est sur la table.».

À noter dans cette réponse de madame Arosteguy :

-le duo Gave/Aldigé avait été très clair quant à la création d'un stade qui permette au BOPB d'être autonome : sur cette facture de trente millions d'euros, la Ville en prenait à son compte la moitié, les Gave l'autre moitié et tout dépassement qui serait forcément survenu en cours de construction. Imprévus techniques, inflation des matières premières, retards : ces dépassements peuvent, dans ce type de projet, varier entre 10 à 25% dans le meilleur des cas. On comprend donc que la proposition de la famille Gave était intéressante pour la Ville. Pour d'obscures raisons, madame Arosteguy aura tout fait pour les chasser de Biarritz.

-Madame Arosteguy semble regretter que le problème se transmette de majorité en majorité. Pourquoi n'a-t-elle donc pas résolu cette préoccupation qu'elle avait identifiée ? Ceci n'est pas du tout sérieux.

-La maire sortante semble amnésique quant aux travaux très importants réalisés au stade Léon Larribau - entre 2003 et 2006 - sous la mandature de Didier Borotra. Son prédécesseur avait su faire sa part : vingt ans plus tard, il revenait à l'actuelle locataire de la Mairie de remplir son rôle pour participer à la rénovation et à l'agrandissement du site.

Demain, affaire à suivre : Guillaume Barucq parlera de la subvention au festival de cinéma Nouvelles Vagues !

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