LE PORT-VIEUX : STIGMATES D'UNE VILLE FÊLÉE !
Qu'il est curieux de voir la maire de Biarritz découvrir, après que ses services le lui auraient signalé, des dégradations sur les piliers et structures bâties au Port-Vieux. Nous les avions observées depuis au moins quatre ans.
Non, cela ne date pas d'aujourd'hui, cela fait des années que nous dénonçons l'absence d'entretien des bâtiments municipaux, le vieillissement des infrastructures, l'abandon des trottoirs, l'espace public globalement laissé pour compte. Et quand la municipalité intervient, le résultat pose question :
À titre d'exemples : Sur la partie faisant face à l’Hôtel du Palais, elle a créé un «nouveau» jardin de la Grande-Plage, sans doute imaginé par quelqu'un qui n'y a manifestement jamais séjourné car le privilège des paravents naturels de haies - abris des regards et du vent - dont jouissaient ceux qui y faisaient escale, a disparu au profit d’un espace trop à nu.
Idem pour le Jardin public qui est fait de bric et de broc, sans harmonie d’espèces, et sans attrait pour un éventuel usager. A-t-on jamais vu un cadre aussi disgracieux et inhospitalier ? Nous avons beau chercher...
Pour rester sur le thème végétal, nous avons déjà déploré que les arbres morts ou vandalisés laissent derrière eux un espace vide et creux, propice au déséquilibre du piéton. Les abords de la Pâtisserie Henriet concentrent plusieurs vices : celui que nous venons d'évoquer à l'endroit d'un tamaris récemment retiré, mais aussi un dénivelé traître auquel il convient de prendre garde et une - affreuse - rustine sur le trottoir côté Verdun, le tout idéal pour vous faire vaciller.
Mais revenons au Port-Vieux : sur son compte Facebook, la Ville de Biarritz rend compte de «désordres constatés au Port-Vieux». Comme cela est pudiquement dit concernant une situation extrêmement grave qui trouve son origine dans l'absence de soin apporté ces dernières années.
Quant aux étais installés à titre de précaution, ils sont absolument inutiles et prêteraient presque à rire. Comme l'a indiqué l'adjoint aux travaux Michel Laborde au Journal Sud-Ouest, voulant différencier ces dégâts aux fissures de l'Église Sainte-Eugénie, «l’édifice religieux avait été construit sur du remblai». Mais il y va de même ici, car la structure repose sur des fondations qui reposent sur un sol meuble, du sable, ce qui rend inopérante l'installation d'étais. Si vous consolidez du lourd sur une base fragile, on peut anticiper le résultat. N'importe quel professionnel du BTP le confirmera.
Anticipant les reproches, la Ville de Biarritz argue sur sa page Facebook qu'elle «préserve tout au long de l’année le patrimoine du littoral, à travers une veille et un entretien réguliers» , mais les nombreux constats de dégradations diverses prouvent le contraire.
Y compris pour de toutes petites réparations.
La portion piétonne Galeries Lafayette-Royalty présente deux dalles soulevées depuis des lustres et qui ont fait chuter de nombreux Biarrots et touristes ; cela a été signalé, plusieurs fois... en pure perte. «Allo, madame le maire ?» : il n'y a pas d'abonné au numéro que vous demandez...
Une jeune résidente du centre-ville a été estropiée pendant de très longs mois après une chute due à un bord de trottoir partiellement endommagé, juste devant la sortie de son immeuble ; la crevasse provoquée par cette dégradation a emprisonné son pied avec pour effet une fracture des deux chevilles et de longs mois de souffrance et de galère dans un fauteuil roulant. Elle a signalé le funeste trottoir... À ce jour, rien n'y est toujours fait !
Nous avions parlé, dans un post du 30 septembre dernier, de l'affaissement visible à l'œil nu de l'esplanade du Casino municipal, au-dessus du plafond des sous-sols (espace creux par définition), qui avait TRÈS inopportunément et avec une bonne dose d'inconscience, accueilli le marché et un manège de Noël plusieurs années de suite du mandat actuel. Qui s'en est préoccupé ? On sait mais on ne fait rien !
Ce même jour, nous évoquions aussi la rue du Préfet Doux, axe unique donné à tous les automobilistes (légers et lourds) après la fermeture inouïe du Tunnel de l'Atalaye. Ce chemin, devenu une route très - trop - empruntée en été, est-il propice ? Pas certain quand on sait que de multiples sources se nichent dans ces collines, affaiblissant leur résistance ; souvenons-nous du «geyser» qui avait jailli et provoqué un presque lac lors des travaux du parking Bellevue !
Que dire de la passerelle du Rocher de la Vierge qui n'est pas rassurante ? Quand a-t-elle été entretenue pour la dernière fois ? Nous savons d'une récente étude qu'elle manifeste elle aussi des faiblesses. Et alors ? Que fait-on ? Voyez-vous des travaux en cours ? Non !
Avez-vous l'occasion d'emprunter les lacets de la Colline aux hortensias ? Vous y serez confrontés à de belles marches en pierre mais déchaussées et mutilées ; quel dommage de ne rien y faire et quel danger pour le promeneur qui ne regarde pas où il pose ses pieds.
Bref, dans notre cité impériale le danger est permanent pour le piéton. L'absence de rampes à certains endroits pentus pose aussi problème. Rien pour se rattraper en cas de chancellement ou de trébuchage. L'édile sait-elle que Biarritz est composée de 45 % de séniors ? Il n'apparaît pas !
Alors bien sûr, le défaut de maintenance de la ville ne met pas toujours en danger le public ; cela peut n'avoir qu'une conséquence esthétique, laquelle, bien que moindre, n'est pas négligeable : qu'à l'arrière du Casino municipal trônent des portes archi-rouillées et une façade sale et lépreuse, que le plancher du même Casino municipal soit tout rayé et n'ait plus de couleur, cela ne met pas notre vie en péril. C'est juste irrespectueux du site et des personnes qui le fréquentent, y compris ceux qui paient cher une location.
Mais d'autres failles sont inacceptables et portent les germes du pire. Et cela vaut pour tous les quartiers que nous n'oublions pas : ils sont eux aussi abandonnés, comme le reste de notre cité.
Cette majorité municipale n'aura fait que du colmatage, du coup par coup, du cosmétique, à l'inverse des précédentes mandatures qui, toutes, ont œuvré pour améliorer l'existant.
Le maire Michel Veunac avait changé certaines dalles du promenoir de la Grande-Plage, remplacé les balustrades du Casino municipal et repeint l'édifice, rénové le Square Ixelles, modernisé et agrandi l'École des Thermes-Salins et ficelé la rénovation de Victor-Duruy dont les travaux ont pu démarrer à l'arrivée de la maire actuelle qui s'est appropriée le mérite de cette réalisation. L'ancien maire avait aussi refait tout le promenoir de la Côte des Basques, la Place du Canon et la Place Saint-Charles sur laquelle madame Arosteguy a installé une fontaine hideuse dont l'eau n'est même pas potable... Ces initiatives de sauvegarde ou d'amélioration, y compris dans de nombreux quartiers, ont été menées de concert avec d'autres projets tels le dossier de l’Hôtel du Palais, l'organisation du G7, la création d'une Maison de l'Économie Sociale et Solidaire et d'un Centre de Jour Alzheimer, le renforcement des services sociaux municipaux avec le soutien aux associations caritatives et sociales locales, pour n'en citer que quelques-uns.
Tant d'autres choses ont été réalisées sous les mandats des prédécesseurs de madame Arosteguy que la liste serait en effet trop longue.
À part rénover un Office de Tourisme et le bureau du maire, alors que cela avait déjà été fait sous le mandat précédent, nous ne voyons pas vraiment. Ah ! Si, madame Arosteguy a changé le blason de la ville - c'était à l'évidence une priorité puisqu'il n'y avait à ses yeux rien de plus urgent à faire -, mais le prochain maire devra s'empresser de le remplacer eu égard à sa laideur, sa monotonie, son illisibilité, et sa ringardise.
Pas d'entretien, ni structurel (lézardes, brèches, cassures, fissures), ni propreté (sol crasseux, en particulier aux abords de terrasses de café, excepté Le Royalty car le propriétaire passe lui-même le Karcher), ni esthétique (mobilier urbain cheap, souvent détérioré et à repeindre). Madame Arosteguy aura été plus prompte à se procurer la Légion d'honneur qu'à se retrousser les manches pour soigner notre ville, plus prompte à «traîner ses guêtres» dans les ambassades et les maisons de Haute Couture qu'à arpenter les rues biarrotes pour inspecter l'état général urbain.
Par contre, elle s'est adonnée avec empressement à une dilapidation effrénée des biens communaux. Le terme du mandat nous aura épargné in-extremis de la vente de l'Hôtel du Palais et de celle de la Villa Natacha pour laquelle des - menus - travaux seront opportunément soumis au vote du dernier conseil municipal, le 15 décembre prochain, à trois mois des élections...
Où passe donc l'argent des ventes de notre actif municipal, quand bien même l'ont-elles été à vil prix ? L'organisation d'un audit comptable sera essentiel dès l'arrivée du successeur de la locataire de la mairie qui comptabilise plus de 900 personnes dans son effectif !
Voilà un héritage de travaux colossaux et urgents laissé au prochain maire, avec la transmission d'un patrimoine désormais dépecé par cette majorité.
Charge à lui de rattraper le temps perdu pour réparer les pots cassés et remettre notre ville en état.
Madame Arosteguy continue encore et toujours, sans vergogne, à faire de la com’. Mais ce n’est pas à coups de vidéos que le mal sera traité.
Néanmoins les Biarrots ont le droit de savoir. La Ville de Biarritz assure qu'elle «communiquera au fur et à mesure et en toute transparence de l’avancement des expertises et vous tiendra informés de l’évolution du chantier». Pour commencer, peut-on avoir connaissance du rapport d'expert intervenu au Port-Vieux ?
Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse, disait La Fontaine.



