LE BIARRITZ DES PETITS COPAINS

Une ville ne s'administre pas à l'aune de ses amitiés, de ses connaissances ou de ses préférences. 

La gestion d'une ville doit être, à l'égard de ses habitants et de ses visiteurs, égalitaire et respectueuse. Elle doit afficher une neutralité face à tous.

Dans le cas qui nous préoccupe - Biarritz - nous sommes au regret de constater que les choses ne se déroulent pas dans cet esprit.

Nous assistons, et ce depuis le tout début du mandat, à une sorte de distribution des bonbons à tous ceux qui auront servi la cause de la candidate Arosteguy, aux municipales de 2020.

Ce sont des présidents d'associations qui auront été gratifiés d'espaces municipaux, de subventions, et d'une écoute bien plus attentionnée qu'envers ceux qui seront restés en-dehors de l'adoubement politique municipal.

Ce sont des soutiens qui auront bénéficié, pour eux-mêmes ou leurs proches, d'emplois en mairie, au CCAS, ou à la police municipale.

Ce sont des expositions de complaisance organisées.

Ce sont encore des invitations distribuées à ceux dont nul n'ignore leur proximité intéressée avec la majorité municipale.

Ce sont ces «conventions d'occupations du domaine public» passées préférentiellement avec des exploitants proches de la maire ou en lien familial avec des élus de la majorité.

Ce sont des cas réitérés : à la Grande-Plage, au Phare, à Beaurivage.

L'un d'eux a même poussé le soutien jusqu'à porter, durant la campagne de 2020, un T-shirt portant l'inscription «Je soutiens Maider Arosteguy à 150%».

N'étant point adeptes de la délation, nous ne divulguerons ici aucun patronyme mais ils se reconnaîtront, comme les Biarrots les reconnaissent. 

Dans ce jeu, chacun tient la barbichette à l'autre : les uns ayant besoin de soutiens même peu sincères car calculés, et les autres bénéficiant de faveurs, allant de menus avantages à des situations privilégiées. 

Faut-il voir là un sympathique dévouement à une personne, ou un bas calcul de retour sur investissement ? La liberté d'interpréter la profondeur de ces sentiments vous revient.

Ce népotisme - puisqu'il faut bien désigner les choses par leur nom - est une pratique ancienne et que d'aucuns pourraient qualifier de culturel dans le monde politique.

Est-ce cela que madame Arosteguy décrivait du monde politique, lors d'une interview télévisée en 2023 ? : «(...) franchement, moi, la politique ça ne m'intéressait pas plus que ça. (…) Je voyais ça comme un monde masculin, un peu magouilles d'ailleurs. C'est un peu l'image qu'on a parfois, ça magouille là-dedans.» ?

«Magouilles», «magouilles» ? Que c'est vilain tout ça !

Nous ne pensons pas que ce sont des pratiques dont il convient d'user quand on est au pouvoir, a fortiori dans une petite ville où tout se sait et se chuchote sous cape.

Nous venons de parler des «conventions d'occupations du domaine public» : c'est ainsi que l'on désigne les contrats liant la Ville et l'exploitant d'un espace communal. Dans les cas que nous évoquions plus haut, c'est la modalité d'attribution qui avait été choisie par la maire.

Mais d'autres échappent à tout cadre !

Prenons l'exemple du local de la Grande-Plage que madame Arosteguy a dévolu à une personne.

Si nous n'avons, à priori, aucune objection à ce que cet espace trouve une destination, nous pouvons nous interroger sur les conditions de son attribution qui n'ont fait l'objet d'aucune délibération, et donc de débat démocratique en conseil municipal.

Petit détail, la personne qui gère ce local est, comme par hasard, un partisan de la première heure de madame Arosteguy. Son soutien à l'édile actuelle est son droit absolu, mais cela met mal à l'aise les Biarrots et les associations qui eux ne bénéficient pas d'un espace en front de mer, qui, il faut bien le dire, est privatisé pour l'usage de quelques-uns.

Cela pourrait être considéré comme une injustice dès lors que le cheminement habituel d'une attribution n'a pas été emprunté par la maire et sa majorité municipale. Il ne nous appartient pas d'en choisir la qualification : cela regarde en premier lieu la Justice et tous ceux (particuliers, associations anti-corruption, presse) chargés de veiller à la stricte application des règles.

Alors évidemment, ce sont des actes qui ont pour intention de «faire plaisir» à ceux qui en bénéficient en compensant, en nature, un soutien affiché en faveur de la candidate.

Et comme nous sommes à l'heure de l'étalage des vertus et des promesses, permettez-nous, à notre tour, de proposer une autre méthodologie de gestion municipale. 

Ce que Sauvegarder Biarritz prône, c'est le privilège pour tous. Alors, vous direz - et à juste titre - qu'un privilège n'en n'est plus un du moment où il s'applique à tous. Et c'est vrai.

Mais nous, nous proposons que le Biarritz des petits copains disparaisse au profit d'un Biarritz de tous les petits copains, c'est-à-dire sans discrimination aucune.

C'est-à-dire que les privilèges d'entente, d'amitié et d'accès avec les élus soient la nouvelle norme pour TOUS les Biarrots, sans considération de quel candidat ils ont soutenu lors de la campagne municipale, auquel ils sont apparentés, vers quelles tendances politiques ils peuvent pencher. 

Que les associations ne soient pas traitées selon la tête de son président et de son activisme en faveur d'une majorité en place.

Que le rapport d'égalité soit une vertu cardinale dans toute affaire.

Que les élus ne soient mus que par la volonté de permettre à tous de briller, fut-ce dans le domaine du Social, de la Culture, du Sport, de l'Associatif, sans chercher à tirer la couverture vers eux.

Du jour où l'on aura une majorité en place qui aura compris que le succès de l'Autre c'est la réussite de tous... 

Quittons ce lamentable intermède de bêtise hargneuse et faisons de Biarritz une Arcadie : un lieu où l'harmonie règne chez des habitants simples dans un bien-être paisible.

De la transparence, de l'éthique et de la clarté... et tout ira beaucoup mieux.

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