LA GESTION, PAR LA MAJORITÉ, DE L'ARGENT DES BIARROTS
On entend dire par la Majorité que les budgets sont tendus.
On les entend dire que l'argent est rare.
On les entend geindre que les temps sont dures après la crise sanitaire.
On les entend dire que l'État se fait de plus en plus chiche dans ses dotations.
On les entend dire que la prudence est de mise.
Tout cela est vrai et nous devons donc nous adapter en faisant mieux avec moins.
Tout a un coût et la gestion d'une municipalité se résume à des arbitrages : réaliser le projet A ne permettra pas de réaliser le projet B, réaliser le projet B voudra dire faire patienter le projet C.
De ces difficultés, nous devrons être créatifs pour replacer notre ville dans son véritable rang. Ce n'est pas une option, c'est une obligation. À moins de vouloir faire couler encore davantage notre ville.
Alors quand, en Biarrots attentifs, nous assistons à ce que Patrick Destizon nomme une «mauvaise manière de gérer les deniers publics» les contribuables que nous somme ne pouvons que sursauter et en appeler à plus de raison.
Parlons d'un exemple flagrant de cette mauvaise gestion : à Aguilera, le déclassement du terrain Coubertin et de la piste d'athlétisme l'entourant.
L'élu Destizon - adjoint aux Travaux lors du mandat 2014-2020 - est bien placé pour en parler. Nous sommes en 2019 lorsqu'il est en charge de ce portefeuille et que le terrain Coubertin est rénové pour la somme de 500.000€. Il était avant son rasage en septembre 2025 en très bon état.
En 2023, se rajoute la coquette somme de 240.000€ pour l'aménagement d'un passage piéton, sur le BAB, qui mène d'Aguilera à la polyclinique. Aménagement en péril si les travaux de la plaine Aguilera devaient se réaliser car à quoi servirait ce passage si au bout le parking est inexistant ?
Ce n'est pas fini. Aujourd'hui, la majorité municipale dépense 300.000€ pour réaliser un parking provisoire à la place de ce terrain. Un parking qui serait détruit dans à peine un an.
Plus d'un millions d'euros qui partiraient aimablement en fumée ! Ne rien dire, ne rien voir ? Ou s'en étonner, s'en offusquer ? Lecteur, que feriez-vous ?
Patrick Destizon, lui, a choisi de s'en offusquer et s'adresse à madame Arosteguy : «durant votre mandat il y a beaucoup comme ça de dépenses qui sont parties en fumée. Je n'aurais pas la cruauté de vous rappeler les centaines de milliers d'euros d'études au Polo pour un centre de formation qui ne verra jamais le jour et c'est une chance. Voilà donc, tout ça n'est pas une bonne manière de gérer de l'argent public. Cet argent aurait mieux servi ailleurs et aurait mieux servi à autre chose.».
Son collègue Guillaume Barucq ricane et lance à madame Arosteguy : «Vous avez détruit ce que nous avions fait en fin de mandat précédent ! Nous avions rénové ce terrain et cette piste d'athlétisme pour plusieurs centaines de milliers d'euros et vous rasez tout comme ça, sans prévenir. Vous êtes comme un bulldozer : là où vous passez l'herbe ne repousse pas mais je ne suis pas sûr que ce soit une bonne méthode. (...) Et c'est comme ça que vous fonctionnez madame Arosteguy. Vous vous dites si j'avance vite, au moins on ne pourra pas faire reculer mais je crois que vous vous trompez parce qu'il y a déjà des projets immobiliers qui ont commencé, y compris dans la région, y compris des parkings qui ont été commencés mais si vos procédures ou vos délibérations sont à un moment jugées illégales, ça n'ira pas plus loin.».
Monsieur Barucq a raison. Cet argent est d'autant plus mal utilisé que le projet immobilier d'Aguilera est mort-né. Ainsi, raser inutilement un terrain qui a été rénové il y a six ans pour y aménager un parking provisoire qui durera le temps que dure les cerises...
C'est pourquoi il faut gérer le budget municipal comme celui d'une famille. Car dans un ménage raisonnable, on établit deux colonnes : les ressources et les dépenses. On règle ses dépenses contraintes, on vit selon ses moyens, on se fait de petits plaisirs mais pas d'extravagances inutiles.
L'extravagance de dépenser d'affolantes sommes pour de l'éphémère ne correspond pas au sérieux auquel on s'attend de ceux à qui l'on a confié les clés du coffre.
Ceux-là même qui geignent quand il s'agit d'agir concrètement pour les Biarrots.
Pourtant, on peut en faire des choses avec un million d'euros ! Et que de besoins ressentis en notre ville ! À l'échelle d'une commune, on peut améliorer des trottoirs, aménager un bâtiment municipal pour en faire un lieu d'exposition, créer du logement dans du bâti existant, planter des arbres partout où on le peut, créer des aires de jeux à travers la ville, rénover une école... Les possibilités sont infinies. Si tant est que l'on ait identifié les sujets à traiter, que l'on ait l'ambition de bien faire et les capacités pour conduire à son terme un projet.
Un jour de conseil municipal, en septembre 2022, le débat s'était porté sur la légitimité de voter une subvention en faveur d'un gala organisé par la grande-duchesse du Luxembourg à l'Hôtel du Palais (dîner 1.000€/personne). Dénoncé par les percutantes élues d'opposition Corine Martineau et Lysiann Brao, cette dernière avait adressé ce message à madame Arosteguy : «Actuellement, nous avons honte de vos arbitrages.».
Ce mot est bien trouvé. La honte.
Mais rappelez-vous ! Gérer, c'est arbitrer. Arbitrer, c'est diriger. Et c'est vous, citoyen, qui jouerez les arbitres les 15 et 22 mars prochain.
