BIARRITZ : QUAND L'ENVIRONNEMENT N'EST QU'UN ARGUMENT DE MARKETING POLITIQUE
Nous avons commencé hier à décortiquer avec vous la présentation des résultats du «sondage OpinionWay pour la Ville de Biarritz».
Comme beaucoup d'observateurs, nous opposons au principe du sondage une certaine méfiance car les résultats des urnes les démentent avec une régularité confondante.
Mais les circonstances nous forcent à réagir sur ces éléments fournis par ce sondage «OpinionWay pour la ville de Biarritz» qui ne sont certes pas des faits mais des indicateurs.
Tout d'abord, mettons-nous d'accord.
Mieux vaut être beau, riche et bien portant que moche, pauvre et malade.
Une fois ce truisme posé, avançons et lisons.
Question du sondage OpinionWay : «Et direz-vous que les actions suivantes en matière d'environnement et d'adaptation de la commune aux conséquences du changement climatique sont une bonne ou une mauvaise chose ?».
Véritablement, nous avons relu plusieurs fois cette question pour tenter d'en comprendre le sens caché.
Car qui pourrait ne pas approuver les actions bénéfiques de la commune à ce sujet ?
Qui pourrait répondre «plutôt une mauvaise chose» ou «une très mauvaise chose» ?
D'ailleurs, pour preuve, le plus haut dans ces négatifs sont de l'ordre de 5% et ceux-là sont, à n'en pas douter, quelques pauvres diables qui n'auront pas compris cette curieuse question qui leur était posée.
Évidemment que tout le monde peut trouver bénéfique toute action en faveur de l'environnement et de ses effets positifs !
OUI, tout le monde veut «la modernisation des systèmes d'assainissement».
OUI, tout le monde veut «la réhabilitation des espaces naturels des lacs Marion et Mouriscot».
OUI, tout le monde veut «la végétalisation des espaces publics».
OUI, tout le monde veut «la consolidation des falaises de la Côte des Basques».
-99% des Biarrots seraient pour «la modernisation des systèmes d'assainissement».
-98% des Biarrots seraient pour «la réhabilitation des espaces naturels des lacs Marion et Mouriscot».
-97% des Biarrots seraient pour «la végétalisation des espaces publics».
-93% des Biarrots seraient pour «la consolidation des falaises de la Côte des Basques».
Cette question est donc ubuesque et les Biarrots interrogés l'ont bien compris.
Pour autant, ce qu'il aurait convenu de poser comme question n'est pas si les «actions suivantes en matière d'environnement et d'adaptation de la commune aux conséquences du changement climatique sont une bonne ou une mauvaise chose», mais plutôt «comment jugez-vous les actions de la municipalité en matière d'environnement et d'adaptation de la commune aux conséquences du changement climatique ?».
Parce que même le climatosceptique le plus acharné ne sera pas contre la végétalisation de sa ville. S'il n'est pas persuadé de ses effets positifs sur sa santé psychique et mentale, il le sera au moins favorable à l'aspect agréable qu'elle procure au paysage.
Il en est de même pour la consolidation des falaises. Même si elles ont déjà englouties des millions d'euros depuis plus d'un siècle, notre climatosceptique ne souhaite pas forcément voir s'écrouler les roches et ainsi disparaître la belle Côte des Basques.
Le climatosceptique étant parfois un promeneur, on peut imaginer qu'il apprécierait se balader à Mouriscot et à Marion dans un autre panorama que celui de la toundra.
Vivant à Biarritz, il ne paraît pas farfelu que notre climatosceptique aime à se baigner dans le proche océan, si possible dans une mer qui n'est pas polluée par les rejets des eaux usées.
À quoi sert donc cette question que le sondeur intègre à son sondage ? Quel est le but recherché ? Un lavage de cerveau à l'eau verte ? Nous sommes face à du greenwashing, c'est certain. L'écologie mérite mieux que cela.
À vrai dire, la majorité municipale conduite par madame Arosteguy ne sait plus sur quel pied danser. Le cœur d'électorat de la droite classique n'est pas particulièrement intéressé par le sujet climatique et environnemental. Il peut même être agacé par des mesures, parfois jugées punitives, prônées par des extrémistes de l'écologie et qui font du tort à la cause verte.
Mais madame Arosteguy veut ratisser large. Au local, on ne gagne pas une élection avec ses seuls soutiens de Parti, on gagne une élection en allant chercher des voix dans toutes les strates de la ville.
Alors, à l'intention de cette fraction plus ouverte aux questions environnementales et à tout ce qui s'y rapporte, il faut saupoudrer son discours de mots et de formules qui rassurent : biodiversité, circuit court, sobriété énergétique, transition écologique, économie circulaire, développement durable, désartficialisation des sols, urgence climatique ; tout y passe dans la communication lissée de la Ville de Biarritz.
Les Assises de l'Environnement - terme pompeux s'il en est ! - initiées par la Ville de Biarritz en 2023 auront, sans surprise, accouché d'une souris. Car, comme en toute chose, il faut une volonté chevillée au corps pour mener à bien des résolutions et des projets. Et au terme de ce mandat, le bilan indique ce que nous désignerons ici poliment comme un manque de volonté.
Il y a quelques mois, un supplément du Biarritz Magazine a été inséré dans le bulletin municipal. Comptant vingt-quatre pages, ce joli document portait pour titre «À Biarritz, l'ambition de l'environnement» et revêtait un positivisme béat.
Dans l'édito croisé entre madame Arosteguy et Mathieu Kayser, le «soi-disant» adjoint à l'Environnement, nous avons pu y lire des questions posées par un fantôme bienveillant et des réponses enrobées dans des pétales de rose.
Ne pouvant imaginer qu'un tel feuillet soit imprimé sans contenir d'importantes et satisfaisantes améliorations pour la Ville et les Biarrots, nous l'avons lu avec attention. Quelle déception !
Des actions déjà existantes aux mandats précédents, des dispositifs qui relèvent des obligations du code de l'environnement, du PCAET (Plan Climat-Air-Énergie Territorial) et des normes de l'urbanisme pour les villes et les agglomérations de France, des expérimentations sans lendemain et un Pavillon Bleu qui relève davantage de la mystification pour touristes que du concret. Éole n'aurait pas fait mieux.
Nous faire croire que le mandat Arosteguy aura eu un effet positif sur les questions environnementales n'est pas raisonnable. C'est une fois encore une tentative de manipulation des esprits et un mépris manifeste des Biarrots et de leur capacité de réflexion.
Alors faudra quand même répondre à cette question essentielle : préférez-vous être beau, riche et bien portant ou moche, pauvre et malade ? Des fois qu'OpinionWay vous appelle pour vous poser la question, mieux vaut être préparé !
