RÉSEAU UNITAIRE ET BASSINS DE RÉTENTION À BIARRITZ : CE QUI A ÉTÉ FAIT, CE QUI RESTE À FAIRE

Nous allons traiter d'un sujet qui ne fait pas rêver mais qui doit être soulevé. Il s'agit des eaux usées et des eaux pluviales qui circulent dans un seul et même réseau. Ce système de réseau «unitaire» est préoccupant et il serait très difficile et extrêmement coûteux de remplacer tout en réseau «séparatif» - c'est-à-dire un réseau qui sépare eaux pluviales et eaux usées. Des rues biarrotes sont, de manière ponctuelle et irrégulière, remaniées pour passer en réseau séparatif : ce sont des chantiers d'ampleur.

À travers le temps, et sous différentes mandatures biarrotes, de grands bassins de rétention ont été créés pour répondre au problème grandissant qu'est le stockage des eaux pluviales et usées.

Nous en comptons aujourd'hui dix qui peuvent stocker jusqu'à 53.000m3 d'eau.

En voici, ci-dessous, les détails : Bassin Kléber (13.000m3), Bassin Maysonnabe (12.000m3), Bassin Casino (10.000m3), Bassin Palais (10.000m3), Bassin des Thermes-Salins (4.000m3), Bassin Milady (2.000m3), Bassin Simonet (1.500m3), Bassin Mouriscot (600m3), Bassin Lac Marion (500m3), Bassin d'Aguilera (100m3).

Pour autant, si de grands efforts ont été fournis par les maires précédents pour faire en sorte que soient limités les rejets dans l'océan tout proche, d'autres capacités de stockage d'eaux sont urgemment nécessaires. Lors de grands épisodes orageux, la contenance de nos bassins ne suffit plus, et nous assistons à un trop-plein qui conduit au terrible déversement de l'excédent dans l'océan.

Au cours de ce mandat 2020-2026, AUCUN bassin n'aura été créé sous l’impulsion de madame Arosteguy, malgré sa promesse de campagne sans équivoque. Dans ses «12 priorités», en numéro 5 figurait en effet : «Eaux de baignade : investir efficacement pour permettre à tous de se baigner dans une eau propre et saine.» et en page 6 de son programme : «Construire un nouveau bassin de rétention.».

C'est un retard coupable qui a été pris et qui ne correspond pas à l'impératif qu'exige la situation.

Mais il est vrai que la réalisation d'un bassin de rétention coûte cher et n'est pas une dépense dont le bienfait est visible, flagrant, telle la rénovation d'une voirie ou la création d'une infrastructure. Ni l'initiative ni le bénéfice de tels travaux n'étant donc pas ostensible, ceux-ci ne sont pas forcément une priorité pour un élu qui joue sur le tape-à-l'oeil, la communication à courte vue. Pour autant, heureusement que pour Biarritz et les Biarrots, des élus responsables ont su, dans le passé, investir intelligemment.

Aujourd'hui, nous comptons dans l'opposition municipale trois personnes qui connaissent ce sujet à divers titres : Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde car il est ingénieur en Eau, Guillaume Barucq car très attentif à dans tout ce qui se rapporte à l'Eau et l'Environnement, et enfin Patrick Destizon par sa double casquette d'ancien adjoint aux Travaux ayant créé le Bassin des Thermes Salins, et de connaisseur des sujets de fond.

Ils ont, à de multiples occasions lors de prises de paroles et d'écrits, fait mention de la gravité du contexte.

Au cours de ce mandat, il aurait été utile de se servir de leurs compétences respectives pour l'intérêt de Biarritz. Mais la Majorité en a décidé autrement. C'est regrettable de privilégier l'aspect politique quand il s'agit de l'intérêt général, mais c'est ainsi !

Lors du conseil municipal du 24 octobre dernier, Patrick Destizon a fait le point sur la situation du réseau unitaire en se rapportant à l'éventuel bétonnage d'Aguilera : «Aguilera se situant en tête du versant nord de la Grande-Plage, il est à craindre que lors de violents orages d'été que nous connaissons de plus en plus souvent, un mixte d'eaux pluviales polluées par les eaux usées des futurs habitants du programme d'Aldim ne se retrouvent sur la Grande-Plage lorsque le réseau saturé devra ouvrir les vannes. Le bassin construit sous l'école des Thermes-Salins en 2019, lorsque j'étais en charge des Travaux, ne suffira pas.».

L'élu d'opposition poursuit : «Il aurait fallu construire un bassin de rétention supplémentaire avant même que de lancer votre programme de constructions à Aguilera, et d'ailleurs c'est ce que nous pouvions être en droit d'espérer de la vice-présidente de la communauté d'agglomération en charge de l'Assainissement que vous êtes. Et d'ailleurs, en 2020, enfin une bonne nouvelle, je me suis dit tiens, là, au moins le maire de Biarritz prend en charge la délégation à l'assainissement. Il y aura peut-être un avantage pour notre ville. Et je m'en suis félicité sur le moment. J'ai été rapidement déçu. Une fois de plus.».

En effet, on pouvait s'attendre à d'autres résultats de la maire de Biarritz qui avait été nommée, à l'agglomération, vice-présidente en charge de «l'Économie bleue, l'Assainissement et eaux pluviales». Mais les faits sont têtus.

Et monsieur Destizon de terminer : «Mais alors que vous êtes la première maire de Biarritz à cumuler donc cette responsabilité, vous serez aussi la seule à n'avoir réalisé AUCUN bassin de rétention pour protéger nos eaux de baignade. Je ne parlerai pas du petit bassin de rétention du Lac Marion - d'ailleurs que j'ai signé avant de partir, mais qui a été réalisé sous votre mandat - qui n'a vocation qu'à protéger les eaux du lac Marion et absolument pas nos eaux de baignade ; donc là aussi, cette densification du plateau d'Aguilera (…) va encore aggraver une situation et pose même un problème juridique s'il s'avérait qu'à l'arrivée, et nous serons particulièrement attentifs, vous vous en doutez, qu'il y ait plus de logements que ce qui est annoncé....».

Ainsi que le dit fort justement un rapport de 2023 de la CAPB, «la commune de Biarritz montre une tendance à la baisse avec une diminution de 14 % de sa population permanente ces vingt dernières années.». Mais le rapport note «cependant que les chiffres de l’INSEE sont à nuancer car ils ne tiennent pas compte de la population saisonnière et touristique, en particulier pour la ville de Biarritz.».

Des 25.000 habitants qui vivent ici à l'année, il faut logiquement rajouter toutes les personnes qui viennent séjourner aux vacances scolaires et, bien évidemment, avec un pic de 130.000 personnes durant la période estivale. Notre petite ville a les besoins d'une grande.

Dans ces conditions, chaque construction d'immeuble qui se réalise est un facteur aggravant à la situation actuelle.

Ce débat a déjà eu lieu lors du projet de la municipalité de bâtir un hôtel, en bas de l'avenue de Verdun.

Il a encore eu lieu à propos du projet de bétonnage d'Aguilera.

Il sera toujours d'actualité dans le cas où des logements viendraient à être construits en zone d'Iraty.

Le prochain mandat devra ambitieusement mener une action en faveur de la maîtrise, de la collecte et du stockage des eaux usées, des eaux pluviales et du ruissellement. Il s'agit d'une priorité pour les Biarrots, pour l'Environnement, pour des questions sanitaires, pour l'activité touristique du Pays Basque, et tout simplement pour l'image que cela renvoie de notre ville.

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