LES ÉLUS HOLOGRAMMES : LES GODILLOTS VERSION 3.0
C'est une réalité bien triste. Celle de constater, lors des conseils municipaux, la présence d'élus de la majorité qui siègent sans ouvrir la bouche, sans réagir, sans broncher. Des sortes de hologrammes qui sont là sans l'être, des fantômes sans forme, des corps sans âme, des esprits sans conscience. Invisibles.
Il n'est pourtant pas bien loin ce temps où siégeaient en conseil municipal des élus aux caractères bien trempés, des personnalités qui n'étaient pas du bois dont on fait des flûtes.
Sans remonter à des temps immémoriaux sous le mandat de Pierre Paul Jaulerry, les anciens Biarrots ont souvenir de l'ère Guy Petit, de celle de Bernard Marie, de Didier Borotra ou de Michel Veunac, lorsque des élus, pourtant issus de la Majorité, ont considéré que des projets, des actes, ou des propos, ne correspondaient pas à leur vision de la ville, et l’ont fait savoir publiquement, à haute et intelligible voix.
Ceux-ci, au mépris de possibles représailles ou d'un malaise passager, portaient leur parole avec la sincère conviction de leurs idéaux et le respect de leur mission vouée au seul service de Biarritz et des Biarrots. Ils n'étaient pas pour cela moins respectés par leur maire, au contraire.
Mais alors... où est donc passé l'honneur ?
Est-ce une valeur d'autrefois qui a été remisée au placard, avec nos crinolines et nos chapeaux melon ?
Faut-il se convaincre que d'appartenir à une majorité forcerait à s'effacer pour se maintenir, en dépit de tout ?
Quant aux élus : à qui doivent-ils fidélité ?
À leur maire ? À leur groupe ? À leur Majorité ? À leurs électeurs ? Aux Biarrots ? À Biarritz ? À leurs convictions ?
Est-ce que d'obéir, quoi qu'il arrive, c'est respecter ses engagements, c'est servir l'intérêt général ?
Parfois, être conforme avec une bonne action, c'est désobéir !
L'Histoire - la Grande celle-là - nous raconte que les meilleurs moments français sont faits de désobéissance.
Faut-il du courage pour échapper à la pression d'une «boss» ou du groupe ? Et si la sincérité était la valeur cardinale à retenir ?
Ou est-ce cela que nous nommons la tyrannie de la majorité, si bien théorisée par Alexis de Tocqueville ?
Et s'il ne s'agissait pas de sujets ô combien graves, on pourrait faire le dos rond et attendre patiemment le changement. Mais cette manière d'agir aura marqué notre cité et divisé les Biarrots et nous engage, à nous tous, de voter demain avec lucidité et précaution.
Alors, on le dit ici et on le regrette sincèrement pour eux, mais ces élus issus de la majorité seront, dans quelques mois, des personnes que les Biarrots fuiront. Ils devront, de honte, frôler les murs de leur ville.
Honte d'avoir vu et de n'avoir néanmoins rien dit.
Honte d'avoir su et d'avoir quand même voté POUR.
Honte d'être les témoins de vilaines et diffamantes paroles sans avoir bronché sur leur fauteuil.
Honte d'assister au harcèlement, ou encore au renvoi d'employés municipaux, sans être intervenus.
Honte d'avoir protégé leur petit confort du moment plutôt que de démissionner en clamant haut et fort que la politique cela ne doit pas être cela.
Honte de collaborer au rapide déclassement de notre cité impériale.
Et quand les Biarrots les croiseront, ces derniers auront tout cela à l'esprit : la HONTE du groupe auquel ils ont appartenu et qui a fait tant de mal à Biarritz.
Cette complicité morale est sans appel.
Et si cette majorité en paiera le prix fort au travers des urnes, cela n'effacera pas pour autant tout le mal qui aura été fait, tout le mal qui aura été dit.
Cela n'effacera pas non plus tout le retard pris dans l’entretien et la rénovation de Biarritz, l'échec à loger les locaux, le néant de l'action municipale pour cultiver les Biarrots, l’absence d'initiatives pour distraire les gens d'ici, le défaut d’ambition pour faire évoluer notre ville.
Notre constat fait consensus dans la ville.
La parole s'est libérée et exprime majoritairement un mécontentement. Le Biarrot aura l’occasion de démontrer qu’il n'est pas «nigaud», ni un gobe-mouche : il est dorénavant renseigné et se fera entendre.
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