MAX BRISSON : KIKADIKOI, KIKAECRIKOI et autres REVIREMENTS

Ça a beaucoup de vertus les archives. Entre autres, celle de pouvoir confondre les porteurs d'un discours variant au gré des circonstances. Vous savez, ceux qui changent de direction à la vitesse de la girouette.

L'avantage avec la personne qui nous occupe aujourd’hui, c'est qu'elle est clairement identifiée par des observateurs, de toutes tendances confondues, comme un caméléon. Un caméléon basé sur la stratégie politique. Et après on s'étonne du marasme créé dans la droite biarrote où ne subsistent que quelques pauvres endoctrinés que les événements locaux et nationaux n'auront pas réussi à écoeurer. Du moins, pas encore...

À Biarritz, au parti «Les Républicains», il semble que la phrase du cardinal de Retz - «Il faut souvent changer d'opinion pour être toujours de son parti» - soit devenu un motto.

Le porte-étendard biarrot de ce parti, et de facto de cette devise, est bien évidemment le conseiller départemental et sénateur Max Brisson.

Sortant toujours du bois à la veille d'un scrutin, le candidat-à-tout travaille dorénavant non plus seulement à assurer son plan de carrière, mais aussi celui de sa descendance. Étant président départemental du parti LR, celui-ci avait commodément attribué en 2024 l'investiture à... sa fille. Elle sera éliminée au premier tour par messieurs Peio Dufau, Victor Lastécouères et Christian Devèze, la sauce n'ayant pas pris auprès des perspicaces électeurs de la sixième circonscription.

Aujourd'hui, il faut donc que l’infortunée vaincue trouve une autre situation, et monsieur son père s'y emploie avec ardeur. Reste que la rivalité n’est point farouche, chez les listes déclarées, pour s’attacher l’adhésion de l’intéressée, pas plus d’ailleurs que chez une autre liste à venir. Pour celle considérée persona non grata, il n’existe aucune autre option que celle de s’embarquer sur le frêle esquif de madame Arosteguy.

Car tous se vantent de travailler déjà très sérieusement à se répartir les places et les postes. On ne saurait, dès lors, que trop leur recommander la prudence.

Souvenons-nous de la leçon des Municipales de 2014 lorsque monsieur Brisson est candidat et, qu'en pleine «vague bleue» nationale, il perdra face à Michel Veunac. Ou encore des Municipales de 2020 lorsque le poulain qu'il soutenait - le ministre Didier Guillaume - se retirera sur ordre du Président de la République.

En 2014 et 2020, avant même le premier tour, les postes se répartissaient : Tartempion aura le Palais, Machin la présidence de Biarritz Océan, Chose la place de premier adjoint. Notons aussi que plusieurs personnes s'étaient vues promises le même siège : si - en 2014 - monsieur Brisson avait été élu, les Biarrots auraient bien ri aux visages déconfits des non-retenus.

L'histoire s'est faite autrement, n'en parlons plus.

Pour autant, revenons aux archives. Celles de Biarritz Magazine nous en offrent de belles, en particulier dans les pages réservées à «l'expression des groupes politiques». Intéressons-nous au groupe «Le Temps des Biarrots» auquel appartenaient Max Brisson, Maider Arosteguy, Bénédicte Darrigade et Frédéric Domège.

Dans le numéro de mai 2014, monsieur Brisson revient sur «les vieilles divisions de la droite biarrote», puis il pense rassurer ses troupes en affirmant que «D’une manière ou d’une autre, je jouerai un rôle fédérateur dans cette reconstruction, tout en préparant l’émergence de nouvelles générations.». Préparait-il déjà sa fille à sa succession ?

Mais le plus intéressant est ce qui suit : «Croyez bien que les élus du groupe d’opposition que je conduis veilleront à ce que le nouveau maire ne cède pas aux desideratas de ses alliés socialistes et radicaux de gauche qui ont exprimé leur ardente volonté de voir plus de 500 logements construits à Aguilera, en plus de ceux qui seraient érigés, également par centaines à Iraty.».

En avril 2016, monsieur Brisson écrit : «Certes notre ville manque de logements sociaux, tout le monde en convient et toutes les opportunités sont bonnes à saisir. Est-ce une raison pour envisager de construire à Aguilera 350 logements ? (...) Je ne le crois pas. Beaucoup de Biarrots non plus d'ailleurs.».

Et il poursuit : «Aguilera doit rester un parc des sports, telle fut la conclusion de cette réunion qui devrait se poursuivre par le lancement d'une pétition. (...) Car on ne peut raconter des histoires aux Biarrots et leur dire dans la même phrase que la vocation sportive d'Aguilera demeurera et proposer d'y implanter, à moins d'un kilomètre de distance, un second «Kléber», sans par ailleurs apporter de réponse sur la circulation et le stationnement. (...) et une nouvelle fois le stade devient prétexte à la construction d'un ensemble immobilier, de plus le long du boulevard du BAB. Avec les Biarrots je m'y opposerai.».

Celui-là même qui critiquait en 2014 et 2016 l'hypothèse de construction de 500 logements, ne trouve aujourd'hui rien à reprocher au total des 424 logements qui viendraient peupler la plaine Aguilera si le projet funeste de madame Arosteguy devait voir le jour !

Puis, en 2017, monsieur Brisson vante l'idée d'un bassin nordique de 50 mètres comme «un outil nécessaire à vocation sportive mais également touristique et à rayonnement départemental. Il est attendu non seulement par les associations de notre ville mais également par celles de l'agglomération et bien au-delà, c'est au minimum un projet à l'échelle du Pays basque».

Le fameux bassin nordique que le conseiller municipal d'opposition Guillaume Barucq souhaite aujourd'hui porter lors de sa prochaine candidature aux Municipales ! Rappelons que ce bassin nordique, que recommande monsieur Brisson en 2017, ne figure absolument pas dans les plans actuels du Projet Arosteguy pour Aguilera.

Mais revenons en 2025 : où invité fin octobre à s'exprimer dans l'émission «Bonjour Chez Vous», sur la chaîne Public Sénat, monsieur Brisson apporte fermement son soutien à madame Arosteguy pour les prochaines municipales et, surtout, milite en faveur du bétonnage de la plaine Aguilera.

Au comble du toupet, dans cette interview monsieur Brisson déclare : «Ce qui me choque dans le débat actuel, c'est l'absence de mémoire» et rappelle que «Serge Blanco a soutenu des projets où il y avait quelques 500 logements qui devaient être construits !».

Puis il ajoute : «Cette ville a besoin de logements. Les logements, il ne faut pas dire c'est chez les autres, demain ça doit aussi être chez nous parce qu'au pays basque, en particulier sur la côte basque et à Biarritz, la question du logement est la question cruciale. On ne peut pas être égoïste comme le sont aujourd'hui certains opposants à Maider Arosteguy.».

Monsieur Brisson est-il amnésique, parjure, ou bassement calculateur ?

Il est aisé de voir la paille dans l’œil de l’autre, mais pas la poutre dans le sien... 

Le getariar Paul Jean Toulet disait qu'«Il faudrait considérer ses opinions comme des costumes, et en changer selon la saison, l'heure et le milieu.».

Quel dommage de donner raison à cette phrase par de telles accablantes preuves ! Et quelle image désastreuse cela donne à la classe politique.

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