CONSEILS CONSULTATIFS À BIARRITZ : ILLUSION OU DÉSILLUSION ?
La jolie formule de co-construction est née !
Quand tous ces aspects sont respectés, la démarche est louable et souhaitable. Le modèle a logiquement fait florès à travers la France, rencontrant plus ou moins de succès.
À Biarritz, cela se nomme les «conseils consultatifs de la vie locale» qui viennent à la suite de ce que nous nommions moins pompeusement, lors des mandats précédents, les «conseils de quartiers».
La ville a été découpée en sept zones représentatives avec, dans chacune d'elles, dix membres titulaires - tirés au sort après candidatures libres déposées en ligne et en mairie - et dix membres suppléants. Dans chaque groupe se trouve un président qui est forcément un élu de la Majorité et qui a été désigné «référent» de la zone dans laquelle il réside.
Ces sept conseils sont supervisés par une conseillère municipale «déléguée à la démocratie participative».
Ce pont entre habitants, élus et administration ne présente, à priori, que des avantages pour toutes les parties. Si tant est que le politique - qui, rappelons-le, est le seul à détenir le pouvoir décisionnel et les cordons de la bourse - tienne son engagement d'écoute des citoyens, car lui seul peut enclencher l'action.
Et c'est vrai qu'à Biarritz, l'aspect co-construction semble n'être qu'un alléchant élément de langage pour attirer ceux qui ont la conviction que la méthode participative est la meilleure. Car au bout de ce mandat, quels sont les points importants qui auront été retenus des propositions émanant de la société civile composant ces conseils consultatifs ? Ce dispositif n'est-il pas au fond qu'un miroir aux alouettes ? N'a-t-on pas nourri, en transgressant son idée générale vertueuse, une certaine frustration dans la population ?
La belle promesse de démocratie participative s'envole, le contrat de confiance est cassé.
Et si nous fixions le projecteur sur le conseil consultatif du quartier Milady/La Négresse ?
-Tout d'abord, ces dernières années rien de concret n'est sorti de ce conseil, alors même que nous savons tous que des améliorations en nombre sont à envisager dans ce secteur de la ville.
-Puis, alors que deux salariées municipales - Lucie B. et Charlotte C. - étaient en charge de ces instances, nous apprenons que celles-ci sont subitement remplacées par la société ETHICS Group, basé au Connecteur de l'avenue Kennedy. Nous ne doutons pas de la qualité de ce dernier à conduire des projets, mais plusieurs questions s'imposent face à ce changement.
-Ensuite, nous apprenons qu'aussi bien en septembre qu'en octobre, une désaffection notable des membres de ce conseil s'est opérée.
-Enfin, l'absence du représentant de la Majorité et du personnel communal a été à déplorer, y compris en septembre et octobre derniers.
Cela veut donc dire que le sens même de ce conseil - lien entre mairie et habitants - est rompu. Car même si un rapport est fourni par ETHICS, rien ne peut remplacer le rapport direct entre les membres composant ces conseils afin qu'ils s'accordent véritablement, dans une considération et un respect mutuels.
Passons maintenant au conseil consultatif du quartier Saint-Martin/Petricot :
-Là aussi, ETHICS Group est en charge de ce conseil. Nous sommes donc mis en face d'un système nouveau, qui a été instauré sans que cela fasse l'objet d'un débat au cours d'un conseil municipal. Encore un bel exemple de transparence pour une mission qui est pourtant censée travailler de concert avec les citoyens ! Pourquoi, encore et toujours, ces méthodes contreproductives ?
-Ici aussi l'absence d'élu et/ou représentant des services municipaux lors de ces sessions de travail.
-Des réunions fixées à des horaires qui ne permettent pas à des actifs d'y assister.
-Une nette désaffection des membres de ce conseil ; ce qui suit nous fait comprendre à quoi imputer ces absences.
Passons maintenant au conseil consultatif du quartier Jules Ferry/Lahouze/Kleber :
-Nous établissons ici le même constat que dans les deux autres conseils de quartiers.
-ETHICS Group est responsable de l'activité du groupe dont les actions sont infinitésimales et les membres - qui au départ étaient plein d’enthousiasme - sont aujourd'hui désabusés.
Dans le compte-rendu établi par deux salariées de ETHICS Group, il est écrit : «Une baisse de la participation a été constatée lors des deux dernières réunions. Des interrogations émergent sur la poursuite du CCVL jusqu'aux élections, et sur son avenir après celles-ci. Les membres évoquent un sentiment d'inutilité : leurs propositions sont transmises mais peu prises en compte. Certains estiment ne pas avoir les moyens de fonctionner efficacement. Plusieurs questions restées sans réponses alimentent un sentiment de frustration.».
1) Pourquoi les deux employées municipales, initialement mandatées pour siéger lors de ces conseils consultatifs, ont-elles été retirées de leur mission ?
2) Sommes-nous encore dans l'obligation d'assister, sans rien dire, au mal-être au travail d'un de ces agents ? Mal-être qui au lieu d'être écouté par la hiérarchie semble en réalité être aggravé par cette dernière ?
3) Dans l'hypothèse de leur possible indisponibilité, n'y a-t-il personne d'autre, parmi les 700 agents de la municipalité biarrote, pour remplir cette fonction à leur place ?
4) Il est bien normal que tout travail mérite salaire : combien coûte donc cette nouvelle lubie de faire appel à une société privée pour que soit assurée une mission publique ?
5) Est-ce qu'un «prestataire extérieur» est vraiment désigné pour remplir le rôle de confiance d'un élu ou d'un agent municipal ?
6) Comment expliquer l'absence et le désengagement des élus référents et de la conseillère municipale déléguée ?
7) Comment interpréter le manque de transparence des missions de ces conseil consultatifs : quelles sont les réalisations ?
8) Est-ce que la finalité des conseils consultatifs est encore un leurre de communication ?
Les réponses à ces questions, nous ne les auront pas. Et c'est ainsi pour tant d'autres interrogations qui touchent à notre ville.
Lorsque des élus demandent poliment la communication de dossiers, de détails, de courriers, de factures, il leur est aimable répondu que cela leur sera transmis... plus tard. Puis jamais.
Du flou brumeux, voilà à quoi ressemble la gestion de notre ville.
Notons tout de même qu'il s'agit d'argent public, de VOS impôts et que vous avez droit d'en connaître l'usage qui en est fait.
Quant aux rapports de ETHICS Group, que sont-ils ?
Des recueils de novlangue managériale. Des mots et des formules inventées par des communicants, voilà ce qu'est devenue Biarritz. Un outil au service de la communication.
Et les Biarrots dans tout ça ?
