BIARRITZ : LA MAIRIE FAIT-ELLE TOUT CE QU'ELLE PEUT POUR RENDRE LA VILLE ACCESSIBLE À TOUS ?
C'est un axiome de dire que le relief de Biarritz constitue une difficulté pour ceux qui n'ont pas les jambes ni un cœur de vingt ans.
Ce n'est certes pas une nouveauté et si cela fait aussi le charme de Biarritz, se mouvoir au quotidien dans des rues en pente est une entrave à la marche à pied pour beaucoup d'entre nous. Car si l'on descend une côte, force est de constater qu'il faut aussi à un moment la grimper.
Dans ces conditions, il faut chercher à alléger cette contrainte.
Sous le dernier mandat du maire Didier Borotra (2008-2014), celui qui était alors adjoint - Michel Veunac - avait créé un mode nouveau de déplacement pour relier les Biarrots entre eux : des navettes gratuites.
Initiative révolutionnaire, cela a transformé les mobilités pour bien des personnes qui s'en servent journellement. Aujourd'hui, nous pouvons toutefois déplorer véritablement que le maillage du réseau soit si inégalitaire entre tous les quartiers, et de fait entre tous les Biarrots. Alors même que nous pensions que cette démarche salutaire serait développée et améliorée au cours du temps.
Puis sont arrivés sur le marché les vélos à assistance électrique qui ont, à leur tour, apporté un moyen rapide de déplacement, avec le grand avantage de la gratuité pour stationner. Évidemment, cette formule n’est pas agréable par tous temps dans une ville - selon les statistiques - où il pleut environ 125 jours par an ; elle demeure toutefois une option populaire, à en croire les nombreux téméraires que nous croisons partout, au détour des rues de notre commune. L'achat d'un vélo électrique reste encore coûteux et n'est pas possible pour tous les ménages quand il se couple à un ou deux véhicules. Cette donnée est à prendre en compte, ainsi que celle de la forme physique de l'usager qui doit être suffisamment alerte pour l'exercice.
Une ville a donc le devoir de ne laisser personne sur le bord de la route.
Alors il convient de parler en priorité de ceux qui n'ont pas l'usage complet de leur corps depuis la naissance, et de ceux qui avec l'âge ou la maladie l’ont en partie perdu, accusant des troubles de la marche et de l'équilibre.
Ces personnes s’excluant spontanément de l’espace urbain, il est difficile de comptabiliser réellement combien relèvent, en France, d'un handicap ne leur permettant pas du tout de marcher, et celles qui le peuvent au prix de gros efforts.
Car dans les chiffres officiels sont mélangés les handicaps physiques, sensoriels, cognitifs et mentaux, psychiques et polyhandicapés. Mais retenons que selon les statistiques de l'État, ils affectent «14% des personnes de plus de 15 ans ou plus, vivant à domicile en France, soit 7,6 millions de personnes». C'est-à-dire qu'une personne sur sept relève d'un ou plusieurs handicaps. Ce chiffre est sidérant et doit nous interpeller : que fait donc la Ville de Biarritz face à ce fait national ?
Cette même étude nous indique que «l’âge augmentant, ces limitations se font plus fréquentes : 25 % des 60 ans ou plus sont concernés».
Nombre de seniors à Biarritz : 45%. C'est un chiffre que nous donnons souvent car il devrait obliger la ville - en conscience - à agir en conséquence. Malvoyants, malentendants, personnes qui ont des difficultés à se déplacer, sommes-nous vraiment à la hauteur pour assister cette population ?
Face à l'inexorable vieillissement démographique de la France, que fait Biarritz pour s'adapter ?
Parlons maintenant de ce qui reste à faire et qui a aussi été abandonné - et nous mesurons nos mots - durant tout ce mandat : les trottoirs et la voirie.
Voilà une carence coupable quand on sait le nombre de victimes que ces trottoirs ont causées.
Des trottoirs défoncés, avec des affaissements et des trous aléatoires, d'invraisemblables bosses, des cerclages piégeux d'arbres disparus, des spots encastrés dans le sol qui n’éclairent plus et se déchaussent, et en prime les blocs de bordures de ces trottoirs qui sont cassés et jamais réparés : le bilan est lourd et accablant.
Et pourtant. Si on reprend le programme de madame Arosteguy aux municipales de 2020, celui-ci développait 12 promesses que la candidate intitulait «
Et pourtant. Si on reprend le programme de madame Arosteguy aux municipales de 2020, celui-ci développait 12 promesses que la candidate intitulait «mes priorités pour vous, pour Biarritz».
Une de ces «priorités», figurant en numéro 3, était «Trottoirs : lancer un véritable plan de réfection des trottoirs et des rues». Et pour ceux qui n'auraient pas bien compris, rebelote en page 6 : «Mettre en place un réel plan d'investissement pour la réfection de la voirie (trottoirs et chaussées)».
Donc, madame Arosteguy et sa Majorité municipale n'ignoraient rien de la nécessité d'engager, non pas des réparations localisées, mais bien un Plan d'envergure qui rende à Biarritz sa sécurité et son rang.
Comment alors expliquer cet abandon, une fois élus, tout au long de leur mandat ? Ne rien faire, tout en étant parfaitement conscient d’une nécessité qui s’impose, est-ce cela un élu responsable au service de ses administrés ? Faut-il vraiment mentir pour remporter une élection ? Est-ce une stratégie valable ?
Et qui pourrait encore croire aux promesses de madame Arosteguy et de ses suiveurs, lorsque ceux-ci auront l'outrecuidance, avec un tel bilan, de se présenter aux Municipales de 2026 ?
Les témoignages pleuvent de toutes parts pour nous communiquer des photos prises dans TOUS les quartiers, y compris le centre-ville. Vous le savez, nous prônons une gestion de la ville tournée prioritairement au service des Biarrots ; mais quelle image désastreuse renvoyons-nous à nos visiteurs - touristes et congressistes ? Comment devons-nous expliquer à ces visiteurs que notre ville subit des dépenses-accessoires au détriment de l'indispensable ?
Alors quand nous consultons le site internet de la ville, nous ne pouvons que ricaner à la lecture de ce qui est présenté aux Biarrots comme des «chemins facilités pour une meilleure accessibilité».
Ne rêvons pas, pas de «chemins facilités» mais bien une carte où des niveaux de difficulté sont repris avec la mention que «la Ville de Biarritz identifie des axes privilégiés en centre-ville afin de catégoriser des trajets et faciliter le déplacement des personnes à mobilité réduite».
Toujours pareil : des élus qui identifient les problèmes SANS apporter de réponse concrète à ceux qui n'ont pas demandé à subir un handicap.
Car mettre en ligne une carte de Biarritz : ça sert à quoi, à part de nous apprendre ce que nous savons déjà ?
La situation de la voirie à Biarritz est à l'apogée du pire après six ans d'inaction et ne pourrait, cela va sans dire, résister à six ans supplémentaires d'immobilisme.
Il s'agira là d'un projet majeur à réaliser sur le mandat prochain, pour que tous retrouvent un semblant d'égalité dans leur mobilité. Rien ne doit être une fatalité.


