APRÈS AVOIR PLACÉ SA CLIQUE DANS LE PUBLIC, LA MAJORITÉ FAIT SA PROPRE CLAQUE
Vous le savez déjà : le conseil municipal du 24 octobre était un remake fastidieux de celui du 15 septembre. Suite à l’irrégularité de chasser les Biarrots de la mairie, sans procéder auparavant au vote régulier de ce huis clos, madame Arosteguy s'est vue signifiée - par monsieur le préfet - de l'obligation, pour que les délibérations soient légales, de devoir réunir à nouveau les élus du conseil municipal.
Cela n'a guère fait les affaires de madame Arosteguy, mais si elle ne s'y était pas conformée, le préfet aurait été contraint à saisir le Tribunal Administratif.
Alors, pour ce conseil municipal du 24 octobre et afin de s'éviter toute confrontation avec la plèbe biarrote, madame Arosteguy a eu la lumineuse idée de faire convoquer le résidu de complices voués à sa cause pour qu'ils investissent l'espace dévolu au public, après avoir décrété de manière sournoise - et à cinq mois de la fin de son mandat ! - une jauge d'occupation de seulement trente sièges.
Ces «happy few» ont alors été convoqués, par SMS, avec le téléphone portable professionnel du chef de cabinet de l'édile biarrote, Bertrand Lavielle, pourtant employé municipal donc soumis à un devoir de réserve.
Ces gens-là vivent sur une autre planète !
Comme si cela ne suffisait pas d'avoir convoqué sa clique partisane, il nous a été donné à voir le spectacle affligeant d'une majorité qui s'auto-applaudit. Il n'en sont plus à ça près...
En effet, après le discours hors-sol délivré par madame Rodet - dont nous vous avons déjà fait part hier - les flagorneurs de la Majorité ont pris la périlleuse décision de l'applaudir.
Quand on écoute les délires du génial Salvador Dali qui dit «Il y a des jours où je pense que je vais mourir d'une overdose d'autosatisfaction», on en rit. Mais ce délire, certains le rendent possible.
Puis, à qui mieux-mieux dans la cajolerie, monsieur Chazouillères en remet une couche et a droit, lui aussi, à une salve d'applaudissements de sa Majorité. Comme c'est émouvant tout cela.
Ce jeu de «Gratte moi le dos, je te gratterai le tien» a le mérite de faire rire les spectateurs, mais ce que l'on sait moins c'est que c'est rigoureusement interdit.
L'élu d'opposition Patrick Destizon le sait et interpelle, à ce sujet, madame Arosteguy : «Je rappelle qu'il n'y a pas de manifestation lors des interventions. J'ai l'article !» En homme averti, celui-ci montre l'épais code général des collectivités territoriales, prudemment posé à côté de son micro.
Madame Arosteguy est bien obligée de l'admettre et lui adresse un : «Vous avez raison de le rappeler.».
Mais vous connaissez maintenant la manière de fonctionner de Sauvegarder Biarritz : des faits, des faits, rien que des faits, toujours documentés.
Monsieur Destizon ayant eu l'extrême l'amabilité de nous communiquer cet article qui justifie son affirmation, nous vous en donnons lecture.
L’article L2121-16 du CGCT dit que «Le maire a seul la police de l'assemblée. Il peut faire expulser de l'auditoire ou arrêter tout individu qui trouble l'ordre. En cas de crime ou de délit, il en dresse un procès-verbal et le procureur de la République en est immédiatement saisi.».
Voilà qui est limpide quant à la charge de madame Arosteguy.
Cette autorité qui est accordée à un maire, madame Arosteguy s'en sera - en quelques secondes - saisie à l'encontre des Biarrots pour les chasser manu militari de la mairie. Elle «oublie» pourtant de faire preuve de la même inflexibilité envers les élus de sa Majorité, en manquant de leur signifier qu'il est strictement interdit d'applaudir. Dans un arrêt datant de 1992 du Conseil d'État, celui-ci s'est clairement exprimé en expliquant dans quel cadre un maire peut évoluer : «Il peut même expulser un conseiller municipal qui perturbe le déroulement de la séance.».
Encore une fois, la réaction de madame Arosteguy aura été à géométrie variable !
Cette affaire montre une certaine fébrilité d'un groupe qui devrait avoir l'assurance de ceux qui sont aux manettes, mais qui en est réduit à s'auto-suggérer de ses qualités, à s'auto-applaudir à leurs discours, et se dépeint sous un beau jour dans un autoportrait flatteur.
«La seule cure contre la vanité, c'est le rire, et la seule faute qui soit risible, c'est la vanité.» Henri Bergson
